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	<title>DCLI - Centre International Lebret-Irfed</title>
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	<description>Un r&#233;seau international d'acteurs engag&#233;s pour le d&#233;veloppement de tout l'homme et de tous les hommes</description>
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		<title>DCLI - Centre International Lebret-Irfed</title>
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		<title>UN SOCIALISME EXISTENTIEL</title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique145">Articles disponibles en ligne </category>


		<description>In S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations, Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 90 &#224; 92 IL devient de bon ton, de plus en plus, dans les pays du Tiers Monde, de s'affirmer socialiste, et ce mot recueille, jour apr&#232;s jour, une charge mythique fournissant a sp&#233;cialistes de psychologie sociale un champ d'investigation pratiquement illimit&#233;. Ce qui nous int&#233;resse, en tant que responsables de la politique de d&#233;veloppement de notre nation, n'est pas tellement le mythe que la (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;In &lt;i&gt;S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations,
&lt;br /&gt;Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 90 &#224; 92&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;L devient de bon ton, de plus en plus, dans les pays du Tiers Monde, de s'affirmer socialiste, et ce mot recueille, jour apr&#232;s jour, une charge mythique fournissant a sp&#233;cialistes de psychologie sociale un champ d'investigation pratiquement illimit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse, en tant que responsables de la politique de d&#233;veloppement de notre nation, n'est pas tellement le mythe que la r&#233;alit&#233;. Certes le mythe a valeur motrice et carr&#233; pond &#224; une part de l'homme, mais une part seulement et qui doit &#234;tre ordonn&#233;e &#224; des exigences sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, en effet, de pr&#233;d&#233;terminer, dans le cabinet de travail du philosophe ou du sociologue, un sch&#233;ma socialiste hors des r&#233;alit&#233;s humaines, et d'y ins&#233;rer ensuite des peuples des hommes. &lt;strong&gt;L'on ne peut partir que des hommes, de ce qu'ils sont, de l'id&#233;e que l'on a de ce qu'ils valent, de ce &#224; quoi leur condition mieux assum&#233;e, dans un monde en devenir, les appelle&lt;/strong&gt;. Et pour cela il faut que le responsable se sente lui m&#234;me concern&#233;, en situation d'&#234;tre l'un de ces hommes et vivant, en solidarit&#233; totale avec tous, son exp&#233;rience personnelle. C'est en cela que L&#233;opold Senghor reconna&#238;t dans notre socialisme un socialisme existentiel, et non pas une id&#233;ologie platonicienne ext&#233;rieure &#224; notre monde sensible, un engagement et non pas une marque d'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc &lt;strong&gt;d'une conception globale du monde&lt;/strong&gt; que nous partirons, comprenant esprit et mati&#232;re, esprit enracin&#233; dans la mati&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt;UTANT dire que toute notre d&#233;marche doit proc&#233;der de nous-m&#234;mes, de ce que nous sommes, pour acc&#233;der &#224; ce que nous voulons &#234;tre. Notre socialisme est donc avant tout empirique, pragmatique, concret, puisqu'il s'applique &#224; des hommes concrets et &#224; des groupements d'hommes concrets, non pas des hommes consid&#233;r&#233;s comme individus &#233;talonn&#233;s par un certains nombre de param&#232;tres mesurables. L'Afrique ne conna&#238;t pas l'individu, notion exclusive, abstraite, &lt;strong&gt;mais la personne, p&#244;le personnalis&#233; de la force vitale, ins&#233;r&#233; dans un complexe de groupe et li&#233; aux autres p&#244;les de ce groupe par des liens de dialogue. C'est pourquoi notre socialisme &#233;merge tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment des communaut&#233;s humaines de base&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans cette racine il ne tiendrait &#224; rien, et tout notre engagement consiste a &#233;tendre &#224; tous niveaux et jusqu'au sommet la logique de cette prise de responsabilit&#233; &#224; la base. C'est par 1&#224; que nous pouvons esp&#233;rer abolir le probl&#232;me m&#234;me de la lutte des classes, qui n'a plus de sens dans une communaut&#233; d'hommes li&#233;s par une prise de responsabilit&#233; partag&#233;e. Pour nous, le socialisme est donc te refus de nous laisse enfermer dans un sch&#233;ma abstrait, faisant de cette dialectique de classes le moule obligatoire aux contours duquel nous devrions ob&#233;ir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;ES valeurs d'universalisme, &#224; notre avis, sont situ&#233;es &#224; un autre niveau : avant tout elles se traduisent par l'&#233;volution progressive du monde, qui s&#233;cr&#232;te lentement, et de fa&#231;on continue, sa socialisation : socialisation biologique, &#233;conomique, technique, politique, culturelle. Dans la dialectique, la marque la plus significative de notre esp&#232;ce et de notre temps n'est pas l'affrontement mais &lt;strong&gt;la convergence&lt;/strong&gt;, par quoi le dialogue s'ach&#232;ve en synth&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&lt;/strong&gt;OTRE plan n'est pas un projet math&#233;matique, calculant les incidences globales sectorielles d'un certain nombre de mesures organis&#233;es et choisies pour atteindre des objectifs d&#233;termin&#233;s. Certes, formellement, le sch&#233;ma peut, sous un certain angle, se comprendre ainsi. Mais le tout n'est pas dans cette approche. C'est aussi, et plus encore, &lt;strong&gt;un plan de d&#233;veloppement structurel&lt;/strong&gt; qui modifie, dans le sens de cette socialisation dont je parlais, et s'identifiant avec le progr&#232;s humain global, les rapports des hommes et des groupes. Une communaut&#233; paysanne prend conscience de sa situation, mesure les possibilit&#233;s qu'elle a, en faisant jouer ses responsabilit&#233;s, en mobilisant ses &#233;nergies, de modifier par elle-m&#234;me son destin. L'animation rurale l'aide, en procurant &#224; quelques-uns de ses fils les ouvertures indispensables pour comprendre les voies offertes, les solidarit&#233;s possibles. Elle s'organise et cr&#233;e en son sein les structures pour atteindre l'efficacit&#233; : efficacit&#233; &#233;conomique par la coop&#233;rative, efficacit&#233; politique par la Communaut&#233; Rurale. Elle trouve en face d'elle une &#233;quipe polyvalente, techniciens, constitu&#233;s en centre d'expansion rurale, qui lui propose les options les meilleures, pour le d&#233;veloppement de son terroir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un dialogue s'engage entre cette ultime ramification de l'appareil d'&#233;conomie planifi&#233; et le groupe humain organis&#233;, qui arr&#234;te librement, en dernier ressort, ses d&#233;cisions de d&#233;veloppement. Ainsi et par l&#224; m&#234;me, une nouvelle &#233;conomie est n&#233;e, r&#233;volutionnaire ; &#233;conomie contractuelle, authentiquement socialiste, pr&#233;servant la libert&#233; et redonnant une vie toute neuve au corps social r&#233;anim&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A tous les niveaux sup&#233;rieurs, l'&#233;manation de ces communaut&#233;s humaines doit nouer les termes du dialogue, selon le m&#234;me m&#233;canisme, avec l'appareil d'&#201;tat, identifi&#233; &#224; la repr&#233;sentation des int&#233;r&#234;ts globaux de la Nation. Telle est la voie choisie par le socialisme s&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;L est clair que ce nouveau type de rapports des hommes entre eux, et des hommes et des structures, doit couvrir la totalit&#233; des d&#233;marches humaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus nous avan&#231;ons plus nous sentons peser sur nous l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; &lt;strong&gt;d'&#233;largir la notion de d&#233;veloppement &#224; toutes les dimensions de l'homme&lt;/strong&gt; et, en dernier ressort, aux dimensions culturelles et spirituelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y a pas de v&#233;ritable d&#233;veloppement sans croissance culturelle, ce qui implique l'urgence de forger des instruments nouveaux pour promouvoir la culture dans notre pays en voie de d&#233;veloppement, en solidarit&#233; profonde avec la totalit&#233; de l'appareil de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;JE pense que les brefs t&#233;moignages qui pr&#233;c&#232;dent d&#233;bouchent sur une &#233;vidence. Revendiquant avec force notre authenticit&#233;, nous rejoignons, par ce m&#234;me mouvement, les grands courants de socialisation du monde en qu&#234;te de leur authenticit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un socialisme ne peut en aucune fa&#231;on se pr&#233;senter comme un syst&#232;me clos sur soi. Nous ne devons pas craindre d'affirmer que chacun de nos gestes rev&#234;t une port&#233;e mondiale, au m&#234;me titre que les gestes de tous ceux qui cherchent dans le m&#234;me sens. Socialisme du dialogue -notre peuple identifie volontiers ces termes -nous recherchons toutes les communications possible avec les autres. Le principe n'est pas limit&#233; &#224; notre seule solidarit&#233; interne, mais ne pourrait, sans se nier radicalement, viser &#224; s'&#233;tendre au dialogue plan&#233;taire. Il n'y a pas en effet trois destins parall&#232;les dans le monde, le destin du Bloc occidental, le destin du Bloc de l'est, et le n&#244;tre, celui du Tiers Monde. Il n'y a qu'un destin unique et donc qu'un m&#234;me d&#233;veloppement pour tous. C'est ce que ne cesse d'affirmer, par ces modestes moyens mais avec toute sa foi, l'effort du peuple S&#233;n&#233;galais, effort de civilisation par del&#224; le d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In &lt;i&gt;S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations,
&lt;br /&gt;Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 90 &#224; 92&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LA VOIE SENEGALAISE </title>
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		<description>In S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations, Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 1 &#224; 7 IL &#233;tait naturel que la revue &#171; D&#233;veloppement et Civilisations &#187; s'int&#233;ressant &#224; l'exp&#233;rience s&#233;n&#233;galaise. Il s'agit, en effet, dans notre exp&#233;rience, d'un plan de d&#233;veloppement &#224; long terme, par &#233;tapes quadriennales, de type socialiste. Parce que plan socialiste, les objectifs en sont d'ordre &#233;conomique et social. Parce que plan socialiste, ses donn&#233;es &#233;conomiques et sociales ont &#233;t&#233; (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;In S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations, &lt;br /&gt;Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 1 &#224; 7&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;L &#233;tait naturel que la revue &#171; D&#233;veloppement et Civilisations &#187; s'int&#233;ressant &#224; l'&lt;strong&gt;exp&#233;rience s&#233;n&#233;galaise&lt;/strong&gt;. Il s'agit, en effet, dans notre exp&#233;rience, d'un &lt;strong&gt;plan de d&#233;veloppement&lt;/strong&gt; &#224; long terme, par &#233;tapes quadriennales, de type socialiste. Parce que &lt;strong&gt;plan socialiste&lt;/strong&gt;, les objectifs en sont d'ordre &#233;conomique et social. Parce que plan socialiste, ses donn&#233;es &#233;conomiques et sociales ont &#233;t&#233; &lt;strong&gt;scientifiquement&lt;/strong&gt; analys&#233;es, ses moyens financiers et techniques d&#233;finis aussi rigoureusement que possible. Si elle le fait en Afrique Noire, ce n'est pas cette rigueur scientifique qui fait, sur le plan mondial, l' &lt;strong&gt;originalit&#233; de la planification s&#233;n&#233;galaise&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celle-ci r&#233;side essentiellement dans le &lt;strong&gt;but&lt;/strong&gt; assign&#233; au projet par-del&#224; les objectifs, dans l'&#233;tendue de l'inventaire de base, dans la vari&#233;t&#233; des moyens techniques. Non seulement dans l'&#233;tendue de l'inventaire et la vari&#233;t&#233; des moyens, mais encore plus dans leur nature. D'un mot, la planification s&#233;n&#233;galaise est plus &lt;strong&gt;d&#233;veloppement&lt;/strong&gt; de l'Homme que &lt;strong&gt;croissance&lt;/strong&gt; &#233;conomique. Elle a l'&lt;strong&gt;Homme int&#233;gral&lt;/strong&gt; comme but, fondement et moyen de son &#171; projet &#187;. Comme quoi, elle est oeuvre d'humanit&#233; et, partant, de civilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt;AIS quel est le but du &lt;strong&gt;Plan s&#233;n&#233;galais ?&lt;/strong&gt; Comme on le sait, le concept de planification est d'origine marxienne. Marx en souligne la n&#233;cessit&#233; au tome II du Capital. Il s'agit, dans son syst&#232;me, de &lt;strong&gt;rationaliser&lt;/strong&gt; la production. Pour d&#233;velopper les forces productives et, partant, accro&#238;tre la production, mais, essentiellement, pour accro&#238;tre la consommation en distribuant, plus &#233;quitablement, les produits. Il est rest&#233; quelque chose de cette conception &#233;conomique et sociale dans la planification europ&#233;enne, singuli&#232;rement dans la planification communiste. Et cette conception nous ne saurions la renier en bloc, nous peuples sous-d&#233;velopp&#233;s, qui devons, d'abord, lutter contre la &lt;strong&gt;mis&#232;re&lt;/strong&gt;. Il est artificiel- et faux au demeurant -d'opposer l'&lt;strong&gt;&#234;tre&lt;/strong&gt; &#224; l'&lt;strong&gt;avoir&lt;/strong&gt;. L'avoir est la condition &lt;strong&gt;sine qua non&lt;/strong&gt; de l'&#234;tre. Mais il est manifeste, &#224; nous peuples &lt;strong&gt;d&#233;s - int&#233;ress&#233;s&lt;/strong&gt;, que l'avoir a priorit&#233;, non primaut&#233;, qu'il ne r&#233;alise pas la pl&#233;nitude de l'&#234;tre. Les N&#232;gres, avait remarqu&#233; Paul Morand, ont appris &#224; l'Am&#233;rique qu'on peut vivre sans baignoire ni compte en banque. C'est, peut-&#234;tre, apr&#232;s l'avoir de ces produits que se pose, vraiment, le probl&#232;me de la vie, mais il n'est pas r&#233;solu pour autant par cet avoir. Dans les pays &#171; socialistes &#187;, le probl&#232;me des &lt;strong&gt;loisirs&lt;/strong&gt; n'a pas encore &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;, non plus que celui de la &lt;strong&gt;libert&#233;&lt;/strong&gt;, probl&#232;mes qui sont, pr&#233;cis&#233;ment, ceux de l'&lt;strong&gt;Homme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Pour nous, S&#233;n&#233;galais, qui avons commenc&#233;, au lendemain de la &lt;strong&gt;Lib&#233;ration&lt;/strong&gt;, par r&#233;cuser tous les &lt;strong&gt;dogmatismes&lt;/strong&gt; -en quoi consistait notre lib&#233;ration -, le but que nous assignons &#224; notre planification est la &lt;strong&gt;r&#233;alisation de l'&#234;tre&lt;/strong&gt;, tr&#232;s exactement du &lt;strong&gt;plus &#234;tre&lt;/strong&gt; selon la formule de Pierre Teilhard de Chardin. En quoi nous restons fid&#232;les au g&#233;nie de notre race : de la &lt;strong&gt;N&#233;gritude&lt;/strong&gt;. Car, en Afrique Noire, le but de l'activit&#233; humaine est, dans et par la communaut&#233;, de r&#233;aliser la &lt;strong&gt;conspiration des &#226;mes&lt;/strong&gt;, intelligence et cmur, centre &#224; centre. Conspiration qui s'exprimera, comme toujours en Afrique Noire, par la &lt;strong&gt;cr&#233;ation artistique&lt;/strong&gt;, non pas ajout&#233;e aux activit&#233;s professionnelles, techniques, mais int&#233;gr&#233;es dans celles-ci et les &lt;strong&gt;animant&lt;/strong&gt;, les marquant du sceau de &lt;strong&gt;l'image rythm&#233;e&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Je le sais bien, cette id&#233;e n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; Marx si elle l'est un peu plus au Marxisme, qui a fait, de l'Art, un moyen, non un but en soi ! Pour Marx -on l'a assez soulign&#233; -l'individu ne se r&#233;alise que &lt;strong&gt;dans&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;par&lt;/strong&gt; la soci&#233;t&#233;. Mais la soci&#233;t&#233; marxiste est plus &lt;strong&gt;collectiviste&lt;/strong&gt; que communautaire, elle n'est pas &lt;strong&gt;communielle&lt;/strong&gt;. Elle est un agr&#233;gat d'individus, non une conspiration de personnes. Il lui manque une &#226;me, que l'&lt;strong&gt;Id&#233;ologie&lt;/strong&gt; ne lui donnera pas, &#224; moins de se transformer en mystique, en religion, ce que r&#233;cusait Marx. D'autre part, je le sais &#233;galement, Marx, dans un manuscrit posthume, &lt;strong&gt;le Travail ali&#233;n&#233;&lt;/strong&gt;, d&#233;finit &#171; l'activit&#233; g&#233;n&#233;rique &#187; de l'Homme comme &#171; activit&#233; cr&#233;atrice &#187;, qui ne peut s'exercer, vraiment, qu'apr&#232;s la satisfaction des besoins animaux de consommation. C'est le lieu de le dire, tout se trouve dans Marx et m&#234;me la religion, d&#233;finie comme &lt;strong&gt;int&#233;riorit&#233;&lt;/strong&gt;. Il suffit, souvent, de mettre l'accent sur un trait simplement esquiss&#233; par le penseur socialiste ou de d&#233;velopper telle de ses propositions jusqu'&#224; sa logique ultime. C'est ce que nous faisons, ici, en restituant, &#224; l'activit&#233; culturelle, sa primaut&#233;, en la posant comme but, fondement et moyen majeur de notre planification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En un mot, le but de notre Plan est de cr&#233;er, par-del&#224; les objectifs de production et de r&#233;partition &#233;quitable des produits, une civilisation qui ne sera pas seulement de &lt;strong&gt;consommation&lt;/strong&gt;, mais de &lt;strong&gt;culture&lt;/strong&gt;. Je d&#233;finis celle-ci comme un ensemble de relations harmonieuses &#8211;je dis dynamiques, non pas &#233;quilibr&#233;es -parce que dialectiques, entre l'Homme et l'Univers, entre l'homme et l'homme. Une civilisation au terme de laquelle les&lt;strong&gt; loisirs&lt;/strong&gt; prendront le pas sur le travail professionnel, o&#249; le travail sera, par lui-m&#234;me, cr&#233;ation libre. Comme dans la soci&#233;t&#233; n&#233;gro-africaine, qui, devenue soci&#233;t&#233; industrielle, aura multipli&#233; la puissance, du travail en lui laissant son caract&#232;re humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Mais parce que centre attractif, cause en-avant, la Culture a p&#233;n&#233;tr&#233;, en l'animant, tous les ressorts de notre planification. C'est ce qui me reste &#224; montrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; E&lt;/strong&gt;T, tout d'abord, dans l'&lt;strong&gt;analyse scientifique des donn&#233;es &#233;conomiques et sociales sur lesquelles se fonde le Plan s&#233;n&#233;galais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Cet inventaire se pr&#233;sente sous la forme d'un document de 2000 pages dactylographi&#233;es. Cette &#233;tude, entreprise d'octobre 1958 &#224; juillet 1960, est un recensement et une analyse de tous les faits &#233;conomiques et sociaux qui constituent la&lt;strong&gt; r&#233;alit&#233; s&#233;n&#233;galaise&lt;/strong&gt; : des richesses comme des lacunes du sol et du sous-sol&#8230; non seulement des infrastructures, mais encore des superstructures fonctionnelles. Le tout accompagn&#233; de mesures chiffr&#233;es, illustr&#233; de cartes graphiques et de tableaux synoptiques. C'&#233;tait, &#224; l'&#233;poque, l'inventaire le plus complet qui e&#251;t &#233;t&#233; fait des ressources et des lacunes d'un pays africain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, l'originalit&#233; du document tenait moins, peut-&#234;tre, &#224; sa rigueur qu'&#224; son &#233;tendue et &#224; l'esprit d'humanisme qui l'animait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas hasard si le Gouvernement s&#233;n&#233;galais avait choisi le R&#233;v&#233;rend P&#232;re Lebret pour diriger les &#233;tudes g&#233;n&#233;rales que voil&#224;. Bien s&#251;r, c'est l'un des plus grands sp&#233;cialistes mondiaux de l'&#233;conomie tropicale. Le Directeur d'1( &#201;conomie et Humanisme &#187;) est surtout un homme qui apporte une vision neuve de l'&#201;conomie, qui en fait, pour tout dire, une &lt;strong&gt;science humaine au service de l'Homme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela explique l'&#233;tendue d'un tel inventaire, qui embrasse toute l'activit&#233; de l'Homme, y compris son activit&#233; g&#233;n&#233;rique de cr&#233;ateur, cette &lt;strong&gt;culture&lt;/strong&gt; que les &#233;conomistes classiques, voire (1 marxistes &#187;, avaient tendance &#224; n&#233;gliger .Par-del&#224; les faits qui rel&#232;vent de l'&lt;strong&gt;Enseignement&lt;/strong&gt;, les r&#233;alit&#233;s culturelles sont donc replac&#233;es dans leur contexte n&#233;gro-africain, s&#233;n&#233;galais. Je veux dire les hommes vivants, avec leurs besoins, leurs aspirations, leurs drames, non seulement mat&#233;riels, mais encore &lt;strong&gt;spirituels&lt;/strong&gt;. Et aussi leurs valeurs de civilisation, sur lesquelles se fondera, en partie, la r&#233;alisation du Plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus exactement, c'est d&#232;s le stade des &#233;tudes g&#233;n&#233;rales qu'interviennent ces valeurs. Ce n'est pas la moindre de nos innovations que les enqu&#234;tes pr&#233;liminaires aient &#233;t&#233; faites, &#224; la base, par des S&#233;n&#233;galais, form&#233;s aux disciplines scientifiques modernes. Ces derniers ont d&#251; rester eux-m&#234;mes. Alliant l'esprit africain de finesse, d'intuition des choses et des hommes concrets, &#224; l'esprit europ&#233;en de g&#233;om&#233;trie, ils ont pu percer le coeur des probl&#232;mes et nous donner une vision aussi nuanc&#233;e qu'exacte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est temps de souligner un dernier trait de notre inventaire. Parce qu'&lt;strong&gt;analyse ph&#233;nom&#233;nologique&lt;/strong&gt; de la&lt;strong&gt; r&#233;alit&#233; s&#233;n&#233;galaise&lt;/strong&gt;, cet inventaire ne va pas sans hypoth&#232;se de travail, sans plong&#233;e par-del&#224; les apparences. Aussi est-il pr&#233;c&#233;d&#233; d'un Rapport qui en d&#233;finit l'esprit, suivi d'un &#233;ventail d'options techniques. C'est dire qu'il fonde un projet humain, et que c'est &#224; partir de cette &lt;strong&gt;finalit&#233; humaine&lt;/strong&gt;, dont je viens de parler, que se mesure essentiellement l'efficacit&#233; des voies et moyens : des techniques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;COMME dans toute planification socialiste, les &lt;strong&gt;voies et moyens&lt;/strong&gt; du But d&#233;fini plus haut, en quoi consistent les objectifs du Plan, comportent, d'une part, des &lt;strong&gt;structures d'accueil&lt;/strong&gt;, des &lt;strong&gt;investissements de base&lt;/strong&gt; d'autre part. Ici et l&#224;, comme pr&#233;c&#233;demment, nous essayerons de d&#233;gager les traits sp&#233;cifiques de la planification s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A) Les &lt;strong&gt;structures d'accueil&lt;/strong&gt;, d&#233;finies par le Pr&#233;sident du Conseil, Mamadou Dia, dans son discours du 4 avri11960, est une des originalit&#233;s de notre Plan. En ce sens qu'elles ont &#233;t&#233; mises en place avant m&#234;me la fin des &lt;strong&gt;&#201;tudes g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt;, ce qui permettait au plan de d&#233;marrer d&#232;s son &#233;laboration. En ce sens, surtout, qu'elles ont &#233;t&#233; organis&#233;es en fonction et des r&#233;alit&#233;s du terroir et de la &lt;strong&gt;personnalit&#233; n&#233;gro-africaine&lt;/strong&gt;, s&#233;n&#233;galaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je laisserai de c&#244;t&#233; le Commissariat g&#233;n&#233;ral au Plan, le Conseil sup&#233;rieur du Plan et la Commission nationale du Plan. On en trouve les &#233;quivalents dans d'autres planifications. Je soulignerai seulement, en passant, que la Commission nationale, prolong&#233;e, dans les r&#233;gions, par les &lt;strong&gt;Comit&#233;s r&#233;gionaux de D&#233;veloppement&lt;/strong&gt;, a permis de faire discuter le Plan par les diff&#233;rents &lt;strong&gt;groupes technico - professionnels qui constituent la Nation&lt;/strong&gt; : techniciens des minist&#232;res, d&#233;put&#233;s et conseillers g&#233;n&#233;raux, syndicats ouvriers et patronaux, coop&#233;rateurs et jeunes, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, je veux m'arr&#234;ter, singuli&#232;rement, aux structures d'accueil : aux &lt;strong&gt;organismes administratifs et &#233;conomiques&lt;/strong&gt;, qui constituent l'encadrement technique du d&#233;veloppement et dont on trouvera, plus loin, l'expos&#233; du fonctionnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont, d'abord, &lt;strong&gt;les organismes administratifs&lt;/strong&gt; qui ont noms &lt;strong&gt;r&#233;gions, cercles et arrondissements&lt;/strong&gt;. Ce sont, bien s&#251;r, des organismes administratifs. Ils n'en sont pas moins des organismes &#233;conomiques, qui ont pour r&#244;le de fournir, &#224; l'&lt;strong&gt;Ex&#233;cutif&lt;/strong&gt;, des renseignements sur la situation des collectivit&#233;s r&#233;gionales et locales, mais, surtout, de transmettre, &#224; celles-ci, en les faisant appliquer, les directives &#233;conomiques du Pouvoir central. Ce qui explique que les structures administratives sont calqu&#233;es sur des unit&#233;s &#233;conomiques et sociales, group&#233;es en cercles concentriques, qui embrassent les r&#233;alit&#233;s g&#233;ographiques et humaines d'un terroir donn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organismes financiers ensuite&lt;/strong&gt; sous forme de &lt;strong&gt;banques d'&#201;tat&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1&#176; Banque S&#233;n&#233;galaise de D&#233;veloppement (B S D), qui est la Banque des grands projets industriels et aussi des coop&#233;ratives.
2&#176; Cr&#233;dit du S&#233;n&#233;gal, qui est la Banque des groupes interm&#233;diaires.
3&#176; Union s&#233;n&#233;galaise de Banques pour le Commerce et l'Industrie (U S B CI), qui est la Banque des commer&#231;ants et des industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'expression de &#171; banques d'&#201;tat &#187; n'est pas, &#224; la v&#233;rit&#233;, tr&#232;s propre. Pour la cr&#233;ation de ces banques, l'&#201;tat n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; faire appel aux capitaux &#233;trangers. Il s'est content&#233; d'une participation majoritaire, qui lui permet de diriger et contr&#244;ler le fonctionnement des organismes en question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ici, se pose le probl&#232;me des &lt;strong&gt;nationalisations&lt;/strong&gt;. Le S&#233;n&#233;gal a entendu le r&#233;soudre d'une fa&#231;on originale, en trouvant une solution &lt;strong&gt;efficace&lt;/strong&gt; ; en quoi consiste le vrai socialisme. La nationalisation, en effet, n'est pas une fin en soi. Elle est un moyen, parmi d'autres, de r&#233;aliser l'objectif socialiste : d&#233;veloppement de la production et r&#233;partition &#233;quitable des produits. Pour nationaliser, il faut avoir un capital priv&#233; national et des techniciens nationaux en nombre suffisant. Ce qui n'est pas notre cas. Le but &#233;tant la &lt;strong&gt;socialisation&lt;/strong&gt;, nous y parviendrons plus s&#251;rement en engageant le &lt;strong&gt;dialogue&lt;/strong&gt; avec les capitalistes &#233;trangers. Il s'agit de nous associer &#224; eux dans des conditions d&#233;finies. Il s'agit, tr&#232;s exactement, en gardant la direction des affaires, de leur garantir une juste part des b&#233;n&#233;fices en raison de leurs &lt;strong&gt;services&lt;/strong&gt;. L'essentiel est que l'accord permette, &#224; la Nation, de d&#233;velopper sa production et, partant, ses richesses. En pays sous-d&#233;velopp&#233;s, la &lt;strong&gt;R&#233;volution&lt;/strong&gt;, je veux dire l'ind&#233;pendance &#233;conomique, ne peut se faire que par &lt;strong&gt;&#233;tapes&lt;/strong&gt;. C'est le sens de notre &lt;strong&gt;Code des Investissements&lt;/strong&gt;, qui favorise les capitaux qui s'investissent dans la ligne du Plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, &lt;strong&gt;organismes &#233;conomiques&lt;/strong&gt; proprement dits. Ce sont l'Office de Commercialisation agricole ( O C A) , les Centres r&#233;gionaux d' Assistance pour le D&#233;veloppement ( C R A D ) et les Centres d' Expansion Rurale ( C E R)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'O C A&lt;/strong&gt;, a-t-on coutume de dire, &#171; a pour r&#244;le de contr&#244;ler la r&#233;glementation des march&#233;s des produits agricoles et de favoriser le d&#233;veloppement coop&#233;ratif &#187;. On pourrait en dire autant des offices agricoles des pays europ&#233;ens. Son r&#244;le essentiel, &#224; la v&#233;rit&#233;, est li&#233; &#224; notre situation de sous-d&#233;veloppement, dans un pays o&#249; la quasi totalit&#233; des paysans est pauvre et i1lustr&#233;. &lt;strong&gt;Ce r&#244;le est d'assistance financi&#232;re et technique.&lt;/strong&gt; Dans la prospective de notre planification, l'O C A sera amen&#233;e, par &#233;tapes, &#224; acheter et &#224; vendre toute la production agricole &#224; un &lt;strong&gt;prix r&#233;mun&#233;rateur&lt;/strong&gt;. D&#232;s maintenant, elle fournit aux paysans, &lt;strong&gt;aux prix les plus bas&lt;/strong&gt;, produits vivriers, mat&#233;riel agricole, engrais et fongicides, voire pr&#234;ts d'argent. Tout cela, dans le cadre de la coop&#233;ration. Dans ce m&#234;me cadre, elle leur fournit l'assistance technique dont ils ont besoin dans leurs op&#233;rations commerciales. Premier relais de la B S D, l'o C A &#224; donc, pour r&#244;le essentiel, d'assister les paysans, group&#233;s en coop&#233;ratives, dans leur &lt;strong&gt;lutte organis&#233;e contre la mis&#232;re et l'ignorance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux CR A D&lt;/strong&gt;, ils, sont, dans les r&#233;gions et pour l'&#233;conomie rurale, les instruments de l'o C A et le second relais de la B S D. En contact direct, d'une part, avec les Comit&#233;s r&#233;gionaux de D&#233;veloppement, avec les coop&#233;ratives d'autre part, ils assistent ceux-ci sous la direction de l'0 C A, tout en les conseillant. Ils ont d&#233;j&#224; un r&#244;le d'&#233;ducation dans le monde rural.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agissant de la planification r&#233;gionale, c'est le lieu de signaler l'existence d'organismes r&#233;gionaux &#224; vocation sp&#233;cialis&#233;e, destin&#233;s &#224; cr&#233;er de v&#233;ritables p&#244;les de d&#233;veloppement : dans les r&#233;gions de Saint-Louis, de Thi&#232;s, de Kaolack, de Ziguinchor&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est ce r&#244;le d'&#233;ducation&lt;/strong&gt; qu'assument pleinement les &lt;strong&gt;Centres d'Expansion rurale&lt;/strong&gt;. Cantonn&#233;, d'abord, dans le domaine agricole, ces centres deviennent, l'un apr&#232;s l'autre, polyvalent sous forme &lt;strong&gt;de Centres d'Expansion rurale polyvalents&lt;/strong&gt; (C E R P), Chaque arrondissement en poss&#232;de au moins un. Chaque Centre doit r&#233;unir les fonctionnaires des diff&#233;rents services int&#233;ress&#233;s : Agriculture, &#201;levage, Eaux et For&#234;ts, G&#233;nie rural, Coop&#233;ration, &#201;ducation, Sant&#233;, Artisanat. Il s'agit, pour cette &#233;quipe, de populariser le but et les objectifs du Plan. Il est question, par-dessus tout,&lt;strong&gt; d'&#233;duquer les producteurs par la vulgarisation des techniques :&lt;/strong&gt; de production sans doute, mais aussi d'hygi&#232;ne et d'am&#233;nagement des communes rurales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l&#224; une des plus importantes innovations de la planification s&#233;n&#233;galaise, mais l'innovation majeure r&#233;side dans l'&lt;strong&gt;Animation&lt;/strong&gt;. Celle-ci repose sur deux principes : &lt;strong&gt;faire la R&#233;volution au moindre co&#251;t possible pour l'Homme et, pour cela, convaincre en &#233;duquant, plut&#244;t que de contraindre&lt;/strong&gt;. C'est ainsi que le S&#233;n&#233;gal a entendu r&#233;soudre, en la d&#233;passant, la contradiction de toute R&#233;volution entre la &lt;strong&gt;Dictature et la Libert&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'initiative de la &lt;strong&gt;Direction de l'Animation&lt;/strong&gt; au Commissariat au Plan, l'&lt;strong&gt;Animation&lt;/strong&gt; est organis&#233;e dans des &lt;strong&gt;stages&lt;/strong&gt; o&#249; l'enseignement technique est compl&#233;t&#233; par des travaux pratiques. Les &#233;l&#232;ves animateurs ne sont pas des fonctionnaires, mais des paysans volontaires, choisis parmi les plus jeunes, les plus conscients et les plus dynamiques. La t&#226;che de la Direction de l'Animation est de faire, d'eux, des militants du Socialisme africain et, en m&#234;me temps, des paysans modernes. Car c'est aux animateurs qu'il appartiendra, apr&#232;s avoir assum&#233; consciemment leur pleine responsabilit&#233;, d'&lt;strong&gt;animer&lt;/strong&gt; le Plan pour le rendre &lt;strong&gt;efficace&lt;/strong&gt;, en instituant, &lt;strong&gt;dialectiquement&lt;/strong&gt;, le &lt;strong&gt;dialogue&lt;/strong&gt; entre les paysans coop&#233;rateurs et l'&#201;tat guide, entre la base et le sommet, dans un mouvement dynamique &lt;strong&gt;en-avant !&lt;/strong&gt; Moins le dialogue que la coop&#233;ration librement organis&#233;e entre les hommes, en vue de la promotion de l'Homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ussite exemplaire de l'Animation &#224; la campagne a incit&#233; le Gouvernement &#224; l'&#233;tendre &#224; la ville&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce sont les Animateurs qui encadrent les volontaires de l'Investissement (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;B) Mais il est temps de sortir des structures d'accueil pour en venir aux &lt;strong&gt;voies et moyens plus techniques&lt;/strong&gt;, exprim&#233;s en chiffres par les &lt;strong&gt;investissement de base&lt;/strong&gt;. Ici encore, nous nous laisserons guider par le fil d'Ariane que constitue la finalit&#233; humaine du Plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rejetant tous les dogmatismes du pass&#233;, qu'ils vinssent de l'Ouest, voire des &#171; pays socialistes &#187;, le S&#233;n&#233;gal, en &#233;laborant son Plan, &lt;strong&gt;a voulu,&lt;/strong&gt; d' abord, nier le vieux principe &#171; du d&#233;roulement spontan&#233; des &#233;v&#232;nements &#233;conomiques et du changement spontan&#233; des structures &#187;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Perroux : L'&#201;conomie du XXe si&#232;cle (P U F, p. 4)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; .Il a voulu, positivement, affirmer -et prouver dans les faits -que les choses &#233;conomiques n'ont pas de nature propre, qu' elles sont les produits de la &#171; conscience&quot; et de la &#171; volont&#233; des sujets actifs &#187; : des hommes&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Ibid, p. 5.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cette volont&#233; consciente qu'expriment nos structures d'accueil. Nous la retrouvons dans la r&#233;partition des investissements de base, li&#233;s &#224; des programmes techniques d&#233;finis, qui s'appuient sur la &#171; nature des choses mais pour les transformer .La nature des choses, c'est, encore une fois, notre sous-d&#233;veloppement. Celui-ci est li&#233; essentiellement &#224; la faiblesse de notre infrastructure et au d&#233;s&#233;quilibre entre la production industrielle et la production rurale, les exportations &#224; base d'arachide repr&#233;sentant 90 % des exportations s&#233;n&#233;galaises. Il faut pr&#233;ciser qu'il y a quelques ann&#233;es, nos techniques rurales &#233;taient encore au niveau du N&#233;olithique. Tout cela explique, dans notre Plan, la r&#233;partition des investissements entre les diff&#233;rents secteurs :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &#224; l'Infrastructure &lt;strong&gt;18,75&lt;/strong&gt; % des investissements
&lt;br /&gt;* &#224; l'Industrie et au Commerce &lt;strong&gt;44&lt;/strong&gt; %
&lt;br /&gt;* &#224; la Production rurale. &lt;strong&gt;13,4&lt;/strong&gt; %
&lt;br /&gt;* &#224; l'Enseignement et &#224; la Formation. &lt;strong&gt;6,7&lt;/strong&gt; %
&lt;br /&gt;* &#224; l'Hygi&#232;ne et &#224; la Sant&#233;. &lt;strong&gt;2,9&lt;/strong&gt; %
&lt;br /&gt;* &#224; l'Edilit&#233; et &#224; l'Habitat &lt;strong&gt;10,9&lt;/strong&gt; %
&lt;br /&gt;* aux &#201;quipements administratifs. &lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; %&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce tableau pourrait induire en erreur, en faisant croire que nous avons &#171; f&#233;tichis&#233; &quot; les choses. Bien s&#251;r, la nature des choses exigeait que notre principal effort port&#226;t sur le d&#233;veloppement de la production : de l'infrastructure, de l'industrie et des activit&#233;s rurales. Ce que l'on doit savoir pour comprendre ces chiffres, c'est, en premier lieu, qu'il s'agit d'industrie de transformation plus que d'industrie lourde, d'&#233;levage, de p&#234;che et de cultures vivri&#232;res autant que de cultures industrielles, qui doivent, au demeurant, &#234;tre diversifi&#233;es. C'est surtout que les taux que voil&#224; concernent aussi bien les investissements priv&#233;s que les investissements publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si nous ne consid&#233;rons que les&lt;strong&gt; investissements publics&lt;/strong&gt;, le souci humain de notre planification appara&#238;tra dans toute son ampleur. Le taux de la production rurale monte alors de 13,4 &#224; 18 % et celui de la &lt;strong&gt;production de l'Homme&lt;/strong&gt; (Enseignement et Formation, Hygi&#232;ne et Sant&#233;, Edilit&#233; et Habitat) de 20,5 &#224; 34,7 %. C'est la &lt;strong&gt;dialectique&lt;/strong&gt; m&#234;me de la planification s&#233;n&#233;galaise, qui .allie la production des biens &#224; la production de l'Homme, la formation professionnelle a l'&#233;ducation culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le probl&#232;me m&#233;rite, qu'avant de conclure, on s'y arr&#234;te. La production de l'Homme, c'est, d'abord, la formation technique, professionnelle, des producteurs. D'o&#249; l'importance que le S&#233;n&#233;gal accorde &#224; la formation des cadres, qui ressortit &#224; un Minist&#232;re autonome : celui de l'&lt;strong&gt;Enseignement Technique et de la Formation des cadres&lt;/strong&gt;. Celui - Ci g&#232;re deux&lt;/p&gt; &lt;p&gt;lyc&#233;es techniques, de nombreux centres d'apprentissage, une &#201;cole des Travaux publics, une &#201;cole des Cadres ruraux &#8230;bient&#244;t une Ecole des Cadres &#233;conomiques et une &#201;cole polytechnique. Cependant, l'enseignement g&#233;n&#233;ral n'est pas pour autant n&#233;glig&#233;. Notre Plan, en prospective, pr&#233;voit, pour 1970, une scolarisation &#224; 100 pour 100. Nous comptons, cette ann&#233;e-l&#224;, sortir quelque 1 500 bacheliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'enseignement g&#233;n&#233;ral n'est pas encore toute la culture. Sans parler des &lt;strong&gt;&#171; Maisons des Jeunes et de la Culture &#187;&lt;/strong&gt;, dont chaque cercle doit en poss&#233;der une et qui sont de v&#233;ritables foyers culturels rayonnant vers les villages, le S&#233;n&#233;gal, &#224; l' &#233;chelle nationale, m&#232;ne de front le d&#233;veloppement &#233;conomique et le d&#233;veloppement culturel. Doublant le quadrillage des prospecteurs miniers, des ethnologues prospectent, en ce moment m&#234;me, et r&#233;v&#232;lent les richesses de la N&#233;gritude, enfouies au fond des &#226;mes. Ces richesses, notre &lt;strong&gt;&#201;cole nationale des Arts&lt;/strong&gt; a pour mission de les manifester et illustrer. Outre les deux &lt;strong&gt;th&#233;&#226;tres nationaux&lt;/strong&gt;, dont la construction d&#233;marrera en 1963, une &lt;strong&gt;Cit&#233; des Arts&lt;/strong&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Ajoutons que le Pr&#233;sident Senghor a r&#233;cemment annonc&#233;, dans un discours (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; doit s'&#233;lever au bord de la gracieuse baie de Soumb&#233;dioune. Elle comprendra quatre maisons : celle de la peinture et de la tapisserie, celle de la sculpture et de la c&#233;ramique, celle de la musique et de la danse, celle enfin de l'art dramatique. D&#233;j&#224;, les Ballets nationaux du S&#233;n&#233;gal ont fait le tour de l'Europe &#8230;d&#233;j&#224;, notre jeune peinture s'est r&#233;v&#233;l&#233;e, qui a assimil&#233; les techniques de l'&#201;cole de Paris. Il s'agit, dans toutes les disciplines, d'user des techniques les plus modernes pour, animant les images arch&#233;types qui gisent au fond de l'&#226;me noire, exprimer les besoins et les aspirations du S&#233;n&#233;galais du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;'IRAI plus loin et ce sera ma &lt;strong&gt;conclusion&lt;/strong&gt;. Nous n'avons pas, usant d'une logique st&#233;rile, attendu la r&#233;alisation du Plan pour susciter notre renaissance culturelle. C'est du coeur m&#234;me du Plan, comme nous l'avons vu, que jaillit la s&#232;ve nouvelle. Bien mieux, la nouvelle Culture est un des moyens -et non des moindres -de la r&#233;alisation du Plan. Partout surgissent, avec les moissons nouvelles, des gerbes de po&#232;mes, de chants, de danses,
qui magnifient, avec le Plan, l'Unit&#233; nationale. Pas seulement l'Unit&#233; nationale, voire l'Unit&#233; africaine, mais la Terre des hommes, dont la &lt;strong&gt;totalisation et la socialisation&lt;/strong&gt; est le &lt;strong&gt;Ph&#233;nom&#232;ne humain&lt;/strong&gt; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que -j'aurais tout aussi bien pu souligner cet aspect -la planification s&#233;n&#233;galaise s'ins&#232;re, consciemment, dans la perspective de l'&lt;strong&gt;&#201;conomie g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/strong&gt;, ch&#232;re &#224; Fran&#231;ois Perroux, dans le courant de &lt;strong&gt;convergence panhumaine&lt;/strong&gt; signal&#233;e par Pierre Teilhard de Chardin. Car nous savons qu'une &#233;conomie humaine d&#233;borde les fronti&#232;res nationales. C'est le sens de notre adh&#233;sion &#224; l'&lt;strong&gt;Union am&#233;ricaine et Malgache&lt;/strong&gt;, de notre combat pour l'&lt;strong&gt;Unit&#233; africaine&lt;/strong&gt;, de notre effort pour l'Association eurafricaine. &#171; C'est l'id&#233;e englobante de l'&#233;conomie de l'homme, entendue comme l'&#233;conomie de tout l'homme et l'&#233;conomie de tous les hommes &#187;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Perroux, Op. cit., p. 511' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L.S SENGHOR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In S&#233;n&#233;gal &quot;an 2&quot; par lui-m&#234;me, Suppl&#233;ment au n&#176; 12 D&#233;veloppement et Civilisations, &lt;br /&gt;Octobre - D&#233;cembre 1962, pp. 1 &#224; 7&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Ce sont les Animateurs qui encadrent les volontaires de l'Investissement humain. Cet investissement qui, encore une fois, est r&#233;alis&#233; par des volontaire, est amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le de plus en plus important. Le Commissaire g&#233;n&#233;ral au Plan le r&#233;organise actuellement pour le rendre plus &lt;i&gt;efficace&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Perroux : L'&#201;conomie du XXe si&#232;cle (P U F, p. 4)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. Ibid, p. 5.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Ajoutons que le Pr&#233;sident Senghor a r&#233;cemment annonc&#233;, dans un discours radiodiffus&#233;, l'organisation prochaine &#224; Dakar d'une &quot; Maison de Pr&#233;sence Africaine &quot;, organisation internationale vou&#233;e &#224; la n&#233;o-culture africaine (N.D.L.R.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Perroux, Op. cit., p. 511&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item>
		<title> FONDEMENTS ET PRATIQUE DE L'ENQU&#202;TE-PARTICIPATION</title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique144">Archives : Revue Economie et humanisme</category>


		<description>In Economie et humanisme, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 56 &#224; 63 L'enqu&#234;te doit-elle rester un instrument de connaissance &#224; l'usage exclusif du Pouvoir et de l'&#233;lite, dirigeante ou intellectuelle, ou &#234;tre &#233;galement un instrument de culture pour tous ? Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224; notre centre a d&#233;lib&#233;r&#233;ment opt&#233; pour une m&#233;thode d'enqu&#234;te qui permette &#224; la fois le diagnostic et, gr&#226;ce &#224; la collaboration active des enqu&#234;t&#233;s &#224; la recherche, l'amorce concr&#232;te des solutions. De multiples lettres ou demandes (...)

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&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique144" rel="directory"&gt;Archives : Revue Economie et humanisme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;In &lt;i&gt;Economie et humanisme&lt;/i&gt;, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 56 &#224; 63&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enqu&#234;te doit-elle rester un instrument de connaissance &#224; l'usage exclusif du Pouvoir et de l'&#233;lite, dirigeante ou intellectuelle, ou &#234;tre &#233;galement un instrument de culture pour tous ? Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224; notre centre a d&#233;lib&#233;r&#233;ment opt&#233; pour une m&#233;thode d'enqu&#234;te qui permette &#224; la fois le diagnostic et, gr&#226;ce &#224; la collaboration active des enqu&#234;t&#233;s &#224; la recherche, l'amorce concr&#232;te des solutions. De multiples lettres ou demandes orales nous ayant montr&#233; l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par cette m&#233;thode, nous en donnons da:ns un premier article un aper&#231;u succinct.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &#171; participation &#187; est devenue, depuis quelques mois, le s&#233;same de la d&#233;mocratie. Il est certes ind&#233;niable que, par, une r&#233;action salvatrice devant tout un filet de structures de massification mis inconsciemment en place par la soci&#233;t&#233; industrielle, l'immense majorit&#233; des hommes souhaitent &#234;tre autre chose que les pions d'un &#233;chiquier. Mais il est &#224; craindre que, si l'on n'y prend garde, ce beau mot porteur de tant d'esp&#233;rance, rejoignent les slogans dont use et abuse notre temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La participation dont il est question a beaucoup de difficult&#233;s &#224; sortir du paternalisme des notables, que ceux-ci soient &#233;lus ou nomm&#233;s. Car identifiant, les premiers, d&#233;mocratie et &#233;lectorat, les seconds, comp&#233;tence technique et droit au commandement, les uns et les autres semblent trop souvent croire que l'humanit&#233; se scinde en deux parties (tr&#232;s in&#233;gales !) : l'&#233;lit qui d&#233;cide ; la masse qui ob&#233;it. Mais voici que, l'interd&#233;pendance croissante des probl&#232;mes exigeant de plus en plus de comp&#233;tence, la technique devient la pomme de discorde entre notables &#233;lus et notables nomm&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'ENQU&#202;TE PARTICIPATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces derniers, en raison m&#234;me de leur comp&#233;tence, prennent le pas sur les premiers et d&#232;s lors la participation comporte deux aspects : les &#233;lus (politiques, syndicaux, familiaux, etc&#8230;) sont consult&#233;s, les &#233;lecteurs sont &lt;i&gt;inform&#233;s&lt;/i&gt;. Mais le poids de l'opinion des &#233;lus, dans les structures de masse qui sont n&#244;tres, semble moins tenir la valeur de leurs arguments qu'au nombre d'&#233;lecteurs qu'ils repr&#233;sentent ou&#8212; plus exactement &#8212;qu'ils peuvent mettre en branle. Les transactions qui d&#233;coulent de ces rapports pour &#234;tre r&#233;alistes n'en sont pas moins irrationnelles et dommageables. Et l'on comprend pourquoi le Pouvoir semble bouder les &#233;lus ! Mais cela ne r&#233;soud en t rien le fond du probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; la masse, puisqu'elle n'est cens&#233;e &#234;tre comp&#233;tente que f dans le choix de ses repr&#233;sentants, notables &#233;lus et nomm&#233;s se la disputent. Toutefois les informations qu'on lui donne se ram&#232;nent soit &#224; une action psychologique pour l'amener &#224; penser comme ses informateurs, soit &#224; une action psychop&#233;dagogique pour l'amener &#224; envisager les probl&#232;mes comme les envisagent ses informateurs. Dans un cas comme dans l'autre, sauf trop rares exceptions, les personnes qui composent cette masse sont consid&#233;r&#233;es comme des clients et non comme des &#233;gaux. Donc, l&#224; non plus, le fond du probl&#232;me n'est pas r&#233;solu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les lignes qui suivent n'ont d'autre but que de tenter de rendre -ou de donner &#224; la participation son vrai visage. Elles ne s'inspirent pas d'une .r&#233;flexion plus ou moins acad&#233;mique sur le th&#232;me de la participation, mais sur vingt ann&#233;es bient&#244;t d'enqu&#234;tes &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;POUR UNE PARTICIPATION-RESPECT DE L'HOMME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Respecter l'homme, ce n'est pas seulement le mettre au centre de ses pr&#233;occupations ou lui d&#233;dier une &#171; D&#233;claration de ses droits '), c'est surtout se refuser, f&#251;t-ce &#224; travers l'&#233;lectorat, &#224; vouloir faire son bonheur sans lui demander son avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Les bases fondamentales de la participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La participation ne doit &#234;tre ni une technique ni une tactique. Elle se fonde sur trois constatations qui, &#224; y regarder de pr&#232;s, devraient des truismes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;a- Les probl&#232;mes concr&#232;tement v&#233;cus ne sont pas r&#233;ductibles &#224; la perception intellectuelle Ou id&#233;ologique qu'on en a&lt;/i&gt; : les objectifs de croissance annuelle d'un plan &#233;conomique, par exemple, s'expriment en pourcentages simples, et pourtant pour les atteindre ce sont des usines qu'il faut reconvertir, concentrer, des exploitations agricoles qui doivent dispara&#238;tre ; ou qu'il faut remembrer, am&#233;nager, des commerces qu'il faut fermer, etc&#8230; C'est-&#224;-dire des industriels, des ouvriers, des agriculteurs, des commer&#231;ants et leurs familles qui doivent envisager la transformation partielle ou totale de leurs habitudes de vie. Ce sont donc des soucis, des souffrances, et parfois des drames.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est par cons&#233;quent n&#233;cessaire que toute solution th&#233;orique soit confront&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; et, avec la participation de : ceux qui auront &#224; les appliquer, envisag&#233;e jusque dans ses ultimes cons&#233;quences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;b -La culture ne conf&#232;re &#224; personne le droit de d&#233;cider &#224; la place des adultes moins cultiv&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, un adulte, m&#234;me analphab&#232;te, n'est pas un enfant (l'&#226;ge mental n'est pas r&#233;ductible au bagage conceptuel) : il a son exp&#233;rience d'homme, son jugement d'homme (m&#234;me si son ignorance &#233;trique son jugement) ; il doit donc &#234;tre trait&#233; en homme. D&#232;s lors si l'on doit l'instruire &#8212;et on le doit &#8212; il faut partir de son exp&#233;rience : un homme doit acqu&#233;rir lui-m&#234;me Sa culture si l'on veut qu'elle soit authentique et non un simple vernis.
D&#232;s lors, la d&#233;mocratisation de l'enseignement doit s'accompagner, au niveau des adultes, d'une d&#233;mocratisation de la culture et d'une d&#233;mocratisation du pouvoir : la d&#233;mocratisation de la culture postule que l'on cessa de croire qu'il n'existe qu'une culture, celle des livres. Car s'il est facile de transmettre des id&#233;es, il est quasi impossible de transmettre l'exp&#233;rience. Il est donc de la plus haute importance, en paraphrasant Paul Val&#233;ry, que ceux qui &#171; consultent les livres &#187; apprennent &#224; &#171; regarder les choses &#187; et que ceux qui &#171; regardent les choses &#187; apprennent &#224;&#171; consulter les livres &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;.La d&#233;mocratisation du pouvoir postule que les &#233;lecteurs (politiques, syndicaux ou sociaux) ne soient pas seulement ceux qui d&#233;l&#232;guent leur souverainet&#233; mais ceux qui, gr&#226;ce &#224; des structures d&#233;mocratiques, participent aux responsabilit&#233;s. Certes pour que cette participation aux responsabilit&#233;s ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas en anarchie il est n&#233;cessaire qu'existe la d&#233;mocratisation de la culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;c -Tout homme, quel qu'il soit, n'a qu'une vue partielle des choses.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque homme, en effet, a des t&#226;ches obligatoirement limit&#233;es : c'est sa famille &#224; faire vivre, son exploitation &#224; mettre en valeur, sa commune &#224; g&#233;rer, etc&#8230; D&#232;s lors il ne conna&#238;t bien que ce qui accapare le meilleur de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour tous les groupes humains (syndicats professionnels, patronaux ou ouvriers, associations diverses, peuples ou groupes de peuples) rassembl&#233;s autour du ou des probl&#232;mes qui leur sont communs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore faut-il que ces vues partielles ne soient pas &#233;rig&#233;es en absolu, et donc que les vues partielles ne deviennent pas partialit&#233;. C'est pourtant ce &#224; quoi nous assistons constamment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'ENQU&#202;TE PARTICIPATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les buts de la participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet effort de lucidit&#233; vis-&#224;-vis des hommes et de soi-m&#234;me &#233;tant fait, on voit imm&#233;diatement les dimensions nouvelles que doit prendre l'enqu&#234;te : autant qu'un instrument de mesure, elle doit &#234;tre un instrument de culture. Elle doit donc permettre :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;a -aux &lt;i&gt;enqu&#234;t&#233;s&lt;/i&gt;, ins&#233;r&#233;s dans leurs groupes humains naturels, de grandir au triple plan de la &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt;, par l'analyse individuelle et en &#233;quipe de leurs difficult&#233;s resitu&#233;es dans le contexte g&#233;n&#233;ral ; de la &lt;i&gt;conscience&lt;/i&gt; civique par la d&#233;couverte des interd&#233;pendances entre les groupes sociaux ; des &lt;i&gt;responsabilit&#233;s&lt;/i&gt;, par l'&#233;laboration personnelle et en &#233;quipe, aux diff&#233;rents niveaux d'analyse et de prise de conscience, des solutions appropri&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;b -&lt;i&gt;&#224; l'enqu&#234;teur Ou assimil&#233;&lt;/i&gt; (tout &#233;lu. doit &#234;tre un enqu&#234;teur), l'enqu&#234;te doit permettre de travailler &lt;i&gt;avec des collaborateurs&lt;/i&gt; int&#233;ress&#233;s autant que lui (sinon d'avantage puisqu'ils auront la responsabilit&#233; et les inconv&#233;nients de la mise en application des conclusions) &#224; l'exactitude de la recherche, au lieu de travailler &lt;i&gt;sur des &#233;chantillons&lt;/i&gt; qui ont plus l'impression de servi,r de cobayes (m&#234;me utiles) que d'associ&#233;s.
Il faut encore confronter ainsi les solutions th&#233;oriques (n&#233;es de la consultation des livres) aux solutions pratiques (n&#233;es de l'observation des choses) et, ce faisant, gr&#226;ce &#224; la promotion culturelle et consciente concomitante des enqu&#234;t&#233;s, de rapprocher le possible de l'id&#233;al.
.
On devine, d&#232;s lors, les transformations radicales que ces buts apportent &#224; la m&#233;thode d'enqu&#234;te : il ne s'agit plus, pour ceux qui savent, d'initier quelques privil&#233;gi&#233;s aux moyens aristocratiques de connaissance &#233;labor&#233;s par eux, mais de monnayer leur savoir afin de ventiler et d'adapter les questions &#224; poser au niveau de connaissance et de conscience des divers enqu&#234;t&#233;s. La difficult&#233; des r&#233;ponses doit &#234;tre proportionn&#233;e au degr&#233; de comp&#233;tence technique et de responsabilit&#233; de chaque enqu&#234;te ou &#233;quipe d'enqu&#234;t&#233;s. A la base, pour ceux qui ne savent que regarder les choses, toutes les r&#233;ponses doivent &#234;tre connues ou facilement trouv&#233;es et c'est l'ordre des questions et l'ordre de mise en corr&#233;lation simple des r&#233;ponses qui doivent &#234;tre, pour chaque enqu&#234;t&#233; et &#233;quipe d'enqu&#234;t&#233;s, l'instrument de culture et de promotion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On voit ici combien il est important, en enqu&#234;te participation, que les r&#233;capitulations initiales soient effectu&#233;es par les &#233;quipes de base elles-m&#234;mes et non par des proc&#233;d&#233;s m&#233;canographiques. Cette r&#233;capitulation manuelle -si l'on peut dire -n'est pas pour nous un proc&#233;d&#233; p&#233;dagogique &#224; l'usage des non intellectuels, mais un moyen de leur &#233;viter les simplifications simplistes : car nul n'y tombe aussi facilement que les non intellectuels abordant sans pr&#233;paration le maniement des chiffres et des id&#233;es. Cette r&#233;capitulation manuelle est aussi pour l'enqu&#234;teur le seul moyen de ne pas d&#233;shumaniser le r&#233;el : la m&#233;canographie, en effet, en permettant une classification -indispensable d'ailleurs - des donn&#233;es est un outil de conceptualisation qui, sauf corr&#233;lations multiples jamais effectu&#233;es parce que trop longues et co&#251;teuses, d&#233;sincarne ces donn&#233;es. Si l'abstraction est une n&#233;cessit&#233; de ma&#238;trise du r&#233;el, encore faut-il que plus on se rapproche des &#233;chelons d'ex&#233;cution, plus les id&#233;es g&#233;n&#233;rales et les donn&#233;es globales se concr&#233;tisent : &#224; l'&#233;chelon ultime d'ex&#233;cution il est imp&#233;rativement n&#233;cessaire que l'on rencontre les hommes et non les choses ou les id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons avoir assez fait comprendre que, bien loin d'&#234;tre une forme insidieuse de paternalisme, la participation est -l'homme &#233;tant ce qu'il est et les choses ce qu'elles sont -une n&#233;cessit&#233; humaine, sociale, scientifique imp&#233;rieuse. Elle est sans doute un moyen -peut-&#234;tre le seul -de mettre fin &#224; l'opposition jusqu'&#224; pr&#233;sent irr&#233;ductible entre intellectuels et manuels, entre id&#233;alisme et r&#233;alisme. En devenant de plus en plus solidaires, les hommes se d&#233;couvrent de plus en plus compl&#233;mentaires : la participation est la mise en oeuvre de cette compl&#233;mentarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;LA PRATIQUE DE L'ENQUETE-PARTICIPATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si, loin d'&#234;tre condescendante, la participation doit &#234;tre &#224; la fois descendante, et ascendante, ce n'est pas seulement pour pallier les insuffisances inh&#233;rentes &#224; la nature humaine, mais c'est aussi pour permettre une appr&#233;hension synth&#233;tique des choses. Ceux qui consultent surtout les livres ont, en effet, tendance &#224; confondre vue d'ensemble et vue synth&#233;tique ; or, si la seconde inclut la premi&#232;re, la r&#233;ciproque n'est pas vraie : le sulvol en h&#233;licopt&#232;re d'une r&#233;gion permet une vue globale et, s'il dure assez longtemps, une vue d&#233;taill&#233;e des structures visibles de cette r&#233;gion ; il permet m&#234;me, par comparaison, de se faire une id&#233;e relativement pr&#233;cise du comportement des hommes qui l'habitent. Mais la vue ne pourra &#234;tre synth&#233;tique que lorsque, apr&#232;s avoir vu vivre ces hommes, on aura v&#233;cu avec eux. La synth&#232;se est appr&#233;hension, &#224; la fois, du dedans et du dehors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enqu&#234;te participation doit donc permettre &#224; ceux qui vivent les probl&#232;mes d'en sortir pour les dominer et &#224; ceux qui les dominent d'y rentrer pour les vivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;1. Le contact global&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette symbiose, dans l'&#233;tat actuel de nos recherches m&#233;thodologiques, nous am&#232;ne &#224; pr&#233;voir six phases dans l'enqu&#234;te. Cette phrase est connue des sp&#233;cialistes : elle a pour but de permettre &#224; l'enqu&#234;teur de s'impr&#233;gner de la r&#233;alit&#233; &#224; analyser, par le contact direct avec cette r&#233;alit&#233; (survol, visites, interviews, etc&#8230;) et par lecture d'ouvrages ou d'&#233;tudes ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans nos perspectives d'enqu&#234;te participation cette phase est d&#233;cisive, car les personnes nous int&#233;ressent autant -sinon plus - que leurs probl&#232;mes ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, les probl&#232;mes ne nous int&#233;ressent que v&#233;cus par des hommes. C'est donc les hommes, quels qu'ils soient, aux prises avec leurs probl&#232;mes qui sont l'objet principal de notre contact global. C'est dire qu'&#224; l'impr&#233;gnation pr&#233;c&#233;dente nous ajoutons l'analyse rapide du contexte g&#233;ographique, &#233;conomique, sociologique, politique, dans lequel se situent ces hommes et leurs probl&#232;mes, et que nous faisons une grande part, dans nos conversations avec la population, &#224; la d&#233;couverte de leurs espoirs, de leurs limites conscientes ou inconscientes, de leurs craintes fond&#233;es ou imaginaires, etc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De cet ensemble d'observations et de contact naissent les pistes de recherche et de participation qui seront &#224; pr&#233;ciser ult&#233;rieurement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le lancement de l'enqu&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette phase se d&#233;compose en deux op&#233;rations simultan&#233;es :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &#233;laboration des questionnaires avec la participation des int&#233;ress&#233;s,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* conf&#233;rences de sensibilisation &#224; l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons pas, en effet, de questionnaire omnibus : d'abord parce que la terre continuant de tourner, nous pensons que m&#234;me &#224; un an de distance les probl&#232;mes concrets ne sauraient &#234;tre appr&#233;hend&#233;s exactement de la m&#234;me fa&#231;on ; ensuite, parce que la participation exige que les int&#233;ress&#233;s (tout au moins ceux qui, in fine, participeront &#224; l'interpr&#233;tation d'ensemble) aient r&#233;fl&#233;chi eux-m&#234;mes avec l'aide technique de l'enqu&#234;teur, aux questions &#224; poser et &#224; leur ordre de pr&#233;sentation. Cette remise en question continue est, d'ailleurs, excellente pour l'enqu&#234;teur, car elle le contraint de recommencer chaque enqu&#234;te avec des yeux neufs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le contact global ayant permis de prendre la mesure du degr&#233; de connaissance et de conscience que l'ensemble de la population a de ses probl&#232;mes, il est important de commencer l'enqu&#234;te par une pr&#233;sentation cartographique et graphique posant correctement ces probl&#232;mes (ces cartes et graphiques sont essentiellement des cartes de structures : d&#233;mographiques, socio - professionnelles, agricoles, communales, &#233;conomiques). La discussion g&#233;n&#233;rale ou par petits groupes qui s'en suit, permet de pr&#233;ciser les pistes de recherche :et de participation &#233;labor&#233;es en premi&#232;re phase. Elle permet &#233;galement de d&#233;tecter, par proposition spontan&#233;e ou par nomination de ses pairs, les divers responsables d'&#233;quipes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le d&#233;marrage de l'enqu&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les questionnaires ayant &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;s et mis au point, les divers responsables, d'&#233;quipes municipales, agricoles, industrielles, artisanales, commer&#231;antes, ouvri&#232;res, familiales, sociales) ayant constitu&#233; leurs groupes de travail, &lt;i&gt;l'enqu&#234;te est lanc&#233;e et prise en charge par les organisations professionnelles&lt;/i&gt; (Chambres de Commerce, d'Agriculture, des M&#233;tiers, F&#233;d&#233;ration des Exploitants, Syndicats patronaux et ouvriers, etc&#8230;), les associations (des Maires, des Familles, etc&#8230;) et tes mouvements (Centre des Jeunes Agriculteurs, Union F&#233;minine Civique et Sociale, Vie Nouvelle, etc&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est, en effet, indispensable que les divers int&#233;ress&#233;s aient la certitude que cette enqu&#234;te est &#171; leur &#187; enqu&#234;te autant que celle de l'organisme qui la lance. La direction de l'enqu&#234;te n'intervient plus dor&#233;navant qu'au plan technique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. L'exploitation des r&#233;sultats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons dit pr&#233;c&#233;demment que les r&#233;capitulations initiales s'effectuaient, &#224; la base, par les &#233;quipes qui avaient pris en charge la r&#233;alisation de l'enqu&#234;te. Ces r&#233;capitulations se font, en g&#233;n&#233;ral, au plan communal et au plan de la zone d'attraction cantonale. Comme de ce travail, quoique relativement simple &#224; cette &#233;chelle, n&#233;cessite une certaine habitude des tableaux de chiffres, il est important que les intellectuels de la commune (instituteurs, cur&#233;s) ou du canton (notaire, avou&#233;, percepteur) participent &#224; cette exploitation. S'il est possible m&#234;me de trouver des &#233;tudiants leur participation peut &#234;tre doublement b&#233;n&#233;fique : pour les enqu&#234;t&#233;s qui b&#233;n&#233;ficient de leurs connaissances th&#233;oriques, pour les &#233;tudiants qui b&#233;n&#233;ficient de l'exp&#233;rience des enqu&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exploitation g&#233;n&#233;rale, aux fins de l'enqu&#234;te, s'effectue bien s&#251;r par la direction : de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La pr&#233;sentation des r&#233;sultats et leur interpr&#233;tation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exploitation des r&#233;sultats termin&#233;e ceux-ci sont report&#233;s cartes et graphiques. La direction de l'enqu&#234;te en fait une premi&#232;re interpr&#233;tation d'ensemble et en entreprend la discussion, partie par partie, &#224; des &#233;chelons territoriaux variables suivant les sujets, avec&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'ENQU&#202;TE PARTICIPATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;les divers responsables d'&#233;quipes. Cette phase est la plus enrichissante pour tous, enqu&#234;teurs et enqu&#234;t&#233;s, car elle peut la compl&#233;mentarit&#233; dont nous parlions au terme de notre deuxi&#232;me partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les interpr&#233;tations de d&#233;tail &#233;tant faites, celle de l'ensemble est men&#233;e en collaboration avec les divers responsables d&#233;partementaux et r&#233;gionaux qui, &#224; leur &#233;chelle, ont eux aussi particip&#233; &#224; l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; cette collaboration continue &#224; tous les niveaux de responsabilit&#233;, l'interpr&#233;tation est vraiment une oeuvre de synth&#232;se : synth&#232;se des probl&#232;me et synth&#232;se des hommes, synth&#232;se des id&#233;es
et synth&#232;se des faits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La diffusion des r&#233;sultats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette sixi&#232;me et derni&#232;re phase est, en enqu&#234;te &#8211; participation, le r&#233;pondant obligatoire de la deuxi&#232;me phase : la population qui a men&#233; l'enqu&#234;te a le droit d'en conna&#238;tre les ultimes conclusions. C'est non seulement son droit, c'est aussi son devoir : nous avons vu pr&#233;c&#233;demment que les r&#233;capitulations initiales ne pouvaient &#234;tre effectu&#233;es qu'au plan communal et cantonal : c'est donc les seuls niveaux de synth&#232;se &#233;l&#233;mentaire que connaisse la population. Ces niveaux ne constituant en rien des absolus, il est n&#233;cessaire que chacun soit situ&#233; par rapport aux autres, afin que les droits et devoirs de tous soient parfaitement connus par tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour cette information finale que la direction de l'enqu&#234;te, en pr&#233;sence si possible des diverses personnalit&#233;s &#233;lues ou nomm&#233;es, refait alors la tourn&#233;e des chefs-lieux de canton. Il est important, l&#224; encore, que ces r&#233;unions expriment la coh&#233;sion de tous, et que, face, aux efforts &#224; entreprendre, chacun sache qu'il peut compter sur les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au terme de ces pages nous sentons bien que nos lecteurs vont rester sur leur faim : il n'&#233;tait pas possible de tout dire dans le cadre d'un article (peut-on d'ailleurs tout dire dans un sujet aux mille nuances ?). Nous y reviendrons dans les prochaines parutions, notamment en donnant des exemples de questionnaires - participation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons pourtant que, telles quelles, ces pages n'auront pas &#233;t&#233; inutiles. Si elles permettaient de rendre au magnifique mot de &#171; participation &#187; toute sa noblesse et tout l'esp&#233;rance qu'il porte, nous serions pay&#233;s de tous nos efforts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R. CAILLOT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In &lt;i&gt;Economie et humanisme&lt;/i&gt;, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 56 &#224; 63&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>POUR UNE ETHIQUE DU DEVELOPPEMENT</title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique144">Archives : Revue Economie et humanisme</category>


		<description>In Economie et humanisme, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 1 &#224; 7 Le d&#233;veloppement pour &#234;tre r&#233;el et authentique, doit &#234;tre le projet global d'une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re tourn&#233;e vers son avenir. D&#232;s lors, il prend obligatoirement un caract&#232;re normatif et requiert la participation volontaire des individus, des groupes et des nations. Dans la mesure o&#249; le d&#233;veloppement est ainsi assum&#233; par un vouloir personnel et collectif, il prend un caract&#232;re &#233;thique, c'est-&#224;-dire valeur de bien. Dans les pages (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;In &lt;i&gt;Economie et humanisme&lt;/i&gt;, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 1 &#224; 7&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement pour &#234;tre r&#233;el et authentique, doit &#234;tre le projet global d'une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re tourn&#233;e vers son avenir. D&#232;s lors, il prend obligatoirement un caract&#232;re normatif et requiert la participation volontaire des individus, des groupes et des nations. Dans la mesure o&#249; le d&#233;veloppement est ainsi assum&#233; par un vouloir personnel et collectif, il prend un caract&#232;re &#233;thique, c'est-&#224;-dire valeur de bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Dans les pages suivantes, le P&#232;re Lebret souligne, sur les bases d'une longue exp&#233;rience concr&#232;te, les requ&#234;tes de cette indispensable &#233;thique du d&#233;veloppement &#224; tous les niveaux de la vie sociale et particuli&#232;rement au plan des Etats et des relations Internationales. Le savoir humain est jusqu'ici trop uniquement cantonn&#233; &#224; &#234;tre au seul service du pouvoir technique et des puissances &#233;conomiques. Dans le monde fini et interd&#233;pendant o&#249; nous sommes, il est urgent que le savoir et les pouvoirs de l'humanit&#233; se mettent d&#233;sormais au service d'un vouloir de promotion de tous les hommes et de tout l'humain dans l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement rencontre, dans sa r&#233;alisation, tant de difficult&#233;s, que l'on peut se demander si la grande esp&#233;rance qu'il avait suscit&#233;e ne tournera pas en am&#232;re d&#233;ception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Apr&#232;s le simplisme des premiers efforts, trop orient&#233;s vers quelques projets retentissants que l'on se contentait de juxtaposer, il a bien fallu constater que le d&#233;veloppement ne suivait pas. On avait trop oubli&#233; que le d&#233;veloppement est une op&#233;ration complexe, devant &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans son ensemble et r&#233;alis&#233;e de fa&#231;on coh&#233;rente. On pensait alors &#171; d&#233;veloppement &#233;conomique &#187;, sans encore percevoir, m&#234;me de ce point ,de vue, l'importance qu'il y avait d'harmoniser les op&#233;rations et d'en mettre en chantier un assez grand nombre pour des actions non li&#233;es ne provoquant pas des goulots d'&#233;tranglement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La perspective d'harmonisation ne s'est affirm&#233;e que peu &#224;. peu, et elle est encore tr&#232;s loin d'&#234;tre g&#233;n&#233;ralement adopt&#233;e. Pourtant, l'id&#233;e fait son chemin et c'est un grand progr&#232;s. Mais il ne suffit pas de vouloir une certaine coh&#233;rence entre les r&#233;alisations d'infrastructures et les &#233;quipements directement productifs. On s'est aper&#231;u que des facteurs extra &#233;conomiques avaient autant d'importance, pour le d&#233;veloppement, que les facteurs &#233;conomiques. Malheureusement, dans&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;ECONOMIE ET HUMANISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; La division actuelle des disciplines, on a ajout&#233; aux &#233;conomistes et aux techniciens, des sp&#233;cialistes des sciences sociales plut&#244;t juxta- pos&#233;s qu'int&#233;gr&#233;s, sans comprendre assez qu'il faudrait commencer toute &#233;tude pour le d&#233;veloppe,ment par l'analyse, sur le terrain, des situations, des besoins, des aptitudes et ,des aspirations des populations. C'est par cette analyse, doubl&#233;e par une analyse des potentialit&#233;s, qu'appara&#238;t toute la r&#233;alit&#233; complexe &#224; transformer&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir &#224;. ce sujet notre essai : Dynamique concr&#232;te du D&#233;veloppement, Editions (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Dans son document d'ouverture de ta r&#233;union du Conseil Economique et Social des Nations Unies, pr&#233;parant la &#171; D&#233;cennie &#187; de l'action des organismes internationaux, M. Thant a insist&#233; sur les avanies de la d&#233;cennie ant&#233;rieure du fait qu'on ne parlait pas de d&#233;veloppement tout court. La partie semble d&#233;sormais gagn&#233;e, personne n'ose plus parler de d&#233;veloppement sans que l'&#233;l&#233;vation des hommes, consid&#233;r&#233;e pour elle-m&#234;me, soit le tout final de, tous les effort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ainsi le d&#233;veloppement doit &#234;tre tout &#224; la fois &#233;conomique, sanitaire, p&#233;dagogique et culturel, psychologique, sociologique, politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Par une sorte de convention de silence quant au refus de donner une place au spirituel, sinon en en diminuant syst&#233;matiquement le contenu, on n'ose pas encore ajouter &#171; &#233;thique &#187;, soit parce que l'on consid&#232;re la morale 'comme trop &#233;trang&#232;re au domaine scientifique et technique, soit que, devant ta diversit&#233; des positions, on juge dangereux de s'aventurer dans quelque option.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; En fait, cependant, l'&#233;thique est partout mise en cause quand il est question de d&#233;veloppement, qu'il s'agisse d'&#233;thique personnelle ou d'&#233;thique des groupes, d'&#233;thique des aspirations ou d'&#233;thique des relations, d'&#233;thique des politiques nationales ou des politiques supranationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Usure, concussion, sens civique, vouloir travailler, vouloir produire, vouloir progresser, accepter une discipline, s'associer au d&#233;veloppement, accepter un pr&#233;l&#232;vement sur la consommation pour augmenter les &#233;quipements, posent des probl&#232;mes &#233;thiques d'attitudes et de comportement individuels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le gouvernement qui veut assurer le d&#233;veloppement doit accepter une strat&#233;gie de la transformation ordonn&#233;e finalement &#224; l'&#233;l&#233;vation humaine de toutes les couches de population. Les pays scientifiquement et techniquement plus privil&#233;gi&#233;s doivent aider les pays moins favoris&#233;s. Les assistances techniques et financi&#232;res doivent s'adapter aux besoins totaux de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Nous ne pouvons, en ces quelques pages, analyser tous les aspects &#233;thiques du d&#233;veloppement. Nous voudrions simplement insister sur quelques points qui nous semblent particuli&#232;rement importants, en&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; POUR UNE ETHIQUE DU DEVELOPPEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; morale personnelle, en morale de groupes, en morale gouvernementale, en morale de coop&#233;ration supra-nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Il a &#233;t&#233; remarqu&#233;, lors de la s&#233;ance de cl&#244;ture de la r&#233;cente Conf&#233;rence des Nations Unies pour l'application de la science et de la technique au b&#233;n&#233;fice des r&#233;gions peu d&#233;velopp&#233;es, que les orateurs ont directement, ou de biais, invoqu&#233; des principes moraux. Nul, s'il veut demeurer objectif, ne peut y &#233;chapper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; Ethique personnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Qu'une &#233;norme transformation du monde soit n&#233;cessaire pour permettre &#224; chaque personne humaine de se trouver en conditions de vie vraiment humaine, personne n'oserait plus le mettre en doute. L'imp&#233;rieuse exigence d'&#233;lever le niveau de vie d'environ les deux tiers de la population humaine et de l'&#233;lever pour une population qui va environ doubler d'ici la fin du si&#232;cle, change la probl&#233;matique des comportements individuels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Il faut essayer de produire plus, de conserver et d'am&#233;liorer les sols, de renoncer aux routines ancestrales, de r&#233;nover les structures communautaires ou d'en cr&#233;er de nouvelles, de conqu&#233;rir de nouvelles terres, de d&#233;couvrir de nouvelles ressources, d'accepter de nouvelles techniques et de nouvelles occupations, d'accepter des migrations, d'accepter des interventions plus vigoureuses de l'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Tout ceci n'est possible que par une v&#233;ritable mutation des mentalit&#233;s, pour laquelle, en v&#233;rit&#233;, l'humanit&#233; non .privil&#233;gi&#233;e d'aujourd'hui n'est pas encore pr&#234;te. Le passage d'une civilisation statique &#224; une civilisation dynamique ne peut s'effectuer par d&#233;cret. L'acquisition de la perception des besoins collectifs imp&#233;ratifs au plan national et de la n&#233;cessit&#233; d'un changement dans la conception de l'usage traditionnel des ressources et de la r&#233;partition des biens suppose qu'un choc soit donn&#233; par quelque dispositif d'animation. Il n'est pas possible d'attendre qu'une alphab&#233;tisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e et de formation civique ait pr&#233;par&#233; les classes d'&#226;ge actuellement infantiles, &#224; une nouvelle, vision de l'ordre cosmique, d'ordre &#233;conomique et l'ordre politique. Le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; l'animation &#187; doit y pourvoir, c'est-&#224;-dire de la d&#233;tection et de la formation de leaders accept&#233;s faisant entrer les collectivit&#233;s de base dans le d&#233;sir et dans la r&#233;alisation de l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Qui n'a pas travaill&#233; dans les pays en d&#233;part de d&#233;veloppement, ne peut imaginer quelle r&#233;volution psychologique et sociologique en profondeur repr&#233;sente l'adh&#233;sion au changement des comportements ant&#233;c&#233;dents. L'homme se trouve subitement confront&#233; avec des perspectives orales nouvelles sans que son &#233;ducation familiale et collective l'y ait pr&#233;par&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;ECONOMIE ET HUMANISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement de la nouvelle &#233;thique des populations des pays en recherche ou en voie de d&#233;veloppement. Une mutation aussi importante est n&#233;cessaire dans la mentalit&#233; des populations des pays d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233;s. R&#233;compens&#233;s par la prosp&#233;rit&#233; d'un long effort acharn&#233;, elles &#233;prouvent des difficult&#233;s &#224; sortir de leur &#233;gocentrisme pour adopter une morale de restriction de leur confort et de leurs facilit&#233;s au b&#233;n&#233;fice de populations lointaines r&#233;put&#233;es moins travailleuses et faisant trop d'enfants. Un d&#233;passement difficile, ici aussi, est n&#233;cessaire pour repousser un carti&#233;risme n&#233;gatif et pour susciter des vocations &#224; l'aide h&#233;ro&#239;que, sur le terrain, aux groupes humains qui ne peuvent sans cela d&#233;marrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi se dessine l'exigence &#233;thique d'un &#233;largissement des horizons de solidarit&#233;, aussi bien pour d&#233;passer, dans les pays &#224; d&#233;velopper, l'horizon des communaut&#233;s de base jusqu'&#224; comprendre les interd&#233;pendances internationales, que pour arracher les individus des pays d&#233;velopp&#233;s &#224; leur concentration sur la possession et l'&#233;l&#233;vation Continue .d'une position privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus en plus, l'&#233;thique personnelle devra s'aur&#233;oler d'universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Ethique des groupes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas de parsemer un pays de quelques hommes ayant acquis la dimension &#171; d&#233;veloppement &#187;. Il en faut assez pour que leur pr&#233;sence totale d&#233;termine la formation ou l'&#233;volution de tr&#232;s nombreux groupes devenant conscients d'une n&#233;cessit&#233; de changement et d'affrontement constructif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les groupes traditionnels sont presque partout conservateurs. Toucher aux coutumes ancestrales, aux rites s&#233;culaires appara&#238;t comme un sacril&#232;ge devant attirer la r&#233;action r&#233;pressive des g&#233;nies, des dieux ou du ciel. Le groupe traditionnel est normalement auto d&#233;fensif et ferm&#233; aux nouveaut&#233;s. Aussi bien, comme il faut quand m&#234;me changer, les animateurs officiels ou spontan&#233;s sont amen&#233;s &#224; pr&#233;coniser des formes nouvelles de groupes, le plus souvent coop&#233;ratifs la campagne et syndicaux &#224; la ville.Cette formule, impr&#233;gn&#233;e d'apports &#233;trangers, brise n&#233;cessairement les anciens encadrements, les anciennes formes de solidarit&#233;. La discipline de groupe se heurte fatalement aux individualismes, aux solidarismes et aux autoritarismes ant&#233;rieurs. Si l'&#233;vidence de b&#233;n&#233;fices palpables rapidement obtenus ne s'impose pas, si les responsables, nomm&#233;s ou &#233;lus, cherchent leur int&#233;r&#234;t particulier ou soul&#232;vent la caisse, si les groupes ne sont pas hi&#233;rarchis&#233;s et encadr&#233;s, d'importantes d&#233;viations se produisent et conduisent, soit &#224; l'&#233;chec, soit &#224; l'agitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Pourtant c'est seulement &#224; l'exp&#233;rience que les formes n&#233;cessaires de groupement habitueront aux responsabilit&#233;s. Un r&#233;seau coop&#233;ratif n'ayant pour objet que la vente plus b&#233;n&#233;fique d'un produit de la terre est d'une grande signification sociologique ; il ouvre la voie &#224;, des solidarit&#233;s plus &#233;tendues et &#224; d'autres prises de responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; POUR UNE ETHIQUE DU DEVELOPPEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'&#233;thique des groupes traditionnels fut la sauvegarde de certaines valeurs fondamentales. L'&#233;thique des groupes nouveaux doit r&#233;pondre &#224; la cr&#233;ation d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, gardant le meilleur des valeurs anciennes tout en assurant la promotion d'une solidarit&#233; tr&#232;s &#233;largie. Une fois le r&#233;gime colonialiste aboli, il importe de faire succ&#233;der au paternalisme de domination une prise en charge, d'&#233;chelon en &#233;chelon, du d&#233;veloppement harmonis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Dans les syst&#232;mes d&#233;mocratiques des pays insuffisamment d&#233;velopp&#233;s, le r&#233;seau des groupes de d&#233;veloppement est doubl&#233; d'un r&#233;seau d'organisations proprement politiques qui .d&#233;terminent totalement la composition du parlement et plus ou moins la composition du gouvernement. Sauf dans le cas d'un parti unique prenant en main, de fa&#231;on exclusive, la direction du d&#233;veloppement, des probl&#232;mes d'opposition peuvent surgir, et le plus souvent surgissent, entre les groupes de d&#233;veloppement et les formations politiques. Ici encore l'&#233;thique devrait intervenir pour que les jeux partisans, par les divisions qu'ils cr&#233;ent &#224; l'int&#233;rieur des communaut&#233;s, n'aboutissent pas &#224; l'inefficacit&#233; des groupes de d&#233;veloppement. Les politiciens, en g&#233;n&#233;ral, ne jugent ces pas en fonction du bien commun &#224; instaurer, mais en fonction de leur r&#233;&#233;lection. Les pouvoirs dont ils disposent leur permettent de perturber la constitution des forces vraiment constructives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Dans les pays d&#233;velopp&#233;s d&#233;mocratiques, le jeu des groupes politiques intervient aussi pour d&#233;terminer la politique de coop&#233;ration avec les pays sous-d&#233;velopp&#233;s. Mais il importe surtout de consid&#233;rer le jeu des groupes financiers et &#233;conomiques qui, dans une structure capitaliste, se placent n&#233;cessairement devant leurs objectifs propres de rentabilit&#233;. On a bien mis en relief, surtout dans l'&#233;cole de pens&#233;e de Fran&#231;ois Perroux, le r&#244;le des p&#244;les de domination &#233;conomique intervenant de fa&#231;on massive et continue dans les &#233;conomies sous-d&#233;velopp&#233;es. Qu'il y ait concurrence ou coordination entre ces p&#244;les, le d&#233;veloppement ne devient plus qu'une affaire au b&#233;n&#233;fice du p&#244;le, sans que le d&#233;v8loppement int&#233;gral et harmonis&#233; ces pays o&#249; l'on op&#232;re soit consid&#233;r&#233; pour lui-m&#234;me. L'amoralisme du capitalisme, laiss&#233; &#224; son jeu propre, est inh&#233;rent au syst&#232;me. Il ne peut &#234;tre supprim&#233; que si les gouvernements d&#233;velopp&#233;s et sous-d&#233;velopp&#233;s s'entendent pour imposer des r&#232;gles qui obligent &#224; subordonner l'action priv&#233;e aux exigences du d&#233;veloppement authentique. Nous aurons &#224; y revenir quand il s'agira de l'&#233;thique gouvernementale et de l'&#233;thique de la coop&#233;ration supra-nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Ethique du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Un gouvernement de pays encore sous-d&#233;velopp&#233; ayant opt&#233;, comme il le doit d&#232;s qu'il a pris conscience de ses responsabilit&#233;s, est oblig&#233; de s'imposer une &#233;thique s&#233;v&#232;re. C&#233;der &#224; la tentation facile de la d&#233;magogie am&#232;nera peu &#224; peu le m&#233;contentement d'un peuple&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;ECONOMIE ET HUMANISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; rapidement d&#233;sillusionn&#233;. Le d&#233;veloppement est toujours une op&#233;ration difficile exigeant des &#233;tudes pr&#233;liminaires, un gouvernement de d&#233;veloppement, une administration de d&#233;veloppement, l'appel au travail de l'ensemble associ&#233; de la population et une p&#233;riode d'aust&#233;rit&#233;. Pour peu que les hommes au pouvoir se contentent de l'&#234;tre, par sou,ci de prestige, de gain ou d'honneurs, sans prendre courageusement les mesures qui assureraient le d&#233;veloppement, ils usurpent des fonctions qu'ils auraient le devoir de ne pas accepter. Le cas, malheureusement, est fr&#233;quent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Quand il s'agit des chefs des minist&#232;res techniques et sociaux : plan, agriculture, &#233;conomie nationale, travaux publics, enseignement, sant&#233;, la carence est particuli&#232;rement grave. Mais c'est surtout le cher du gouvernement, souvent en m&#234;me temps chef de l'Etat, qui est ragent essentiel .d'une politique lucide de d&#233;veloppement. Le choix des membres du cabinet minist&#233;riel lui incombe. Pour autant qu'il fait appel &#224; des incapables ou &#224; d s corrompus, pour autant que son &#233;quipe minist&#233;rielle n'est qu'une juxtaposition d'ambitieux faisant passer leur int&#233;r&#234;t avant le bien commun de la nation, il est gravement coupable moralement. C'est &#224; lui qu'incombe la lourde t&#226;che de faire du minist&#232;re entier le noyau. actif de la construction nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Trop fr&#233;quemment, h&#233;las, il c&#232;de aux pressions partisanes pour constituer un groupe h&#233;t&#233;rog&#232;ne d'incapables. Le chef du gouvernement d'un pays en voie de d&#233;veloppement doit prendre en main avec fermet&#233;, sans tomber dans la dictature, la direction de l'op&#233;ration de mise en valeur des ressources et d'association de la population. Un gouvernement &#224; la fuis fort et associatif conditionne le d&#233;veloppement. Il doit aussi &#234;tre assez d&#233;sint&#233;ress&#233;, assez &#171; pur &#187;, pour que le peuple comprenne qu'il s'agit vraiment, de l'&#233;l&#233;vation humaine de toutes les cat&#233;gories sociales et non de l'enrichissement d'une famille ou d'une couche &#233;troite de privil&#233;gi&#233;s. Combien d'&#233;checs ont r&#233;sult&#233; dans bien des pays, des abus de quelques familiers d'un cher d'Etat personnellement int&#232;gre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Mais le gouvernement, &#224; lui seul, est impuissant s'il ne met pas en place une administration centrale et des administrations r&#233;gionales de d&#233;veloppement. Tout l'appareil administratif doit avoir &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; en fonction des besoins de secteurs et de zones, des sanctions &#233;nergiques &#233;tant prises contre les concussionnaires et la mise en place des hommes ne se faisant qu'en fonction des capacit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ces &#233;vidences, de simple justice politique, sont trop rarement assez per&#231;ues par les gouvernements des pays en d&#233;marrage ou en voie de d&#233;veloppement. Par laisser-aller ou par impr&#233;vision, on livre le pays &#224; des impurs ou &#224; des incapables. Le meilleur plan th&#233;orique de d&#233;veloppement est d&#232;s lors condamn&#233; &#224; l'inefficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le d&#233;veloppement, nous l'avons dit, est une oeuvre difficile exigeant de l'obstination, &#224; partir sans doute de programmes coh&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt; POUR UNE ETHIQUE DU DEVELOPPEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; mais autant et plus de l'effort conscient des &#233;lites et du peuple. Dans beaucoup de cas, cependant, le pays ne dispose pas, du moins dans l'imm&#233;diat, des ressources physiques, humaines et financi&#232;res qui lui seraient indispensables. Il est oblig&#233; de se tourner vers des pays ou des groupes de pays d&#233;velopp&#233;s pour en obtenir dons, pr&#234;ts, envoi d'experts, de techniciens, de professeurs, d'investisseurs. Ainsi risque de se produire quelque nouvelle forme de domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le gouvernement doit arbitrer entre vouloir l'ind&#233;pendance, accession ou recherche de d&#233;pendance, solutions d'interd&#233;pendance, comme possibilit&#233;s de choix de tel partenaire ou de groupes de partenaires plus ou moins porteurs d'id&#233;ologie. Devant la strat&#233;gie militaire, &#233;conomique et politique des partenaires, devant sa propre strat&#233;gie d'amiti&#233; politique, il doit opter, &#224; moins qu'il lui semble plus opportun de jouer sur deux tableaux d'assistance ou de coop&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le crit&#232;re moral est &#233;videmment 1ci le bien commun national &#224; pr&#233;coniser et &#224;. instaurer, mais le probl&#232;me n'est pas si simple, car il faut aussi assurer de bonnes relations de voisinage et certains modes de coop&#233;ration avec les pays voisins compl&#233;mentaires. On voit ainsi jaillir des groupes, de pays &#224; d&#233;velopper qui, trop souvent, sont fragiles, car on n'a pas tenu assez compte des conditions &#233;conomiques et id&#233;ologiques de coop&#233;ration. De nouveaux modes de d&#233;pendance peuvent ainsi appara&#238;tre, les pays du groupe qui sont les mieux plac&#233;s cherchant &#224; exercer une influence plus ou moins imp&#233;rialiste. La morale des relations &#224; l'int&#233;rieur d'un groupe, ou entre groupes, ne nous semble pas avoir &#233;t&#233; encore esquiss&#233;e et l'on sait combien, m&#234;me entre pays d&#233;velopp&#233;s de structures et d'id&#233;ologies assez semblables, il est difficile de la formuler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Ethique de la coop&#233;ration internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Au plan international, le probl&#232;me &#233;thique des relations entre pays d&#233;velopp&#233;s et pays moins d&#233;velopp&#233;s semble, avoir &#233;t&#233; encore tr&#232;s peu &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Chaque pays d&#233;velopp&#233;, dans son assistance ou sa coop&#233;ration bilat&#233;rales, a d'abord sa strat&#233;gie propre de politique militaire, &#233;conomique, id&#233;ologique, ou de prestige, ou d'amiti&#233;, ou d'opposition &#224; quelque autre pays. Il mesure, les moyens &#224; mettre en oeuvre &#224; la r&#233;ussite de cette strat&#233;gie plus qu'aux besoins r&#233;els des peuples aid&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Il en va plus ou moins de m&#234;me pour les groupes de pays d&#233;velopp&#233;s associ&#233;s dans un grand dessein. Mais ici, &#224; l'int&#233;rieur du groupe, des divergences apparaissent, telle strat&#233;gie nationale &#233;tant plut&#244;t tourn&#233;e vers l'obtention d'avantages du type commercial, ou du type culturel, pendant que telle autre voit surtout le maintien de liens sentimentaux issus ou non du colonialisme de la p&#233;riode ant&#233;c&#233;dente. Il en r&#233;sulte que, par del&#224; les objectifs communs, restent sous-jacents des objectifs particuliers qui n'emp&#234;chent pas les concurrences sur lesquelles peuvent jouer les pays aid&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In &lt;i&gt;Economie et humanisme&lt;/i&gt;, n&#176;148, juillet et ao&#251;t 1963, pp. 1 &#224; 7&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Voir &#224;. ce sujet notre essai : &lt;i&gt;Dynamique concr&#232;te du D&#233;veloppement&lt;/i&gt;, Editions Ouvri&#232;res, Paris, 1961.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le moment actuel du Forum social mondial</title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique46">Revue</category>


		<description>par Chico Whitaker*(1). Sommaire : &#201;ditorial &quot;Le moment actuel du Forum social mondial&quot; &quot;Et si les Indign&#233;s&#8230; &quot; &#201;ditorial par Antoine Sondag Les Indign&#233;s et le Forum social mondial Les manifestants du printemps arabe, les Indign&#233;s de Barcelone et de Tel Aviv, les encagoul&#233;s de Occupy Wall Street et tant d'autres ont en commun d'&#234;tre des agents de d&#233;mocratisation. Certes, on dira : ils n'ont pas de porte-parole &#224; interviewer, pas de leaders pour n&#233;gocier, pas de programme pour se faire (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Chico Whitaker*&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='*Chico Whitaker, n&#233; en 1931 au Br&#233;sil, architecte de formation, est l'un des (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ed' class='spip_ancre'&gt;&#201;ditorial&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar' class='spip_ancre'&gt;&quot;Le moment actuel du Forum social mondial&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar1' class='spip_ancre'&gt;&quot;Et si les Indign&#233;s&#8230; &quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt; &lt;a name=&quot;ed&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&#201;ditorial&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;par Antoine Sondag&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Indign&#233;s et le Forum social mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les manifestants du
printemps arabe, les
Indign&#233;s de Barcelone et de
Tel Aviv, les encagoul&#233;s de
Occupy Wall Street et tant
d'autres ont en commun d'&#234;tre
des agents de d&#233;mocratisation.
Certes, on dira : ils n'ont pas
de porte-parole &#224; interviewer,
pas de leaders pour n&#233;gocier,
pas de programme pour se faire
conna&#238;tre&#8230; Est-ce bien s&#233;rieux ?
Les Indign&#233;s ne revendiquent
pas l'abolition du syst&#232;me, mais
les r&#233;formes demand&#233;es
introduisent des changements
radicaux dans la fa&#231;on
d'organiser et de conduire la vie
politique. D&#233;mocratie directe ?
Cette nouvelle pratique politique
repose sur des valeurs de
diversit&#233;, de transparence, de
confrontation ouverte, de
construction de consensus par la
d&#233;lib&#233;ration, sur la foi en la
propagation des id&#233;es. Cette
nouvelle culture politique repose
sur la conviction de la continuit&#233;
entre les moyens et les fins, sur la
conviction que pour changer l'&#201;tat,
il faut changer les Hommes et les
mentalit&#233;s, qu'il faut commencer
aujourd'hui. Nous devons &#234;tre
l'embryon de la soci&#233;t&#233; future.
D&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative ? &#171; Prendre
la parole &#187; comme on occupe un
terrain, place Tahir ou Puerta del
Sol&#8230; Vivre la d&#233;mocratie aujourd'hui
pour changer les crit&#232;res de
jugement, les param&#232;tres et les
paradigmes de nos vieilles soci&#233;t&#233;s.
Ces Indign&#233;s rejoignent les intuitions
de l'altermondialisme, l'un des plus
puissants mouvements sociaux de la
derni&#232;re d&#233;cennie. Il existe et on peut
le rencontrer lors des FSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;ar&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moment actuel du Forum social mondial&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;par Chico Whitaker&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;Chico Whitaker, l'un des cofondateurs du Forum social mondial (FSM), fait le
point sur cette n&#233;buleuse que l'on appelle le FSM, et qu'il faudrait mettre au
pluriel. Cet entretien para&#238;t au moment o&#249; se r&#233;unit &#224; Davos (Suisse) le Forum
&#233;conomique mondial. Le prochain FSM, lui, aura lieu en 2013 sans doute dans
un pays arabe, &#233;tape d'un &#171; printemps &#187; qui se prolonge heureusement.&#8230;.&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chico Whitaker&lt;/strong&gt; : Je reviens du Conseil
international du Forum social mondial qui
vient de se tenir au Bangladesh, juste
apr&#232;s le Forum social de l'Asie du Sud, &#224;
Dhaka au Bangladesh. Ce fut une occasion
de rencontrer tant de gens du N&#233;pal,
du Pakistan, de l'Inde, du Bangladesh&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;veloppement et civilisations : Quel
moment vit actuellement le FSM ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Le Forum social mondial est toujours
&#224; la recherche de son chemin, pour
que ses objectifs puissent se r&#233;aliser et
que son message d'espoir - &#171; un autre
monde est possible &#187; - puisse atteindre
toutes les r&#233;gions du monde. Il s'agit d'un
processus continu. Tenir une r&#233;union du
Conseil international &#224; Dhaka avait pour
objectif de porter attention &#224; l'Asie du
Sud, en appuyant l'initiative locale d'y
organiser un Forum r&#233;gional. Jusqu'ici,
l'Asie avait &#233;t&#233; peu touch&#233;e par ce processus,
&#224; l'exception brillante du FSM de
2004 &#224; Mumbai, en Inde, qui avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;
du Forum social r&#233;gional &#224; Hyderabad,
&#233;galement en Inde, en 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La rencontre de Dhaka fut une opportunit&#233;,
pour les organisations internationales
qui constituent le Conseil international du
FSM, de prendre contact avec les organisations
locales et de les soutenir dans la
r&#233;alisation de ce Forum social r&#233;gional. Il
est clair que, lorsqu'un Forum social
mondial se tient quelque part, 80% des
participants viennent du pays lui-m&#234;me.
C'est pour cela qu'il faut faire en sorte
que chaque &#233;dition se tienne dans une
zone g&#233;ographique diff&#233;rente. Cette rencontre
est alors l'occasion pour les mouvements
et organisations de la r&#233;gion de
prendre contact les uns avec les autres,
tout en se liant aux luttes qui se m&#232;nent
au niveau mondial. L'un des objectifs
d'un Forum est de d&#233;passer les divisions
et les pratiques de concurrence entre mouvements&#8230;
Il s'agit de cr&#233;er des espaces
de rencontre pour nouer des convergences,
en d&#233;passant les barri&#232;res et pr&#233;jug&#233;s
qui divisent, barri&#232;res qui profitent
toujours aux puissances dominantes. Le
Forum aide ainsi la soci&#233;t&#233; civile du pays
organisateur &#224; devenir un acteur politique
plus fort, non seulement dans le pays
mais dans l'ensemble des luttes qui se
m&#232;nent dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Quels sont les projets ou les
perspectives actuelles du FSM ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Le Forum se tient tous les deux ans
&#224; l'&#233;chelle mondiale. La tendance actuelle
est de multiplier, entre deux Forums
mondiaux, les Forums au niveau
r&#233;gional, national et m&#234;me local, ou encore
de tenir des Forums th&#233;matiques. Ils sont
en expansion. Dans l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant le
FSM de 2011 &#224; Dakar, il y a eu plus de 40
Forums r&#233;gionaux, nationaux et th&#233;matiques,
un peu partout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une opportunit&#233; sp&#233;ciale nous sera donn&#233;e
bient&#244;t avec la tenue de la Conf&#233;rence
des Nations unies dite &#171; Rio+20 &#187;,
pour les 20 ans du Sommet de la Terre
de Rio de 1992. Des r&#233;unions pr&#233;paratoires
se sont tenues &#224; New York. Il y a
&#233;galement eu, au mois de novembre
2011, la r&#233;union sur le changement climatique
&#224; Durban. Des mouvements et
organisations qui se sont rapproch&#233;s tout
au long du processus FSM organisent
ensemble des rencontres de la soci&#233;t&#233;
civile qui auront lieu en parall&#232;le des r&#233;unions
de l'ONU. Dans ce cadre, plu-sieurs Forums sociaux locaux ou th&#233;matiques
ont eu lieu ou se pr&#233;parent (&#224;
Porto Alegre et &#224; S&#227;o Paulo, au Br&#233;sil, &#224;
Sarajevo, en Bosnie-Herz&#233;govine, etc.)
La prochaine r&#233;union du Conseil international
se tiendra au Kurdistan, afin d'appuyer
les luttes de ce peuple. Durant
cette r&#233;union, nous allons probablement
fixer le lieu du prochain FSM, en 2013,
pr&#233;vu pour le moment au Caire. Ce sont
bien s&#251;r les personnes originaires du
pays qui doivent d&#233;cider, in fine, si elles
veulent bien s'engager dans la lourde
t&#226;che d'organiser un Forum mondial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Quels sont les sujets de pr&#233;occupation
actuellement ? Et les motifs
d'espoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : La construction d'une nouvelle
culture politique est l'un des objectifs du
FSM et ce n'est pas t&#226;che facile dans un
monde qui fonctionne presque enti&#232;rement
selon la logique de la comp&#233;tition,
qui structure des rapports de fa&#231;on pyramidale.
Les principes de la Charte du
FSM peuvent nous aider dans cette d&#233;marche,
mais ils ne sont pas toujours
suivis. On constate alors
des tendances r&#233;gressives
de certains Forums
sociaux r&#233;gionaux, parfois
pris en otage par des organisations
qui se consid&#232;rent
comme propri&#233;taires
de ces Forums. Les
Forums sociaux sont un
bien commun &#224; l'humanit&#233;, ils n'appartiennent
&#224; personne. Si on les privatise,
si on se les approprie, ils meurent. C'est
la tendance qui peut &#234;tre observ&#233;e dans
le cas des Forums sociaux europ&#233;ens
ou de celui de l'Am&#233;rique du Sud.
En Europe, la vieille culture politique
verticale de style pyramidal revient au
galop : les th&#232;mes sont d&#233;finis par en haut
et on assiste &#224; des luttes de pouvoir entre
ceux qui veulent parler de th&#232;mes diff&#233;rents.
Dans le dernier Forum europ&#233;en &#224;
Istanbul, le nombre total de participants
a diminu&#233; et la part des participants turcs
&#233;tait assez r&#233;duite. On n'y a rencontr&#233;
gu&#232;re que des &#171; permanents &#187; des mouvements
et organisations europ&#233;ens,
avec des partis politiques &#224; l'arri&#232;re plan.
C'&#233;tait &#171; leur &#187; rencontre, sans beaucoup
d'impact sur la soci&#233;t&#233; turque. Le d&#233;fi est
en effet d'organiser le Forum comme un
espace ouvert avec des relations horizontales
et des participants locaux, pas seulement
avec ceux qui peuvent payer leurs
billets d'avion pour s'y rendre&#8230;
A l'inverse, le Forum de l'Am&#233;rique du
Nord part beaucoup plus de la base,
personne ne le &#171; dirige &#187;, il compte sur
l'autogestion. De la m&#234;me fa&#231;on, les
Forums sociaux se d&#233;veloppent positivement
dans les pays arabes. Il y a eu un
Forum social en Palestine. Un Forum
Maghreb-Machrek aura lieu en juillet en
Tunisie ; un autre se pr&#233;pare en Irak. Au
Maroc, en Tunisie, en &#201;gypte, le vent
positif du Forum souffle aussi.
D'autre part, le Forum mondial de Bel&#233;m
en 2009 a ouvert une nouvelle perspective
th&#233;matique compl&#233;tant celle de la
justice environnementale : celle du &#171; bien
vivre &#187; propos&#233; par les peuples indig&#232;nes
des Andes en particulier. Cela va
converger avec la pr&#233;paration de Rio+20
et l'organisation d'un Forum parall&#232;le &#224; la
rencontre de l'ONU, en juin 2012. Ce
&#171; Sommet des peuples &#187; (bien que cette
appellation soit mauvaise car elle &#233;voque
une organisation pyramidale) sera
une &#233;tape importante.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les Forums sociaux
sont un bien commun
&#224; l'humanit&#233;,
ils n'appartiennent
&#224; personne.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Comment interpr&#233;ter le ph&#233;nom&#232;ne
&#233;tonnant des vagues d'Indign&#233;s
qui soul&#232;vent le monde, en Espagne,
en Gr&#232;ce, en Isra&#235;l et ailleurs, mais
aussi, &#224; certains &#233;gards, aux &#201;tatsunis
avec Occupy Wall Street ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Les intuitions de ce mouvement de
protestation sont tr&#232;s proches de celles
du FSM. Pas de commandement, pas
de porte-parole, une intelligence collective,
des r&#233;seaux qui ne
sont pas pyramidaux,
mais plut&#244;t l'ouverture et
le respect de la diff&#233;rence.
Les Indign&#233;s nous rappellent
que nous ne vivons
pas seulement une crise
&#233;conomique et financi&#232;re,
c'est une crise de civilisation.
C'est aussi ce que disaient les indig&#232;nes
des Andes au FSM de Bel&#233;m en
2009. Les Indign&#233;s cherchent &#224; changer
les r&#232;gles du jeu de la politique. Il s'agit
maintenant de se mettre en rapport avec
eux, de les soutenir et d'ouvrir des espaces
de dialogue entre les participants
des FSM et ceux des campements, sans
vouloir les absorber mais en faisant en
sorte qu'ils d&#233;couvrent les potentialit&#233;s du
processus du FSM pour &#233;largir leur lutte.
Leur grand d&#233;fi est peut-&#234;tre de parler
au reste de la soci&#233;t&#233;, pour la r&#233;veiller.
Or, c'est aussi un d&#233;fi pour le FSM.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Pourquoi le divorce apparent,
en Am&#233;rique Latine, entre les gouvernements
&#233;lus avec l'appui de la soci&#233;t&#233;
civile et pr&#233;cis&#233;ment ces mouvements
de citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Les gouvernements de gauche
&#233;lus ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique
latine ont en fait absorb&#233; le leadership
des mouvements sociaux. Les leaders
ont &#233;t&#233; coopt&#233;s, appel&#233;s &#224; des responsabilit&#233;s
gouvernementales. L'autonomie
des mouvements sociaux et leurs capacit&#233;s
d'action en sont diminu&#233;es. De
plus, ces pays se sont fix&#233; comme objectif
la croissance &#233;conomique. Alors
les mouvements sociaux prennent de la
distance car la simple croissance &#233;conomique
n'est pas la solution aux probl&#232;mes
de la soci&#233;t&#233;. Cela souligne aussi
que les &#233;lections, cela ne suffit pas. Le
Forum social n'est pas con&#231;u pour faire
&#233;lire des gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Quelle est la place de la Chine
dans le processus du Forum social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Depuis le FSM de Mumbai, en
2004, un petit nombre de militants chinois
participent aux Forums. C'est un
terrain &#224; d&#233;velopper car ils sont encore
peu nombreux, mais aussi car la pr&#233;sence
directe ou indirecte du gouvernement
chinois se fait encore sentir dans
ces ONG. En effet, la Chine pratique un
capitalisme d'&#201;tat qui exerce un contr&#244;le
tr&#232;s fort sur toute la soci&#233;t&#233;. Il y reste
beaucoup de chemin &#224; faire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Quelles sont les relations entre
le FSM et le Forum &#233;conomique mondial
(FEM) de Davos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Le FSM est n&#233; pour montrer qu'il y
avait une alternative &#224; un monde soumis
&#224; la logique du march&#233;, sc&#233;nario adopt&#233;
par le FEM comme le seul possible.
C'est la raison pour laquelle le FSM
avait lieu exactement aux m&#234;mes dates
que Davos. Cependant, le FSM n'&#233;tant
pas un mouvement ou une organisation
avec une &#171; direction &#187;, il ne pouvait pas
avoir des &#171; relations &#187; avec Davos. Chacun
existait dans sa dynamique propre.
Davos pouvait, et il l'a fait, mettre dans
son agenda des th&#232;mes discut&#233;s au
FSM. Mais cela &#233;tait leur d&#233;cision, autonome
par rapport au FSM.
On commence aujourd'hui &#224; consid&#233;rer
qu'il ne vaut plus la peine d'organiser le
FSM aux m&#234;mes dates que Davos, puisque
dans le processus du FSM, on critique
le syst&#232;me dominant comme un tout, en
se r&#233;f&#233;rant non seulement &#224; Davos mais
&#224; tous les instruments dont le syst&#232;me
dispose pour maintenir sa domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&amp;C : Beaucoup de leaders d'ONG,
des cardinaux, des chanteurs, pr&#233;f&#232;rent
se faire inviter &#224; Davos plut&#244;t que
par le FSM ? Comment l'expliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CW&lt;/strong&gt; : Le FEM de Davos invite ceux dont
il veut tirer profit du prestige. Le FSM
n'invite personne, vient qui veut et qui
peut. C'est un choix que nous proposons
aux gens, de s'identifier &#224; l'une ou l'autre
des options pour la vie sur la Terre.
Ceux qui pr&#233;f&#232;rent aller parler devant le
FEM, c'est leur choix. Un participant
illustre des premiers FSM, le pr&#233;sident
Lula, a d&#233;cid&#233; en 2003, apr&#232;s avoir &#233;t&#233;
&#233;lu pr&#233;sident de mon pays, d'aller &#224; Porto
Alegre et ensuite &#224; Davos. Il ne pouvait
pas se faire le porte-parole de ceux
qui &#233;taient r&#233;unis &#224; Porto Alegre, puisqu'il
&#233;tait conscient que le FSM n'a pas
de porte-parole. Mais il avait le droit de
parler au nom des Br&#233;siliens. A-t-il &#233;t&#233;
entendu ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chico Whitaker&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;entretien r&#233;alis&#233; par&lt;/i&gt; Antoine Sondag
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;en d&#233;cembre 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;a name=&quot;ar1&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt; Et si les Indign&#233;s&#8230;&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;par Chico Whitaker&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;i&gt; Suite aux crises en Islande et en Gr&#232;ce, apr&#232;s les Printemps arabes et face au marasme &#233;conomique et social, des
vagues de manifestations se propagent depuis mars 2011, dans diff&#233;rents pays du monde. Ils s'appellent euxm&#234;mes
les Indign&#233;s, en r&#233;f&#233;rence au manifeste de St&#233;phane Hessel &#171; Indignez-vous ! &#187;. Chico Whitaker se prend &#224;
imaginer l'&#233;volution de ces mouvements : comment relever le d&#233;fi d'une mobilisation au long cours ? Comment
cr&#233;er des liens plus &#233;troits avec le reste de la soci&#233;t&#233; ? &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt; 'ai fait un r&#234;ve. &#201;tais-je &#233;veill&#233; ou endormi ? Je ne le sais pas. Je voyais
les Indign&#233;s, de partout, commencer &#224;
lever le camp. Pas pour renoncer &#224; ce
qu'ils &#233;taient en train de faire, mais pour
changer de strat&#233;gie. Ils constataient
qu'ils s'isolaient de plus en plus du reste
de la soci&#233;t&#233;, celle-ci avait du mal &#224; les
comprendre ; les m&#233;dias de masse au
service du pouvoir dominant semaient le
doute sur leurs r&#233;elles aspirations et les
pr&#233;sentaient comme incapables de donner
des r&#233;ponses aux probl&#232;mes qu'ils
soulevaient, comme s'il s'agissait de jeunes
utopistes d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233;.
Il devenait alors facile de les traiter d'oisifs
et d'incons&#233;quents. Puis de voyous
et de drogu&#233;s. Les campements commen&#231;aient
&#224; &#234;tre vus comme des corps
&#233;trangers ind&#233;sirables au coeur des villes.
Certains m&#233;contents allaient m&#234;me
jusqu'&#224; faire rentrer dans les campements
les nombreux SDF qui vivaient
dans la rue. Ainsi, la soci&#233;t&#233; se mettait &#224;
accepter que la r&#233;pression cherche &#224; les
d&#233;loger, m&#234;me par la violence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la construction de propositions
et d'alternatives prenait du
temps comme dans tous les processus
qui s'autod&#233;terminent du bas vers le
haut tout comme la formulation de
nouvelles initiatives et
actions. Beaucoup de
ceux qui &#233;taient descendus
sur les places
publiques commen&#231;aient
&#224; fatiguer, y
compris physiquement,
alors que surgissaient
de nouvelles difficult&#233;s, comme
le froid et la pluie. Malgr&#233; les conf&#233;rences
et les discussions, les nombreuses
d&#233;couvertes, l'apprentissage de l'autogestion
et la solidarit&#233; grandissante, ils
se rendaient compte que, si int&#233;ressant
que f&#251;t le processus, il &#233;tait fort difficile
de maintenir ind&#233;finiment leurs campements,
et ce quand ce n'&#233;tait pas la r&#233;pression
qui les chassait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; guerilla civique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils d&#233;cid&#232;rent alors de commencer une
nouvelle phase de lutte, qu'ils appel&#232;rent
la &#171; gu&#233;rilla civique &#187;. Ils se mirent &#224;
organiser des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales
tous les quinze jours, le week-end, dans
diff&#233;rents endroits de la ville. Dans chaque
ville, un groupe se chargeait de
choisir le lieu de la prochaine assembl&#233;e.
Il avertissait alors du choix de l'endroit,
via diff&#233;rents r&#233;seaux sociaux,
mais seulement la veille de l'&#233;v&#233;nement
afin de rendre difficile la mobilisation de
la r&#233;pression. Quand ils arrivaient sur
place et que les forces r&#233;pressives les
attendaient d&#233;j&#224;, ils communiquaient de
bouche &#224; oreille la localisation d'un lieu
alternatif, d&#233;fini en secret &#224; l'avance.
Ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales duraient toute
une matin&#233;e ou tout un apr&#232;s-midi. Elles
&#233;taient d'abord une occasion festive de
se retrouver, mais le but principal &#233;tait
l'&#233;change d'id&#233;es et d'informations sur les
lieux o&#249;, le week-end suivant, tous organiseraient
simultan&#233;ment mais de fa&#231;on
d&#233;centralis&#233;e les activit&#233;s qui jusqu'alors
se d&#233;roulaient dans les campements.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;La construction
de propositions alternatives
et la formulation
de nouvelles initiatives
prennent du temps.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Investir la ville&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le week-end suivant, donc, ils se r&#233;partissaient
dans la ville ; chaque Indign&#233;
ou groupe d'Indign&#233;s choisissant librement
la place publique qu'il investirait.
Ainsi ils &#233;parpillaient leur pr&#233;sence dans
la ville, sur un maximum de places diff&#233;rentes,
dans les quartiers du centre
comme dans la p&#233;riph&#233;rie ce qui, de
plus, rendait la r&#233;pression plus difficile.
Ce qui se passait alors sur ces places
publiques, ressemblait aux Forums sociaux
locaux : conf&#233;rences,
ateliers, d&#233;bats,
repr&#233;sentations th&#233;&#226;t
rales , mus ique,
danse, projections de
films&#8230; Chaque activit&#233;
&#233;tait pr&#233;par&#233;e par
les Indign&#233;s qui la proposaient
et qui apportaient sur place le
mat&#233;riel n&#233;cessaire &#224; sa r&#233;alisation. Ils
montaient des cr&#232;ches pour veiller sur
les enfants et les occuper avec des activit&#233;s
&#233;ducatives.
En amont de ces activit&#233;s, ils contactaient
des intellectuels et des militants
afin qu'ils apportent un &#233;clairage sur les
questions qui se posaient. Ils demandaient
aux mouvements, associations et
ONG de raconter ce qu'ils faisaient et de
d&#233;crire les nouvelles id&#233;es qu'ils proposaient
et exp&#233;rimentaient en mati&#232;re
d'&#233;conomie, de politique, de d&#233;mocratie.
Ils invitaient des personnes afin qu'elles
livrent leurs t&#233;moignages de vie et de lutte.
Ils conviaient des auteurs de films et de
pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, des musiciens et des
artistes, pour qu'ils viennent se produire
et d&#233;battre sur la place publique.
Beaucoup se donnaient la peine de se
rendre, la semaine pr&#233;c&#233;dant l'&#233;v&#233;nement,
dans le quartier o&#249; ils allaient organiser
les activit&#233;s afin de se pr&#233;senter
aux habitants. Ils leur expliquaient pourquoi
ils faisaient cela, pourquoi ils s'&#233;taient
appel&#233;s les &#171; Indign&#233;s &#187;, quelle
utilit&#233; ce qui allait se d&#233;rouler aurait pour
les habitants. Ils discutaient ensemble
de ce qui, selon ces derniers, n'allait pas
dans leur quartier, dans leur pays, dans
le monde. En montrant que l'on pouvait
changer les choses, ces Indign&#233;s cherchaient
&#224; allumer chez les gens du quartier
une flamme d'espoir, l'espoir qu'&#171; un
autre monde est possible, et m&#234;me n&#233;cessaire
et urgent &#187;. Et ils les invitaient &#224;
participer &#224; la rencontre qui aurait lieu
sur la place publique, pour se conna&#238;tre
et r&#233;fl&#233;chir aux solutions possibles des
probl&#232;mes dont ils souffraient. Avant de
commencer une rencontre de quartier,
toujours fix&#233;e dans un endroit accessible
&#224; tous, ceux qui s'y retrouveraient prenaient
le temps de monter le programme
de la journ&#233;e. Quand le temps ou l'espace
disponibles ne suffisaient pas, ils
transf&#233;raient simplement certaines activit&#233;s
&#224; la rencontre suivante, qui aurait
lieu 15 jours plus tard, o&#249; elles avaient
alors la priorit&#233; dans la programmation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobiliser les habitants des quartiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans mon r&#234;ve, je voyais ces rencontres
de quartier se multiplier, dans toute la
ville, soulevant une grande vari&#233;t&#233; de
questions et de th&#232;mes. Il y avait des
conf&#233;rences et des ateliers sur le fonctionnement
pervers de l'&#233;conomie globalis&#233;e
et sur l'absurdit&#233; de l'utilisation de
robots pour d&#233;cider des investissements
en bourse, d&#233;truisant ainsi de mani&#232;re
irresponsable les &#233;conomies nationales.
Il y avait des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre qui d&#233;non&#231;aient
la sp&#233;culation immobili&#232;re rendant
impossible une solution au probl&#232;me du
logement pour tous. Il y avait des d&#233;bats
sur la fa&#231;on dont le syst&#232;me capitaliste
cherche &#224; r&#233;soudre ses crises, faisant
toujours en sorte que ce soit les plus
pauvres qui payent. Il y avait des discussions
sur la logique du syst&#232;me qui fait
que tout - m&#234;me la vie, le corps, la maladie
est transform&#233; en moyen de gagner
de l'argent. Il y avait des d&#233;bats sur la
n&#233;cessit&#233;, lors d'&#233;lections, de chercher
collectivement comment &#233;lire le meilleur
candidat, et sur la n&#233;cessit&#233;, une fois le
candidat choisi &#233;lu, de continuer &#224; accompagner
son action et &#224; l'aider au lieu
de l'abandonner parmi les loups pour
qu'il soit mang&#233; par les loups ou qu'il se
transforme lui aussi en loup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moigner, d&#233;battre et r&#233;agir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On projetait des films didactiques qui
montraient comment le consum&#233;risme et
son exacerbation font tourner de plus en
plus vite la machine industrielle, incitant
au gaspillage, produisant des biens mat&#233;riels
toujours moins durables, consommant
toujours plus de ressources naturelles,
br&#251;lant toujours plus d'&#233;nergie et
polluant toujours plus la plan&#232;te ; mais
aussi comment des consommateurs
conscients et organis&#233;s peuvent stopper
cette machine infernale. On discutait sur
la n&#233;cessit&#233; de respecter la nature et de
vivre en harmonie avec la Terre M&#232;re et
avec les autres &#234;tres humains. On expliquait
ce que sont les biens communs de
l'humanit&#233; et pourquoi ils
ne peuvent &#234;tre privatis&#233;s.
On montrait aussi qu'il est
possible d'avoir des monnaies
alternatives comme
moyen d'&#233;change, qui
nous lib&#232;rent de l'esclavage
de l'argent et de
l'app&#226;t du gain. On pr&#233;sentait des
moyens de transport alternatifs et on
montrait l'&#233;norme quantit&#233; de fonds publics
engouffr&#233;s dans de grands travaux
destin&#233;s &#224; faciliter la circulation des voitures,
au d&#233;triment du transport collectif.
On projetait des documentaires sur les
luttes men&#233;es contre l'injustice et l'in&#233;galit&#233; ; sur les conditions de vie des
pays pauvres dans un contexte o&#249; l'on
sp&#233;cule sur le prix des aliments et o&#249;,
dans les pays riches, on en jette aux
ordures de si grandes quantit&#233;s ; sur les
raisons pour lesquels les pays pauvres
sont toujours plus pauvres, sur les drames
v&#233;cus par les immigr&#233;s et les dangers
qu'ils courent lorsqu'ils cherchent &#224;
rejoindre les pays riches et sur le nombre
de morts parmi ceux qui tentent de
le faire. On discutait des moyens de r&#233;agir
face &#224; l'absurdit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique
dominant, en le contestant par
la d&#233;sob&#233;issance civile ou d'autres types
d'action de r&#233;sistance. On expliquait
pourquoi la g&#233;n&#233;ration d'&#233;nergie gr&#226;ce &#224;
des r&#233;acteurs nucl&#233;aires est la mani&#232;re
la plus dangereuse de chauffer de l'eau
pour produire de la vapeur afin de faire
tourner les turbines. On pr&#233;sentait les
risques que nous faisons courir aux g&#233;n&#233;rations
futures avec les d&#233;chets nucl&#233;aires.
On r&#233;fl&#233;chissait sur les m&#233;canismes
qui font que la corruption augmente
toujours plus au sommet de la
pyramide du pouvoir et de la richesse,
tout comme augmente la voracit&#233; et
l'ambition des puissants.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faire dispara&#238;tre
la s&#233;paration entre
activit&#233; politique
et vie quotidienne.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; avec les luttes en cours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et on racontait que des luttes &#233;taient en
cours dans la ville et qu'il y avait un besoin
de solidarit&#233;. On pr&#233;sentait les objectifs
des diff&#233;rents mouvements sociaux
existant dans le pays et dans le
monde. On d&#233;crivait les alternatives
existantes pour arr&#234;ter d'utiliser le Produit
int&#233;rieur brut comme mesure de la
richesse d'un pays et les pi&#232;ges dans
lesquels les pays tombent quand ils placent
comme objectif national
la croissance purement
&#233;conomique ; on
discutait sur ce qu'est
vraiment la richesse d'un
pays. Ces th&#232;mes et
beaucoup d'autres, d'int&#233;r&#234;t
local, national ou mondial,
&#233;taient d&#233;battus lors de ces rencontres.
Les gens allaient et venaient,
comme cela se passe dans les Forums
sociaux, entre les affiches, les expositions
et les projections qui pr&#233;sentaient
des photos, des dessins, des textes et
des t&#233;moignages sur ce qu'il faut savoir
pour &#234;tre acteur de son propre destin.
Simultan&#233;ment, de petits groupes se
r&#233;unissaient pour organiser le lancement
d'initiatives et de mobilisations dans leur
quartier et dans la ville, pour r&#233;fl&#233;chir
aux formes d'action qui peuvent am&#233;liorer
rapidement les difficult&#233;s du quotidien
des gens.
La richesse de l'information transmise
&#233;tait telle que la nouvelle de ces rencontres
se r&#233;pandait et les habitants des
diff&#233;rents quartiers commen&#231;aient &#224; participer
aux rencontres de quartiers voisins
et &#224; demander aux Indign&#233;s qu'ils
promeuvent des rassemblements de ce
type dans leurs propres quartiers. Et ils
commen&#231;aient m&#234;me &#224; accueillir ceux
qui venaient &#224; eux, en leur offrant un
abri et de quoi manger et en ouvrant
leurs garages &#224; des activit&#233;s plus r&#233;duites.
Petit &#224; petit les associations, les
ONG et les mouvements locaux et nationaux
commen&#231;aient eux aussi &#224; faire
appel aux Indign&#233;s, demandant l'opportunit&#233;
de pr&#233;senter &#224; un public plus large
ce qu'ils exp&#233;rimentaient et d'expliquer
les innovations qu'ils cherchaient &#224; introduire
dans la vie de la cit&#233; pour am&#233;liorer
l'existence de gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transformer les places publiques
en universit&#233;s ouvertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voyais rapidement toutes les places
publiques des villes se transformer, tous
les 15 jours, en universit&#233;s ouvertes o&#249;
tous ceux qui le souhaitaient pouvaient
venir pour apprendre et enseigner, pour
chercher &#224; comprendre ce qu'il se passait
autour d'eux et redonner un sens &#224;
leur vie. C'&#233;tait comme une vague puissante
qui venait baigner jusqu'aux moindres
recoins, dans une ambiance
joyeuse. Et je voyais s'op&#233;rer un rapprochement
entre &#171; militants &#187; et habitants,
au del&#224; des pr&#233;jug&#233;s et malgr&#233; des institutions
d&#233;natur&#233;es, faisant aussi dispara&#238;tre
la s&#233;paration entre activit&#233; politique
et vie quotidienne.
Mais j'ai commenc&#233; &#224; me dire que ce
n'&#233;tait plus un r&#234;ve mais un d&#233;lire quand
des militants de partis politiques et de
syndicats commenc&#232;rent &#224; fr&#233;quenter
ces rencontres, sans pr&#233;tendre les instrumentaliser
pour servir leurs propres
objectifs, ni les utiliser pour enr&#244;ler de
nouveaux membres, mais bien pour apporter
leur solidarit&#233; &#224; ceux qui se r&#233;unissaient,
pour apprendre et amplifier
leurs perspectives d'action. Et l'impression
de nager en plein d&#233;lire s'est renforc&#233;e
quand j'ai vu que ces rencontres
commen&#231;aient &#224; inverser les tendances
des &#233;lections en cours&#8230;
Je l&#233;vitais presque de bonheur voyant
ce qui se passait dans mon r&#234;ve, quand
quelqu'un me r&#233;veilla soudainement.
C'&#233;tait un jeune qui venait me raconter,
tout enthousiaste, ce que les Indign&#233;s
de Barcelone, en Espagne, &#233;taient en
train de faire. Et ce qu'il commen&#231;a &#224; me
raconter ressemblait fort &#224; ce dont j'avais
r&#234;v&#233;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, le chemin est long. Mais il est
beau. Et beaucoup de gens sont d&#233;j&#224; en
train de le parcourir. Continuons donc &#224;
r&#234;ver &#233;veill&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chico Whitaker&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;*Chico Whitaker, n&#233; en 1931 au Br&#233;sil, architecte de formation, est l'un des organisateurs du Forum social
mondial (&lt;a href='http://www.forumsocialmundial.org.br/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.forumsocialmundial.org.br&lt;/a&gt;), militant altermondialiste et ancien secr&#233;taire ex&#233;cutif de la
Commission br&#233;silienne Justice et paix. Il est r&#233;cipiendaire du prix Nobel alternatif en 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item>
		<title>The Dakar World Social Forum (7-11 February 2011)</title>
		<link>http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article808</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article808</guid>
		<dc:date>2012-02-03T11:50:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Contact</dc:creator>

<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique56">Monthly publication</category>


		<description>The economic, political, environmental crises have obliged us to question modes of living, of production, of consumption. Faced with globalization that excludes, the World Social Forum proves to be a formidable laboratory wherein the exchange of reflection and experience among actors of social change enables one to interpret the world and to act better for human and solidarity-based development. In this collective text, several members of the Development and Civilisations International (...)

-
&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique56" rel="directory"&gt;Monthly publication&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;The economic, political, environmental crises have obliged us to
question modes of living, of production, of consumption. Faced with
globalization that excludes, the World Social Forum proves to be a
formidable laboratory wherein the exchange of reflection and experience
among actors of social change enables one to interpret the world and to
act better for human and solidarity-based development. In this
collective text, several members of the Development and Civilisations
International Network provide us with their analyses of themes which
mobilize people today&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sommary :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ed' class='spip_ancre'&gt;Editorial&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar' class='spip_ancre'&gt;&quot;The Dakar World Social Forum (7-11 February 2011)&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar1' class='spip_ancre'&gt;&quot;Feed-back on field experiences: our activities at the WSF&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;ed&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Editorial&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;by Antoine Sondag&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A Second Wind&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;There's a bit of emotion here as
I inaugurate my task as editorin-
chief of this periodical in the
wake of my great predecessors.
In the service of the readers of
this instrument of the Lebret
Network -grassroots actors who
identify themselves with the
vision of a human economy.
What has prepared me for this?
My vocation as priest with
decades of service to diverse
associations. And today, in the
service of international solidarity
within Caritas-France, better
known in France as Secours
catholique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;I could not inaugurate this role any
better than with this issue on the
World Social Forum. Ten years
after its founding, what are the new
challenges for this WSF, which
brings together alter-globalists who
aspire for another world and who act
in order to make it happen?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Where is the WSF going? What
seems to be a fact is that it remains a
space for exchanges, debates and is
still not yet tempted to be transformed
into a &#171; movement of movements &#187;.
But it is looking for a new wind after
some ten editions. It exists through
specialized forums for teachers, for
local governments, for theologians &#8230;
new ways to develop further. One risk
is undoubtedly that of a huge attempt
to take over this initiative. The Davos
World Economic Forum, parallel to
which the WSF was created originally,
continues its way, co-opting in the
process civil society leaders, Cardinals
and rock singers. &#8230; Is it better to be
invited to the WSF or to Davos? The
new world will be constructed from
bottom to top, by everyone, and that has
already started.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antoine Sondag&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;antoine.sondag@lebret-irfed.org&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;ar&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Dakar World Social Forum (7-11 February 2011)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;i&gt;The economic, political, environmental crises have obliged us to
question modes of living, of production, of consumption. Faced with
globalization that excludes, the World Social Forum proves to be a
formidable laboratory wherein the exchange of reflection and experience
among actors of social change enables one to interpret the world and to
act better for human and solidarity-based development. In this
collective text, several members of the Development and Civilisations
International Network provide us with their analyses of themes which
mobilize people today&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;In 2001, the idea of gathering together
members of civil society for the first World
Social Forum (WSF) in Porto Alegre, Brazil
may have seemed utopian. Especially
since the initiators announced this
gathering as an alternative to the Davos
Forum, this assembly of the &#171; masters of
the world &#187; in the context of a more and
more assertive economic globalization. As
if to underline better this alternative, some
met again in this luxurious winter-sports
resort in Switzerland, and the others, for
the first time, in the south of Brazil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_The Brazilian initiators, committed persons
with concrete experiences, their declared
project was to widen the field of
possibilities. The slogan which was then
adopted and maintained through the years, &quot;Another world is possible&quot;, sums up a
conviction as much as an ambition. The
interest across the world became affirmed
through the years, the organization, too: to
establish a &quot;forum&quot;, in order to address
experiences and analyses on the world
level&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf.Chico Whitaker's article in Faith and D&#233;velopment, No. 313, May 2003 (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Forum &#8212; this means a place, a time,
which, according to the first affirmation of
the Charter of principles governing the
WSFs, is &quot;an open meeting place for
reflective thinking, democratic debate of
ideas, formulation of proposals, free
exchange of experiences and interlinking
for effective action&quot;. Thus, in contrast to
a congress, there is no synthesis nor final
resolution at the end of such meeting, and
has no decision-making character as WSF.
On the other hand, it can allow different
organizations acting for the same cause to
create alliances and make resolutions in
view of common action. Thus, in Dakar, a
dozen convergence assemblies have
expressed articulations among the
different workshops on related themes and
have come up with ideas for common
action. Those are the only explicit results
which are published in the name of the
WSF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thus, ten years later, what could have
seemed an initiative with a bleak future
has proven itself otherwise: the adventure
continues&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='The world Social Forum is now held every two years. Between 2 (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;, countries have volunteered to
host and organize meetings. In the
absence of an evaluation of experiences,
we want to assess certain facets of the
annual rendezvous that we have been able
to perceive in Dakar, more particularly
those relating to the concerns of our
Development and Civilizations
International Network.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Let us first of all give the floor to Chico
Whitaker, one of the founding fathers of
the WSF, who &quot;by simplifying a very rich
experience in construction&quot;, identifies
&quot;five principal innovative options for the
WSF process&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Interview realized by S. Ferrari of the press office E-CHANGER, on their (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&quot;.
. _ &quot;It is, first of all, about the creation of
these spaces for debate on the
international level. Before, it did not exist
and each organization, campaign or
movement organized its own meetings,
including those on a world level. But we
did not have common spaces for
everyone, around a principal objective that
we shared.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Another innovation: the organization of
this space, in order to facilitate mutual
recognition and apprenticeship, the
exchange of experiences, the identification
of convergences and the possibility of new
alliances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The third novelty is being able to begin to
consider as a positive element in the
political struggle, the diversity of action and
the autonomy of different actors. Respect
of diversity is one of the basic principles of
the WSF Charter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;No less important is building up a new
political culture, based on the horizontality
of relationships, on co-responsibility, on
the special concern not to impose but to
dialogue, on the search for consensus
which makes us all happier and stronger.
A political culture which corresponds
with the other possible world.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The fifth novelty is a point, still in gestation
but which is slowly progressing: the
affirmation of alterglobalism as a multiform
movement with multiple and diverse
facets, which enlarges political action
beyond party limits and political power. An
affirmation based on the conviction that
parties cannot claim to have the monopoly
of political action and that the action that
will effectively transform the world would
have to involve all social sectors and each
member of society.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Marching towards another world&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Sub-titles taken from la Flamme d'Afrique (African Flame), daily paper in 3 (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sunday, 6 February 2011, the WSF &quot;was
launched&quot; by a great march in the Dakar
city-center. The tone was given:
constituted groups or individual marchers,
popular music and dansers, young and
less young coming from 143 countries&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Organizers' evaluation: around 70.000 persons representing 1.200 (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.
The banners mostly announced the
themes that would be dealt with within the
week; others, simple slogans on sheets of
carton, recalling some African problems:
&quot;For the liberty of circulation&quot; or &quot;Me, a
child, I am not a commercial activity&quot; or
even &quot;War: we women are fed up, fed up,
fed up!&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='One country out of two on the African continent has experienced war since (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_And the colours! A multicoloured crowd,
the youth all made-up, from different
continents. A total intermingling of races.
And especially the women's &quot;boubous&quot;:
uniform to mark the unity or harmonious
diversity, to signify their force and carry
their demands and their hopes. It is,
above all, Africa, and especially Western
Africa, which occupied the streets to mark
the entry of a will to become visible to all,
to other participants, to the inhabitants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_Some hours later, the opening of the tenth
WSF would take place in the campus of
the Cheikh Anta Diop University. The next
days would confirm the massive
participation of organizations from Senegal
and the other neighbouring countries:
Mali, Mauritania, Togo &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &quot;Dakar opens a world without walls&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The participants largely debated on the
issue of migration, considering that here
was a reality that concerns all countries,
particularly those from the South that
receive the quasi-totality of intercontinental
movements of populations. The policies of
Northern countries towards migration from
Southern countries was denounced, whose
figure represents less than 5% of the
mobility among world residents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_The discussion covered situations in their
globality, with a particular view on the
population movements between the
Sahelian region and the coastal countries
of West Africa, partly responsible for the
recent conflicts, or on the rejection of
migrants by South Africa. Another African
particularity: difficult relationships within
the same population divided by arbitrary
borders resulting from colonisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mostly led by migrant associations of
Southern countries and in the continuity of
the meetings held in the different
continents since 2006, the discussions in
Goree Island on 4 February 2011
concluded with a declaration of the World
Migrant Charter. This Charter has the
ambition of asserting the right for all to
freely circulate and settle on our planet,
with the hope &#8211; utopian, for the moment &#8211; ,
access to education, the right to vthat one
day, a universal passport will be
established. Beyond this general objective
of free circulation whose feasibility is not
immediate, the Charter enumerates a
certain number of migrant rights: the right
to obtain work and security, access to land,
access to health servicesote in local
elections. The migrant organizations and
allied NGOs which could relate to this
Charter were able to map out a plan of
action to promulgate migrant rights and to
deal with the ostracism that they are
subjected to in many countries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_&lt;strong&gt;&quot;Putting an end to poverty&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Many well attended workshops were
related to farming and food selfsufficiency.
And the women came in great
numbers. &quot;The African woman takes on
family responsibilities without the
necessary means.&quot;, a Mauritanian
woman reminded us. An association
posted up : &quot;The land is my life; hands
off my land&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='In Sub-Saharan Africa, the women assure 70% of food production and 60% of (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;!&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;At the heart of these debates was the
diminution of farmers' lands due to
expulsions related to urban development,
but especially due to the land-grabbing of
the best agricultural lands by private
companies or by foreign countries&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. D&#233;velopment and Civilisations, NO.375, June, 2009 (www.lebret-irfed.org/spip.' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;. The
emergence of this theme, which is
relatively new, shows that the participants
use the WSF to confront their own
perceptions of actual problems, their
demands, their initiatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;They also denounced the dependence on
seed dealers, and more generally, on big
agribusiness, the over-exploitation of
mines and forests by big foreign
industries. The approaches were
concrete, oriented towards common
action. The presentation of community
and cooperative successes gave a lot of
dynamism to the debates.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The same is true concerning access to
water, a theme of several workshops.
One of them prepared for the 6th World
Water Forum, scheduled for 2012, in
Marseille, in order to allow organizations
that denounce the negative impacts of
water privatization on populations to be
heard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The importance given by participants to
these problems prove the continuing
relevance of Louis-Joseph Lebret's
concerns, from the 1950s, for the
satisfaction of basic needs&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Jalons pour une &#233;conomie des besoins, (Milestones for an economy of (...)' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Gender: many writings, but no significant change &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Women, always on the offside? &#187; was
the title of the 7 February 2011 issue of
&#171; La Flamme d'Afrique (African Flame) on
land ownership, for the question of gender
is crucial to it: women are excluded by
regulations, but even more often, by the
weight of tradition. And yet, the sessions
dealing with agriculture, habitat, urban
areas and territories, solidarity-oriented
economy, etc., gathered a great proportion
of women. They spoke up, debated with
conviction, presented their activities and
community projects. Only a few
workshops had specifically feminine or
feminist subjects, but the women made
use of different themes showing their
effects on their daily lives as farmers,
craftswomen, mothers or heads of family,
as heads of associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;These were also the numerous women we
found holding small stalls lining the
discussion areas. There was no complaint
over this open-air commerce which
sometimes gave a festive air to the Forum,
others were even pleased with it: a textile
vendor advertised her &#171; world social
boubou &#187;, sold there at the same place
where solidarity among persons from the
whole world was being built! Should we
deplore the fact that the Forum alleys were
invaded by a crowd of vendors or should
we, on the contrary, be happy that small
local commerce has also somehow
benefited from the economic effects of an
international event?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;For certain women, this
commercial activity was
also a form of participation.
Some presented their
association's activities,
gathered signatures for
their manifestos, or sold
collectively-made products.
Others explained the fact
that the sale of objects
financed their trip or their
stay.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Political elites, a principal barrier to
development &#8230; &quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Under the effect of popular uprisings
against dictatorial governments in Tunisia
and in Egypt, the theme &quot;Democracy and
Participation&quot; took a higher resonance.
As climax, the closing of the Forum
coincided with the announcement of
Mubarak's departure from Egypt! These
mobilizations for more justice and citizen
participation gave a particular depth to the
exchanges on the practice of governance
and on the malpractices which make a
mockery of democratic principles. Indeed,
the assessment drawn up by the
participants show that there are still many
countries wherein, by means of electoral
fraud, pressures of all sorts, clientelism,
corruption and even sometimes
constitutional tampering, an oligarchy can
grab power and hold on to it. Some
organizations which made their own
observations on elections testified to the
complacency of old guardianship
authorities and international organizations
in favour of maintaining established
powers and have recommended a
sustained vigilance for 2011 and 2012,
when presidential elections will be taking
place in several African countries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Several participants reminded us that, if
elections are determinants in putting up a
democracy, they don't necessarily
constitute the sufficient conditions to
guaranteeing its functioning and
consolidation. Without waiting for the
electoral periods to mobilize, civil society
must involve itself, even more actively
between two elections, around the control
and follow-up of the handling of public
affairs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The debates also pointed out the link
between democracy and harnessing
economic development. But, the system
of free-exchange imposed by the World
Trade Organization (WTO) disadvantages
the developing countries whose natural
resources are in the hands of
multinationals without real returns for the
national economy and, in the final
analysis, the people. This neo-colonial
strategy, source of all influence-peddling
and financial haemorrhage, greatly
handicaps the development of these
countries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A coalition of NGOs, &quot;Publish what you
pay&quot;, is carrying out an international
campaign for clarity of
accounts of multinationals,
asking them to state in
detail the charges and
taxes really paid in the
country and to whom they
are paid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The option for participatory
democracy is now on the
agenda among local
groups as indicated by the
holding in Dakar, on the same dates as
the WSF, of the Local Government's
World Forum for social inclusion and
participatory democracy.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;The participants use
the WSF to confront
their own
perceptions of actual
problems.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Create solidarity actions for citizen
information&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Considering the difficulties met by groups
of committed citizens in making their
achievements known, some workshops
dealt with a theme which, until then, had
rarely been addressed: information, with
the objective of questioning the place of
traditional media and its uniformed world
vision and to identify alternatives for
citizen information. &#171; It is essential to
create a counterweight to the logic of
traditional media which now wants that it is
them who decide on what is to be spoken
of, on the manner to speak of them and on
what not to speak about. It is important to
reinforce the alternative sources of
information, citizens' vigilance, the
counter-expertise&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Sophie Gergaud and Myriam Meriant - RIMITO.' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&#187;. The current tools
of communication - cell phones, Internet or
Facebook - facilitate information. Their
massive use during the recent
mobilizations in Tunisia or in Egypt has
proven this. But the high rate of illiteracy
in many countries render inevitable the
village radios which have multiplied by 20
in 15 years, in West Africa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On the contrary, the debates have not
resulted in a common position as to the
necessity or non-necessity of building
convergences with traditional media. Is it
possible to create links in view of echoing
citizens'commitments? Or, are the
objectives too different or even conflicting,
to devote any time to them? In
conclusion, the priority cited in the
declaration of &#171; The right to inform and be
informed &#187;, remains the reinforcement of
alternative medium which say to as many
people as possible that another world is
building up.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;Which other world?&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Of Chico Whitaker's statements, we shall
retain the fact that the WSF allows for the
creation of spaces for debate on the
international level. The presentation of the
Haitian situation in workshops, at the
initiative of Haitian organizations, is an
illustration of this.
If the many participants, whatever their
country of origin may be, were informed of
the 2010 earthquake and its
consequences, here they
discovered the extent to which
the population was excluded in
the reconstruction process -
priority being given to
international NGOs, despite
the recognized capacity of
local associations, - the
dependence on Western
powers and international institutions
concerning the attribution of funds and
political choices&#8230; The speakers gave their
interpretation of the mechanisms which
create the state of dependence in which
the country is struggling, the reasons
which are both actual and historical (Haiti
has long time paid, in the literal as well as
in the figurative sense, the conquest by its
army of slaves, of independence against
French power). An analysis which
contrasted the often sordid ones diffused
after the earthquake. Popular initiatives
were mentioned: rural-urban mutual aid,
the hosting of displaced persons&#8230; The
associations are not giving up, they are
building alliances and Camille Chalmers&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Director of the PAPDA (Plateforme ha&#239;tienne de plaidoyer pour un (...)' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;,
animator of these workshops, presented
the project of holding, in Haiti, in 2012, a
Forum on Food Sovereignty.
Let us underline the specific importance of
the Dakar Forum for the African
participants: they actively prepared for it
during the preceding year. They looked for
financial means. Organized in caravans,
they sometimes crossed several countries&#8230; These men and women lived through a
unique life experience which cannot be
confused with that of NGO members and
big associations that are used to
international meetings.
Grassroots citizens, even when involved in
militant action, are usually confined as
such, in day-to-day realities: feeding the
family, paying for medical care, ensuring
employment, facing natural disasters&#8230;
Within the framework of a
Forum of free expression, they
find themselves able to
address a new economic
reality with a world dimension
which directly or indirectly
intervenes on this day-to-day
existence: the price of raw
materials, unemployment,
exclusion from knowledge and
from power, delocalization and social
dumping, fiscal evasion&#8230; The WSF has the primary interest of giving a voice to
those who &#8220;animate&#8221; the world.
These assemblies of dialogue give the
opportunity to field actors to situate their
territory in a global world. They render
possible the establishment of long-term
relations with other actors. They reinforce
one's capacities for analysis. These world
assemblies for ordinary men and women
are a source of hope and it is in this sense
that the WSF can convince, that another
world is possible.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Say to as many
people as
possible that
another world
is being built&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;lp&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;ar1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Feed-back on field experiences: our activities at the WSF&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Just as the 2004 Mumbai Forum in India was occasion to deal on religious extremism and its impact
on development, the World Social Forum which was held in Dakar in 2011 allowed us to address
human economy, governance and active citizenship, religious diversity and secularism. It was
interesting to address these issues &#8211; on which members of the Development and Civilizations
International Network are exchanging &#8211; with the diversity of analyses and experiences among the
Forum participants.
The multiplication of political and social crises have uncovered in several countries, the serious lack in
the practice of good governance and of democracy. These situations give rise to difficult or even
nonexistent citizen participation. With the aim of better analyzing and supporting the emergence of
processes rooted in the people, we organized a workshop which was nourished by three national
experiences of our Network members.
In India, L.A. Samy exposed the work carried out for 30 years now, by AREDS, a support
organization for rural development, so that marginalized social groups (the Dalits, women &#8230;) may
obtain their full rights as citizens and build up accession to political representation.
In the Democratic Republic of Congo, Achille Biffumbu, founder of an agro-ecological farm school,
explained his efforts at restructuring the social and economic tissue which was damaged by several
years of persistent intercommunal civil wars whose first victims have been the youth and the women.
In Madagascar, Lily Razafimbelo retraced the militant activities of the CCOC, a collective of civil
society organizations, whose objective is to offer citizen and concerted response to the political crisis
which, since 2009 has been undermining social cohesion and compromising development in the
whole country.
From these different situations, a common factor is evident: organized civil society must play an
important role, to conscienticize, train, organize citizens and demand that political leaders ensure that
institutions and laws really respond to the people's needs, without neglecting any particular group in
society.
And yet, a real danger exists, of getting &quot;taken over&quot; by the dominant structures in place. Lily
Razafimbelo insisted on the fact that, in order not to be tamed by the very people who are responsible
for the very situations that social mobilization wants to change, there's need to learn to take a stand
on principles regarding commitment and to resist the lure of money and power. It is the &quot;collective&quot;
that can guarantee that action remains aimed at the common good and can avoid manipulation.
Faced with the need to reflect on religious realities, as felt by many development actors, we coorganized
with ENDA and IFAPA a session on the link between religion and social change. The
speakers denounced the danger of &quot;double instrumentalization&quot; : the political arena that uses
religious discourse and/or institutions to serve its own interests and the religious sphere that tries to
infiltrate and to manipulate the political sphere. On this particular point, Sophie Bessis, Tunisian
researcher, stressed the need to reflect on a way that the religious sphere could somehow occupy
social space without being an obstacle to citizenship, taking up examples of Islamist states as well as
in the West or even in Brazil which has seen Christian churches intervene in electoral debates.
In view of the approach of L.-J. Lebret action and the Economy and Humanism movement, from
which our International network takes inspiration, we proposed a debate on human economy. The
evening was introduced by Chico Whitaker, a militant Brazilian alterglobalist and one of the organizers
of the World Social Forum, who particularly linked up with the WSF, &quot;the space for creating alliances
and exchanges&quot;, in order to reinforce the initiatives that puts back the economy at the service of the
human person. The debate then allowed the participants to show the way human economy is
manifested in the context of their own territories.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Footnotes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Cf.Chico Whitaker's article in&lt;i&gt; Faith and D&#233;velopment&lt;/i&gt;, No. 313, May 2003 (&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/IMG/pdf/Whitaker' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.lebret-irfed.org/IMG/pdf&#8230;&lt;/a&gt; Francisco 03.pdf).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-2' id='nb3-2' class='spip_note' title='Footnotes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;The world Social Forum is now held every two years. Between 2 editions,regional or local fora are organized.In 2010, 55 regional fora took place, 28 of which were Arab countries&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-3' id='nb3-3' class='spip_note' title='Footnotes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Interview realized by S. Ferrari of the press office E-CHANGER, on their site, entitled &quot;Five WSF innovations&quot;, 21 March 2011&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-4' id='nb3-4' class='spip_note' title='Footnotes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Sub-titles taken from &lt;i&gt;la Flamme d'Afrique&lt;/i&gt; (African Flame), daily paper in 3 languages (French, English, Arab) publisher by PANOS during the WSF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-5' id='nb3-5' class='spip_note' title='Footnotes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Organizers' evaluation: around 70.000 persons representing 1.200 organizations.&quot;80% of WSF participants generally come from countries of from the region where it is held, and Senegal has 15 times less inhabitants than Brazil&quot;, points Chico Whitaker on the Pekea site. the preceding year, 150 000 persons met in Belem, in Northern Brazil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-6' id='nb3-6' class='spip_note' title='Footnotes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;One country out of two on the African continent has experienced war since 1960, quite often civil wars. The number of daths are estimated at 9 milion, to which must be added the wounded, the women and children who were raped, the displaced&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-7' id='nb3-7' class='spip_note' title='Footnotes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;In Sub-Saharan Africa, the women assure 70% of food production and 60% of market sales. In &lt;i&gt;Pambazuka News&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-8' id='nb3-8' class='spip_note' title='Footnotes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. &lt;i&gt;D&#233;velopment and Civilisations&lt;/i&gt;, NO.375, June, 2009 (&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article309' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.lebret-irfed.org/spip.ph&#8230;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-9' id='nb3-9' class='spip_note' title='Footnotes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. &lt;i&gt;Jalons pour une &#233;conomie des besoins&lt;/i&gt;, (Milestones for an economy of needs), L-G. Lebret et G. C&#233;lestin, Economy and Humanism No.84, 1954 (&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article488' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.lebret-irfed.org/spip.ph&#8230;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-10' id='nb3-10' class='spip_note' title='Footnotes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Sophie Gergaud and Myriam Meriant - RIMITO.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh3-11' id='nb3-11' class='spip_note' title='Footnotes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Director of the PAPDA (Plateforme ha&#239;tienne de plaidoyer pour un d&#233;veloppement alternatif : Ha&#239;tian platform Advocating Alternative Development)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item>
		<title>La question religieuse en Indon&#233;sie </title>
		<link>http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article807</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article807</guid>
		<dc:date>2012-02-02T16:00:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Contact</dc:creator>

<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique46">Revue</category>


		<description>par Elga Sarapung(1). Sommaire : &#201;ditorial &quot;La question religieuse en Indon&#233;sie&quot; Libre-propos &quot;Pour aller plus loin&#8230;&quot; &quot;Construire une culture de paix en Papouasie par le dialogue&quot; &quot;Nos lecteurs nous &#233;crivent&quot; &#201;ditorial par Antoine Sondag Pas de paix mondiale sans paix entre les religions ! Un an apr&#232;s le printemps arabe, les r&#233;volutions se m&#233;tamorphosent en &#233;lections, en parlements, en nouvelles l&#233;gislations&#8230; Certains s'inqui&#232;tent : les promesses de la r&#233;volution ne vont-elles pas &#234;tre (...)

-
&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;Revue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Elga Sarapung&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Elga Sarapung est directrice de l'Institute of Interfaith Dialog in (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ed' class='spip_ancre'&gt;&#201;ditorial&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar' class='spip_ancre'&gt;&quot;La question religieuse en Indon&#233;sie&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#lp' class='spip_ancre'&gt;Libre-propos&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#e1' class='spip_ancre'&gt;&quot;Pour aller plus loin&#8230;&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#e2' class='spip_ancre'&gt;&quot;Construire une culture de paix en Papouasie par le dialogue&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#e3' class='spip_ancre'&gt;&quot;Nos lecteurs nous &#233;crivent&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;ed&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&#201;ditorial&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;par Antoine Sondag&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de paix mondiale sans paix entre les religions !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un an apr&#232;s le printemps arabe, les r&#233;volutions se m&#233;tamorphosent en &#233;lections, en parlements, en nouvelles l&#233;gislations&#8230; Certains s'inqui&#232;tent : les promesses de la r&#233;volution ne vont-elles pas &#234;tre vol&#233;es par les forces islamistes ? Qu'en sera-t-il du statut des femmes, des libert&#233;s d&#233;mocratiques, de la situation des minorit&#233;s ? Directement ou indirectement, la question de l'islam est pos&#233;e. Cet islam est-il compatible avec un &#201;tat pluraliste, s&#233;culier, d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos regards se tournent aussi vers Assise o&#249; s'est tenue ce 27 octobre une grande rencontre interreligieuse pour le 25&#232;me anniversaire de la premi&#232;re rencontre historique entre leaders des grandes religions et traditions spirituelles de la plan&#232;te, &#224; l'&#233;poque autour de Jean-Paul II.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro de notre revue, Elga Sarapung de Yogyakarta en Indon&#233;sie nous parle de la situation des religions dans ce pays, le plus peupl&#233; du monde musulman. On &#233;coutera cette voix, plut&#244;t critique, il faut le reconna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lecture de la revue soul&#232;ve la question de la contribution que nous apportons ou non au dialogue interreligieux. &#192; la place qui est la n&#244;tre, que faisons-nous ? Il n'y aura pas de paix mondiale sans paix entre les religions. Pas de paix entre les religions sans dialogue entre les acteurs impliqu&#233;s. Depuis les dignitaires religieux jusqu'aux moines de toutes robes, aux croyants de base, aux responsables d'institutions sociales li&#233;es ou non &#224; ces communaut&#233;s de foi&#8230;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;ar&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
La question religieuse en Indon&#233;sie&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;par Elga Sarapung&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;&lt;i&gt;L'analyse des soci&#233;t&#233;s contemporaines nous invite &#224; &#233;tudier l'impact et l'influence des religions sur la situation g&#233;opolitique et sociale de nos pays. Elga Sarapung d&#233;crit ici la situation in&#233;dite de l'Indon&#233;sie connue &#224; ce jour pour un certain degr&#233; de tol&#233;rance religieuse dans le monde musulman. Voix minoritaire et critique, Elga met plut&#244;t l'accent sur les discriminations qu'encourent les citoyens n'adh&#233;rant pas aux religions reconnues par l'&#201;tat. Cette articulation entre religions et &#201;tat soul&#232;ve un certain nombre d'enjeux qu'il faudra traiter si nous voulons construire pour tous, un monde de libert&#233;, y compris de libert&#233; religieuse.&lt;/i&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte, je d&#233;cris l'un des probl&#232;mes pos&#233;s, &#224; l'heure actuelle par les religions en Indon&#233;sie. Un parcours de l'histoire des religions dans ce pays m'am&#232;ne &#224; consid&#233;rer comme de la plus haute importance la question des relations entre les religions et l'&#201;tat. Ce probl&#232;me engendre plusieurs questions importantes, dont celles qui concernent les droits civils de nos concitoyens&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Formellement, un citoyen indon&#233;sien doit avoir une religion.&quot;avoir une (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A ce jour, il n'y a pas de changements significatifs dans la situation. Ainsi, la reconnaissance du confucianisme comme l'une des religions de l'Indon&#233;sie, portant &#224; six le nombre des courants religieux reconnus par l'&#201;tat, pose des probl&#232;me de citoyennet&#233; y compris pour ceux qui embrassent une religion ne faisant pas partie de ce groupe. De plus, on constate que de plus en plus de citoyens affirment ouvertement leur position : &#171; Je n'ai pas de religion &#187; ou &#171; Je ne suis membre d'aucune religion formellement reconnue &#187;. A cela s'ajoute la question des mariages interreligieux qui existent malgr&#233; les difficult&#233;s que soul&#232;ve l'Administration. Il y a encore de multiples contraintes &#224; la pratique de la religion : discrimination politique en terme de religion, reconnaissance incompl&#232;te de la libert&#233; religieuse, violence exerc&#233;e par une religion pour exclure d'autres groupes &#8211; religieux ou non &#8211; &#224; cause de leurs d&#233;nominations ou des croyances qu'ils professent. Malheureusement, l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire le gouvernement, favorise tous ces probl&#232;mes directement ou indirectement en les laissant perdurer ou en ayant recours &#224; des solutions partielles qui ne peuvent que mener &#224; des conflits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les citoyens sont oblig&#233;s d'embrasser une religion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Indon&#233;sie, tout citoyen &#171; doit &#187; avoir une religion, soit la religion de ses parents, soit celle d'un de ses parents si ceux-ci adh&#232;rent &#224; des religions diff&#233;rentes, soit une religion autre que celle des parents (ce qui est tr&#232;s rare).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;cision est d&#233;pendante de trois facteurs : premi&#232;rement, une imposition par les deux parents, deuxi&#232;mement, la demande de l'institution religieuse dont un parent (ou les deux) sont membres, troisi&#232;mement, une obligation venant de l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'imposition par les deux parents est ce que l'on entend par &#171; religion h&#233;rit&#233;e &#187;. Dans le deuxi&#232;me cas, il y a une demande orale &#233;manant de l'institution religieuse dont l'un ou l'autre parent est membre. Dans ce cas l'enfant doit &#234;tre &#171; enregistr&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le troisi&#232;me cas, o&#249; l'&#201;tat exige que chaque citoyen adh&#232;re &#224; une religion qui, &#224; mon avis, est &#224; la racine du probl&#232;me des religions en Indon&#233;sie : l'&#201;tat exige que chaque citoyen adh&#232;re &#224; une religion. C'est d'autant plus ridicule que la religion doit &#234;tre l'une des six auxquelles l'&#201;tat a accord&#233; une reconnaissance bas&#233;e sur des crit&#232;res qu'il a formul&#233;s. Par contre les religions non reconnues subissent des traitements discriminatoires de la part de l'appareil d'&#201;tat et des bureaucrates en g&#233;n&#233;ral. &#192; la racine du probl&#232;me se trouve la question : pourquoi serait-ce &#224; l'&#201;tat de d&#233;terminer le statut des religions ? Quelle est la comp&#233;tence de l'&#201;tat pour d&#233;terminer que &#171; ceci &#187; est une religion et &#171; cela &#187; ne l'est pas, que &#171; ceci &#187; m&#233;rite de vivre et de se d&#233;velopper en Indon&#233;sie et &#171; cela &#187; non ? Une religion non autoris&#233;e est donc une &#171; secte h&#233;r&#233;tique &#187; et par cons&#233;quent elle ne peut vivre et se d&#233;velopper en Indon&#233;sie ; elle doit rejoindre une religion autoris&#233;e. Pourquoi tant de citoyens n'ont-ils pas la libert&#233; de manifester et d'exprimer leur libert&#233; de choisir de ne pas avoir de religion ou d'opter pour une religion qui ne figure pas dans le groupe des six, tout en demeurant indon&#233;siens ? Quelle est la relation entre nationalit&#233; indon&#233;sienne et religion ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir une religion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le contexte indon&#233;sien se posent deux questions de base. Pourquoi les gens doivent-ils avoir une religion ? Qu'est-ce qu'une religion ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, et dit simplement, la religion est une situation qui regarde la relation entre un individu et Dieu &#8211; l'Un Transcendant, puisque toute le pouvoir religieux est consid&#233;r&#233; comme existant dans la transcendance. On dit de quelqu'un qu'il a une religion lorsqu'il a une &#171; relation &#187; avec Dieu, croit en Lui. Toutes les religions sont donc reli&#233;es &#224; ce qui est bon, juste, saint et sacr&#233; parce que Dieu est totalement le bien, le juste, le saint et le sacr&#233;. Et les gens qui ont une religion sont bons, justes, saints et sacr&#233;s. Par cons&#233;quent tout &#234;tre humain doit avoir une religion, car c'est la seule fa&#231;on pour lui d'&#234;tre consid&#233;r&#233; bon, juste, saint et sacr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, qu'est-ce que la religion ? La religion est un &#171; pouvoir &#187; ou un &#171; chemin &#187; qui lib&#232;re ; avoir une religion est donc une &#171; situation &#187; propre &#224; un &#234;tre humain qui est encourag&#233; &#224; faire des efforts coh&#233;rents pour se &#171; lib&#233;rer &#187;. Se lib&#233;rer de tout ce qui contraint &#224; l'injustice et &#224; la souffrance ; mais aussi de ce qui contraint des personnes &#224; devenir soit victimes soit auteurs d'actions dont d'autres sont les victimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci ne veut pas dire que nous ne reconnaissons pas les religions comme institutions&#8230; Notre exp&#233;rience, &#224; ce jour, d&#233;montre malheureusement que les religions sont prises au pi&#232;ge de leur fonction institutionnelle, ce qui fait qu'elles tendent &#224; lutter pour une position dans la soci&#233;t&#233;. Les religions ne sont plus consid&#233;r&#233;es ou appr&#233;ci&#233;es comme une valeur de &#171; lib&#233;ration &#187; de l'homme, lib&#233;rant les membres de la communaut&#233; d'une injustice sociale, politique ou &#233;conomique, ou les lib&#233;rant d'un fanatisme &#233;troit. Elles sont au contraire seulement per&#231;ues comme institutions&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'&#201;tat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A ce niveau de r&#233;flexion, il faut comprendre que la notion de religion ne peut se limiter &#224; l'&#233;tiquette de religion, telle qu'elle est superficiellement pr&#233;sent&#233;e par l'&#201;tat &#224; la communaut&#233;. Les religions sont d'une nature tr&#232;s ouverte et ne devraient pas &#234;tre d&#233;termin&#233;es par l'&#201;tat ; elles n'ont m&#234;me pas &#224; obtenir sa reconnaissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;galement, la &#171; dimension religieuse &#187; d'une personne ne peut &#234;tre mesur&#233;e par le seul fait qu'elle a &#233;t&#233; enregistr&#233;e ou non comme membre d'une &#201;glise. Le probl&#232;me pour nous, en Indon&#233;sie, est que, dans la vie quotidienne, seules les religions formellement reconnues par l'&#201;tat ont le droit de vivre et de se d&#233;velopper dans le pays. Tous les citoyens doivent avoir une religion, sinon ils seront accus&#233;s d'&#234;tre communistes (et non pas ath&#233;es), ou animistes (en ce qui concerne les adeptes des religions indig&#232;nes). Sans cette appartenance &#224; une religion reconnue, les gens seront confront&#233;s &#224; des contraintes dans leurs relations avec les diverses instances gouvernementales : mariage, travail, etc. Ils seront discrimin&#233;s. Ce type de traitement frappe non seulement ceux qui n'adh&#232;rent pas &#224; une des religions reconnues, mais aussi ceux qui adh&#232;rent &#224; une religion ne comptant que peu de membres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation pr&#233;vaut en Indon&#233;sie depuis des dizaines d'ann&#233;es. Elle a donn&#233; lieu &#224; de nombreux probl&#232;mes au point de vue religieux. Mais quelles le&#231;ons tirer de cette exp&#233;rience ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut esp&#233;rer que les religions ne deviennent pas quelque chose qui opprime la libert&#233; et ruine la conscience humaine. Ce qui serait le fait non des religions elles-m&#234;mes, mais de la connivence malsaine entre les religions et les pouvoirs publics. Cette &#171; lune de miel &#187; ou ce mariage malsains entre les deux institutions pourraient clairement se d&#233;celer en Indon&#233;sie. Les religions de quelque forme qu'elles soient sont facilement affect&#233;es ou utilis&#233;es &#8211; et cela n'est pas &#233;tonnant - par l'&#201;tat, par certains individus ou groupes pour des int&#233;r&#234;ts politiques ou autres, sacrifiant d'autres int&#233;r&#234;ts ainsi que la vie collective qui se d&#233;roulait bien jusque l&#224;. Les institutions religieuses ont &#233;t&#233; tr&#232;s vuln&#233;rables, car elles ont fonctionn&#233; comme un outil de l'&#201;tat pour poursuivre ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Institution religieuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 3 janvier 1946, le gouvernement indon&#233;sien cr&#233;a une institution religieuse appel&#233;e minist&#232;re des Affaires religieuses (actuellement connu sous le nom de d&#233;partement des Affaires religieuses, DEPAG). Cette cr&#233;ation &#233;tait le r&#233;sultat d'un compromis politique entre l'&#201;tat et les musulmans du pays, ces derniers ayant &#233;chou&#233; &#224; faire de l'Indon&#233;sie un pays islamique. Il n'est pas surprenant d&#232;s lors, que depuis le d&#233;but, la forme, la &#171; couleur &#187; et les politiques du DEPAG aient repr&#233;sent&#233; de mani&#232;re dominante les int&#233;r&#234;ts de la religion musulmane plut&#244;t que ceux des autres religions. Le r&#244;le et la fonction du DEPAG ne pouvaient pas &#234;tre tout &#224; fait neutres, &#224; cause de facteurs politiques divers dont le fait qu'il &#233;tait le r&#233;sultat d'une politique de compromis comme dit plus haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le DEPAG est devenu une institution aux pratiques clairement discriminatoires vis-&#224;-vis des religions autres que l'islam, y compris vis-&#224;-vis des croyances indig&#232;nes. Cela veut dire simplement que les autres religions, bien que certaines soient officiellement reconnues par l'&#201;tat (bouddhisme, hindouisme, protestantisme, confucianisme et catholicisme), ne b&#233;n&#233;ficient pas d'un traitement juste et &#233;quitable. Le DEPAG est incapable de remplir objectivement les obligations de l'&#201;tat vis-&#224;-vis des autres religions ou des diverses croyances &#233;tablies en Indon&#233;sie. Le DEPAG n'est pas apte &#224; servir, &#224; prot&#233;ger et &#224; aider les autres religions (juda&#239;sme, baha'i, sikhs, tao&#239;sme, parmalim, kaharingan, Sapta Darma, Sunda Witiwan et autres religions ou croyances) pour qu'elles gagnent le droit de vivre, de se d&#233;velopper et de poursuivre leurs activit&#233;s. Le confucianisme m&#234;me, qui depuis l'&#232;re d'Abdurrahman Wahid a acquis une reconnaissance officielle, n'a pas &#233;t&#233; jusqu'aujourd'hui bien servi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Outre l'&#201;tat, les institutions religieuses, elles aussi, doivent &#234;tre pass&#233;es en revue. La rigidit&#233; de leur bureaucratie ne fait qu'augmenter les probl&#232;mes religieux en Indon&#233;sie. Le plus souvent, les difficult&#233;s auxquelles doit faire face la soci&#233;t&#233; sur des questions religieuses viennent des institutions religieuses elles-m&#234;mes. Dans de nombreux cas, ces derni&#232;res ont pr&#233;f&#233;r&#233; se mettre du c&#244;t&#233; des autorit&#233;s ou du pouvoir plut&#244;t que d&#233;fendre les gens ou ceux qui ont besoin d'aide. Ces institutions sont corrompues par certains int&#233;r&#234;ts temporels et deviennent faibles lorsqu'elles doivent affronter le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus les limites mises aux fonctions et aux responsabilit&#233;s des institutions aussi bien religieuses que de l'&#201;tat pour r&#233;gler les affaires religieuses et sociales sont ambigu&#235;s et donc difficiles &#224; percevoir. Prenons l'exemple de la fatwa &#233;mise par le MUI (Conseil des oul&#233;mas d'Indon&#233;sie). S'agit-il d'un r&#232;glement &#233;manant d'une institution religieuse ou une d'institution &#233;tatique ? Quelle est l'essence d'institutions religieuses comme le MUI, le PGI (Communion des &#201;glises d'Indon&#233;sie) ou le KWI (Conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques d'Indon&#233;sie), si les choses restent en l'&#233;tat ? Quelle est la signification de telles institutions dans le contexte d'une communaut&#233; indon&#233;sienne pluraliste ? Pour &#234;tre plus sp&#233;cifique : quel est le sens des concepts d'&#201;glise et de communaut&#233; (quelle que soit la religion concern&#233;e) dans la dynamique d'une soci&#233;t&#233; indon&#233;sienne pluraliste ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une note de r&#233;flexion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me des religions en Indon&#233;sie est de toute &#233;vidence fort complexe. Ceci n'est pas seulement d&#251; &#224; l'interf&#233;rence de l'&#201;tat et &#224; la faiblesse des institutions religieuses, mais aussi au fait que la soci&#233;t&#233; n'est pas du tout pr&#234;te &#224; affronter la complexit&#233; multiforme du probl&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les institutions religieuses jouent encore un grand r&#244;le pour d&#233;terminer l'orientation des membres de leur communaut&#233;, &#224; travers les media religieux, comme par exemple les pr&#234;ches, les d&#233;cisions, la doctrine et le rituel. Cela veut dire que ceux qui se reconnaissent comme fid&#232;les d'une religion doivent suivre ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par l'institution religieuse concern&#233;e, qu'ils soient d'accord ou non. L'&#201;tat est en droit d'affirmer qu'il existe pour prot&#233;ger et g&#233;rer les communaut&#233;s religieuses. C'est un point essentiel inscrit dans la Constitution de 1945 portant sur la libert&#233; religieuse et sur les devoirs de l'&#201;tat vis-&#224;-vis de ses citoyens. Cette question est cependant ouvertement n&#233;glig&#233;e et n'est pas mise en pratique correctement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question ouverte est donc celle-ci : la vie religieuse en Indon&#233;sie requiert-elle gestion et protection de la part de l'&#201;tat ? Quel type d'&#201;tat ? Quel type de gestion ou de protection ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe des facteurs potentiels d'am&#233;liorations pour l'avenir. L'un d'entre eux est qu'un nombre croissant de gens se rendent compte du probl&#232;me ; ils portent un jugement critique et font l'effort de faire face et d'agir de mani&#232;re constructive &#8211; m&#234;me si c'est au prix de grandes difficult&#233;s &#8211; et arrivent parfois &#224; des r&#233;sultats positifs pour la vie de la communaut&#233;. En m&#234;me temps on voit l'&#233;mergence en Indon&#233;sie de groupes interreligieux qui se pr&#233;occupent du pluralisme &#8211; y compris religieux &#8211; dans la soci&#233;t&#233;. Il y a aussi une am&#233;lioration dans les politiques de l'&#201;tat, sp&#233;cifiquement en ce qui concerne la l&#233;gislation de la citoyennet&#233; et le d&#233;veloppement d'une dynamique &#224; l'int&#233;rieur du DEPAG lui-m&#234;me, et entre le DEPAG et les institutions religieuses, y compris les universit&#233;s et les ONG agissant dans le domaine interreligieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout cela nous permet d'&#234;tre positivement certains qu'il y aura en effet un changement en Indon&#233;sie. C'est un changement qui demandera des luttes constantes pour que la reconnaissance de la pluralit&#233; de notre nation devienne une attitude ouverte ayant un fort impact sur le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie en Indon&#233;sie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'espoir que nous avons : que la discrimination politique et la violence envers les religions, que la politique religieuse qui prend la communaut&#233; pour victime, diminuent pour ne plus se reproduire &#224; l'avenir. La vie des religions pourra &#234;tre une &#171; condition qui lib&#232;re &#187; un grand nombre de personnes des injustices et des atteintes aux droits de l'homme. Alors seulement les religions deviendront le pouvoir de lib&#233;ration vers un meilleur avenir dans le long terme. C'est pourquoi l'&#201;tat (l'appareil, les bureaucrates, le syst&#232;me) ne doit pas s'inqui&#233;ter ou avoir peur d'une communaut&#233; indon&#233;sienne pluraliste du point de vue religieux. &#192; l'exception des groupes qui pr&#244;nent le recours &#224; la violence &#8211; sp&#233;cialement une violence ouverte &#8211; pour exprimer leur fanatisme religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#201;tat doit changer de paradigme, d'attitude, revoir les politiques existantes qui ont des implications en terme d'injustice, de discrimination et de violence d'un groupe envers l'autre. En m&#234;me temps, les organisations de la soci&#233;t&#233; civile doivent construire un r&#233;seau fort et solide, que ces organisations travaillent dans le m&#234;me secteur ou dans des secteurs diff&#233;rents. Bref, la communaut&#233; doit renforcer sa capacit&#233; &#224; construire les &#233;tapes menant vers une Indon&#233;sie pluraliste &#8211; une communaut&#233; sans violence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elga Sarapung&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Traduction : Jacques Weerts&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;lp&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Libre propos&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les pays musulmans sont, depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations, tiraill&#233;s entre deux tendances oppos&#233;es : la modernit&#233; et l'acceptation des grands bouleversements soci&#233;taux contemporains d'un c&#244;t&#233; (preuve en est encore faite avec les r&#233;volutions arabes) et le fondamentalisme de l'autre c&#244;t&#233;, et tentent de trouver leurs &#233;quilibres propres, leurs histoires. Dans ces histoires, il y a le rapport des musulmans avec les minorit&#233;s religieuses. L'islam dans son livre sacr&#233; et d&#232;s le d&#233;part de son histoire reconna&#238;t plusieurs religions qui en principe doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;es. Aussi, les chr&#233;tiens et les juifs et m&#234;me les zoroastriens sont-ils consid&#233;r&#233;s comme Ahl al-Kit&#226;b (les Gens du Livre) et b&#233;n&#233;ficient en islam, d&#233;s le VIIe si&#232;cle, de la libert&#233; de culte (sous certaines conditions et &#224; un certain degr&#233; selon les &#233;poques et les r&#233;gions).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, le dialogue avec les autres religions du Livre a &#233;t&#233; une pratique &#224; l'&#233;poque m&#234;me du proph&#232;te Muhammad qui s'entret&#238;nt avec les chr&#233;tiens de Najran. Il existe ainsi des r&#232;gles en islam qui r&#233;gissent le principe de dialogue avec les non-musulmans. Le Coran pose les fondements du dialogue en ces termes : &#171; Et discute avec eux de la meilleure fa&#231;on &#187; (S1-v125) en prenant garde toutefois &#171; qu'ils (les non-musulmans) ne tentent de t'&#233;loigner d'une partie de ce qu'Allah t'a r&#233;v&#233;l&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le vivre ensemble est aujourd'hui un enjeu capital pour les pays musulmans. Sans renier les aspects culturels et historiques de leurs institutions politiques, ils doivent &#234;tre capable d'assumer la tol&#233;rance, l'acceptation de l'autre et la diversit&#233;, qui est s&#251;rement la caract&#233;ristique et la valeur ajout&#233;e majeure des pays musulmans du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est. L'Indon&#233;sie quant &#224; elle, qui participe activement &#224; la Conf&#233;rence islamique mondiale, est une force pour le monde musulman, car elle est la seule &#224; reconna&#238;tre des religions autres que le juda&#239;sme et le christianisme et est &#224; plusieurs &#233;gards beaucoup plus perm&#233;able &#224; l'apport d'autres religions que l'islam des pays arabes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amel Kaidi&lt;/strong&gt;, fran&#231;aise, musulmane &lt;br /&gt;&lt;i&gt;Stagiaire au Secours catholique&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;amel.kaidi@secours-catholique.org&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;e1&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;marches interreligieuses en faveur de la paix en Papouasie occidentale &#187;. Cette brochure de 45 pages a &#233;t&#233; publi&#233;e par Missio, une institution de l'&#201;glise catholique d'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A t&#233;l&#233;charger sur : &lt;a href='http://www.missio-hilft.de/media/thema/menschenrechte/studie/24-west-papua-fr.pdf' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.missio-hilft.de/media/th&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;e2&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Construire une culture de paix en Papouasie par le dialogue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;a Papouasie est la r&#233;gion la plus orientale d'Indon&#233;sie. Son peuple fait face &#224; de nombreux d&#233;fis depuis presque 50 ans. Question d'&#233;ducation : beaucoup y sont encore analphab&#232;tes ; de sant&#233; : une des r&#233;gions les plus affect&#233;es d'Indon&#233;sie par le HIV-Sida ; de niveau de vie : beaucoup y vivent dans la pauvret&#233;, alors que les ressources naturelles y sont abondantes (p&#233;trole, minerais, for&#234;ts&#8230;) ; de droits de l'Homme : beaucoup y ont &#233;t&#233; victimes de violations des droits de l'Homme ; de violence : de nombreux membres des communaut&#233;s y sont sujets &#224; des violences de la part des forces de s&#233;curit&#233; ; de stigmatisation : chaque fois qu'un Papou veut faire valoir son droit, il est accus&#233; d'&#234;tre s&#233;paratiste&#8230; De plus, les colons (de Java) alimentent des st&#233;r&#233;otypes stigmatisants : les locaux seraient paresseux, port&#233;s sur l'alcool et &#8230; de peau noire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation de la Papouasie a &#233;t&#233; prise &#224; bras le corps par les leaders religieux dans le pays. Les &#201;glises chr&#233;tiennes jouent un r&#244;le important pour d&#233;fendre les droits des Papous dans leur qu&#234;te de justice. Les &#201;glises r&#233;clament la justice et la v&#233;rit&#233;, au point que ces &#201;glises sont accus&#233;es de soutenir le mouvement s&#233;paratiste. D&#233;fendre les droits des populations papoues est devenu maintenant un combat collectif de toutes les religions. Toutes les religions, &#224; savoir l'islam, le bouddhisme, l'hindouisme, le protestantisme et le catholicisme, toutes sont engag&#233;es dans un travail commun pour construire la paix en Papouasie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'engagement des leaders religieux s'est manifest&#233; lors d'un atelier organis&#233; par la commission Justice et Paix (secr&#233;tariat des &#233;v&#234;ques catholiques de Jayapura) en novembre 2002. Cet atelier a accueilli des leaders religieux, des dirigeants d'ONG, des universitaires et des repr&#233;sentants du gouvernement. Le th&#232;me de l'atelier &#233;tait &#171; Construire une culture de paix pour la Papouasie &#187;. Depuis, le slogan &#171; Papouasie : terre de paix &#187; a &#233;t&#233; promu et de nombreuses activit&#233;s ont &#233;t&#233; organis&#233;es&#8230; Cela a &#233;t&#233; facilit&#233; par le Forum consultatif des leaders religieux (FKPPA) fond&#233; en 2006. Un pr&#234;tre catholique, le P. Neles Tebay, membre du FKPPA, a &#233;labor&#233; un concept de paix, avec des &#233;tapes concr&#232;tes, pour mettre fin aux conflits en Papouasie. Il a propos&#233; le dialogue comme moyen pour trouver des solutions aux probl&#232;mes&#8230; Dialogue entre ses concitoyens papous des diverses ethnies, religions et factions politiques ; dialogue entre les Papous autochtones et les migrants ; dialogue entre le gouvernement local et le peuple de Papouasie ; dialogue entre Jakarta (gouvernement central) et les autochtones qui vivent en Papouasie ou dans la diaspora&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elga Sarapung,&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Institut pour le dialogue interreligieux (Interfidei) &#224; Yogyakarta.
&lt;br /&gt;Extraits d'un article paru en Indon&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;e3&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nos lecteurs nous &#233;crivent&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dominique Lesaffre, responsable g&#233;ographique &#224; la Sidi&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La Sidi (Solidarit&#233; internationale pour le d&#233;veloppement et l'investissement) (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; , veut apporter des compl&#233;ments &#224; l'article Les errements de la microfinance publi&#233; dans le n&#176;396. Il nous propose les extraits ci-dessous de l'interview qu'il a donn&#233;e &#224; Alternatives internationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faillites, surendettement, suicides&#8230; Pourquoi le monde de la microfinance est-il secou&#233; &#224; ce point ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La microfinance a pris des formes diverses, mais ce qui domine aujourd'hui, c'est une industrie de masse, fonctionnant suivant une logique de march&#233; et o&#249; les taux d'int&#233;r&#234;t refl&#232;tent le rapport entre offre et demande. L&#224; o&#249; le march&#233; du microcr&#233;dit est satur&#233;, la chasse aux clients peut aussi pousser les op&#233;rateurs &#224; multiplier les offres all&#233;chantes et &#224; prendre de plus en plus de risques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'op&#232;re le contr&#244;le des IMF ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#233;largir sa client&#232;le et financer sa croissance, toute IMF (institution de microfinance) a besoin de capitaux &#224; un moment ou &#224; un autre. D&#232;s lors, la question est de savoir si cette institution peut s'ouvrir &#224; des capitaux ext&#233;rieurs tout en maintenant la vision sociale qui &#233;tait la sienne &#224; l'origine. La r&#233;ponse, g&#233;n&#233;ralement, est non, car les investisseurs publics et priv&#233;s dispos&#233;s &#224; soutenir cette vision et pouvant pr&#234;ter de l'argent bon march&#233; sont rares. Si ces capitaux ne peuvent que provenir d'acteurs priv&#233;s dont le principal souci est de maximiser leur retour sur investissement, l'institution de microfinance va &#234;tre contrainte de revoir sa politique de pr&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au P&#233;rou, la banque de microcr&#233;dit Confianza a connu un essor spectaculaire de son portefeuille &#224; partir de 2006 gr&#226;ce &#224; un apport massif de fonds ext&#233;rieurs. Ce faisant, elle a concentr&#233; son activit&#233; sur les emprunteurs urbains et d&#233;laiss&#233; le milieu rural, alors qu'elle pr&#233;tendait y r&#233;pondre lors de sa cr&#233;ation par une ONG rurale p&#233;ruvienne. Cette &#233;volution lui a permis de maximiser ses b&#233;n&#233;fices&#8230; pour le plus grand profit des actionnaires. Et comme il s'agit d'actionnaires &#233;trangers, l'argent n'est m&#234;me pas rest&#233; dans le pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet exemple est symptomatique d'une tendance aujourd'hui dominante dans le monde du microcr&#233;dit : le travail des d&#233;biteurs nourrit le capital des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on r&#233;sister et qui r&#233;siste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est difficile de r&#233;sister. Pour acc&#233;der aux capitaux internationaux, les IMF ont int&#233;r&#234;t &#224; obtenir une bonne note de la poign&#233;e d'agences de notation priv&#233;es dont les investisseurs suivent aveuglement les avis. Elles doivent se plier &#224; des crit&#232;res financiers qui r&#233;pondent surtout aux int&#233;r&#234;ts des investisseurs et &#224; des crit&#232;res sociaux tr&#232;s g&#233;n&#233;raux. Inversement, si les acteurs de la microfinance dans un pays donn&#233; veulent poursuivre des objectifs qu'ils ont d&#233;finis par eux-m&#234;mes en fonction des besoins identifi&#233;s sur le terrain, ils peinent &#224; trouver des partenaires. On rencontre souvent dans cette cat&#233;gorie des ONG, syst&#232;mes mutualistes d'&#233;pargne-cr&#233;dit ou encore des organisations paysannes ayant cr&#233;&#233; leurs propres instruments financiers&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces acteurs sont minoritaires mais ils se regroupent pour d&#233;fendre le droit souverain des pays du Sud de d&#233;finir leurs propres orientations, au sein d'alliances continentales telles que, en Afrique, le Microfinance African Institutions Network (Main) ou, en Am&#233;rique latine, le Foro Latinoamericano y del Caribe de Finanzas Rurales. Des r&#233;seaux qui se d&#233;marquent de forums internationaux tels que le Global Microfinance Investment Congress, entre-soi des investisseurs se rencontrant pour affiner leurs strat&#233;gies de placement et de prise de contr&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dominique Lesaffre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;d.lesaffre@wanadoo.fr&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Europe : Comment l'extr&#234;me droite profite de
&lt;br /&gt;la crise, Alternatives Internationales&lt;/i&gt;, n&#176;052,
&lt;br /&gt;septembre 2011, p. 70-71&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Elga Sarapung est directrice de l'Institute of Interfaith Dialog in Indonesia (Institut DIAN/Interfidei), le plus ancien des groupes de dialogue interreligieux existant en Indon&#233;sie. joanelga@yahoo.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh4-2' id='nb4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Formellement, un citoyen indon&#233;sien doit avoir une religion.&quot;avoir une religion&quot; veut dire ici qu'il faut choisir une des cinq religions reconnues par l'Etat : islamique, catholique, protestante, hindoue ou bouddhiste.Le confucianisme est accept&#233; depuis 2006&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh4-3' id='nb4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;La Sidi (Solidarit&#233; internationale pour le d&#233;veloppement et l'investissement) est une soci&#233;t&#233; d'investissement solidaire d&#233;tenue majoritairement par le CCFD (Comit&#233; catholique contre la faim et pour le d&#233;veloppement).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une terre pour nourrir tous les hommes </title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique46">Revue</category>


		<description>par Louis Pilard(1). Sommaire : &#201;ditorial &quot;Une terre pour nourrir tous les hommes&quot; &quot;Quelle agriculture et quels agriculteurs face au d&#233;fi alimentaire et &#233;cologique ?&quot; &quot;BRES - Bretagne Esp&#233;rance et Solidarit&#233;&quot; &quot;Pour aller plus loin&#8230;&quot; &#201;ditorial par Louis Pilard Produire plus et autrement ! Une terre pour nourrir tous les hommes. Le titre est beau, mais parait utopique &#224; l'heure o&#249; l'on continue de souffrir de la faim. O&#249; des maladies associ&#233;es &#224; la malnutrition tuent quelques millions (...)

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&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;Revue&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Louis Pilard&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='ing&#233;nieur en agriculture, ancien directeur de caisses r&#233;gionales du Cr&#233;dit (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ed' class='spip_ancre'&gt;&#201;ditorial&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#ar' class='spip_ancre'&gt;&quot;Une terre pour nourrir tous les hommes&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#lp' class='spip_ancre'&gt;&quot;Quelle agriculture et quels agriculteurs face au d&#233;fi alimentaire et &#233;cologique ?&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#e1' class='spip_ancre'&gt;&quot;BRES - Bretagne Esp&#233;rance et Solidarit&#233;&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#e2' class='spip_ancre'&gt;&quot;Pour aller plus loin&#8230;&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;ed&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&#201;ditorial&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;par Louis Pilard&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Produire plus et autrement !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une terre pour nourrir tous les hommes. Le titre est beau, mais parait utopique &#224; l'heure o&#249; l'on continue de souffrir de la faim. O&#249; des maladies associ&#233;es &#224; la malnutrition tuent quelques millions d'enfants chaque ann&#233;e. L'urgence est &#233;vidente : augmenter la production agricole. La phrase est simple, mais comme le fil de la pelote, si on tire dessus, &#171; tout vient &#187; : l'eau facteur limitant, car les r&#233;serves sont surexploit&#233;es, le changement climatique dont les effets n&#233;gatifs vont se faire sentir l&#224; o&#249; l'agriculture est d&#233;j&#224; peu productive, les pollutions dont les effets sont plus graves dans les pays les plus pauvres, la surexploitation des r&#233;serves halieutiques, de l'eau fossile, etc. Il ne faut plus opposer agriculture et environnement. Production agricole et protection de l'environnement doivent &#234;tre int&#233;gr&#233;es afin que les &#233;cosyst&#232;mes continuent &#224; fournir gratuitement divers services indispensables &#224; la petite agriculture. Il ne faut pas seulement produire plus de denr&#233;es alimentaires, il faut aussi les produire autrement, si l'on veut int&#233;grer les &#233;cosyst&#232;mes dans notre vision du futur, si l'on veut offrir un avenir aux petits paysans qui ne disposent pas de technologie ni de moyens financiers pour se mettre &#224; l'abri des fluctuations des cours&#8230; Produire autrement en privil&#233;giant les exploitations petites et moyennes de type familial, celles qui font vivre 70% des paysans de la plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;ar&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Une terre pour nourrir tous les hommes&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;par Louis Pilard&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;
&lt;i&gt;L'agriculture a pour but de nourrir l'humanit&#233;. Or, &#224; ce jour, environ un milliard de personnes continuent de souffrir de malnutrition. La solution r&#233;side-t-elle dans l'exploitation de nouvelles terres cultivables ? Dans de nouvelles techniques qui rendraient cette agriculture plus productive ? Dans la modification des habitudes de consommation (des plus riches) ? Y a-t-il une autre solution ?
&lt;p&gt;Louis Pilard expose ici deux sc&#233;narios d'une &#233;volution possible de l'agriculture mondiale si la production doit couvrir les besoins alimentaires. O&#249; l'on apprendra qu'en plus des deux facteurs &#233;vidents que sont la production de denr&#233;es et les besoins alimentaires, l'&#233;quation paysanne mondiale comporte encore d'autres facteurs. &#201;quation compliqu&#233;e mais pas impossible &#224; r&#233;soudre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; 10 000 ans, l'&#234;tre humain a compris qu'il ne pouvait se contenter de ce que la nature lui offrait, mais qu'il devait agir sur elle pour obtenir ce dont il avait besoin : l'agriculture est n&#233;e dans diff&#233;rentes parties du monde. Les populations se fixaient dans les lieux les plus propices &#224; l'agriculture et &#224; l'&#233;levage, se s&#233;dentarisaient peu &#224; peu. Le lien &#224; la terre se modifiait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une qu&#234;te incessante de l'humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On comprend que la qu&#234;te de nourriture a, pour une large part, contribu&#233; &#224; fa&#231;onner notre monde. Cette qu&#234;te n'est pas achev&#233;e ! En ce d&#233;but de 21&#232;me si&#232;cle, la croissance d&#233;mographique, la sous-nutrition rendent indispensable d'accro&#238;tre les ressources alimentaires et de les r&#233;partir avec plus de justice pour que tous disposent d'une alimentation suffisante en quantit&#233; et en qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un choix fond&#233; sur l'id&#233;e que tout &#234;tre humain doit disposer de la nourriture n&#233;cessaire pour &#234;tre en bonne sant&#233;, se d&#233;velopper selon ses aspirations et participer &#224; la vie de sa communaut&#233;, pour se r&#233;aliser dans toutes ses dimensions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Simultan&#233;ment, nous prenons conscience que les ressources de la plan&#232;te ne sont pas illimit&#233;es, la pression d&#233;mographique reste forte ; les surfaces agricoles sont limit&#233;es. Les rendements agricoles progressent lentement. Surtout, l'intensification excessive des productions agricoles est grande consommatrice d'&#233;nergie, source de pollutions lourdes et contribue, de ce fait, &#224; une d&#233;gradation rapide de l'environnement, de la qualit&#233; de l'eau, ainsi qu'aux changements climatiques (bien qu'elle n'en soit pas la seule cause).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compte tenu de ce que l'on sait aujourd'hui, les projections font appara&#238;tre qu'en 2050 notre terre portera environ 9 milliards d'humains, au lieu de 7, fin 2011. La faim touche encore plus d'un milliard de personnes. Les surfaces agricoles ne sont pas extensibles dans de grandes proportions et l'intensification de la production a atteint des limites insupportables dans de nombreuses r&#233;gions. Les ressources &#233;nerg&#233;tiques fossiles s'&#233;puisent, comme l'eau et les min&#233;raux. C'est dans ces perspectives que nous aurons &#224; assurer l'&#233;quilibre entre les ressources et les besoins alimentaires. Certes, il ne s'agit pas de revenir &#224; une agriculture nostalgique, il s'agit de tirer plus de ressources de surfaces limit&#233;es sans d&#233;grader l'environnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nourrir tous les hommes est possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1800, la terre portait un milliard d'humains. Malthus affirmait qu'elle ne pourrait les nourrir tous. Les progr&#232;s techniques et scientifiques ont permis de d&#233;mentir en grande partie ce pronostic. Aujourd'hui, les &#233;conomistes, les agronomes consid&#232;rent que l'on peut permettre &#224; tous les humains de manger assez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des &#233;tudes prospectives conduites par diff&#233;rents organismes&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Tels que Millenium Ecosystem Assessment, INRA, CIRAD, Michel Griffon, (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; confirment ce point de vue et montrent que des voies diff&#233;rentes sont possibles, d&#233;coulant de choix techniques diff&#233;rents, mais aussi de choix politiques et donc d'une vision de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. &#201;labor&#233; par le CIRAD&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Centre de coop&#233;ration internationale en recherche agronomique, (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; et l'INRA&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Institut national de recherche agronomique, France' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; &#224; partir notamment des travaux du Millennium Ecosystem Assessment ou MEA (Evaluation des &#233;cosyst&#232;mes pour le mill&#233;naire), et de Michel Griffon&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Griffon, ancien directeur scientifique du CIRAD, aujourd'hui (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;, le dossier Agrimonde&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Les recherches, afin d'&#233;valuer diff&#233;rentes voies qui conduiraient, en 2050, &#224; (...)' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; pr&#233;sente deux sc&#233;narios (Agrimonde GO et Agrimonde 1) qui sont d&#233;velopp&#233;s jusqu'en 2050 pour chacune des six grandes r&#233;gions du monde : Afrique subsaharienne, Am&#233;rique latine, Asie, Maghreb, Moyen-Orient, pays de l'OCDE, Russie et pays ex-sovi&#233;tiques. Les capacit&#233;s de chacune de ces r&#233;gions &#224; r&#233;pondre aux besoins de ses populations sont &#233;valu&#233;es pour chaque sc&#233;nario.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces sc&#233;narios sont construits &#224; partir des donn&#233;es observ&#233;es depuis 1961 dans pr&#232;s de 150 pays par des organismes internationaux dont l'ONU, la FAO, le MEA, en mati&#232;re d'&#233;volution des surfaces agricoles, des rendements et des populations. Sans pr&#233;tendre atteindre &#224; une v&#233;rit&#233; absolue, ils pr&#233;sentent l'avantage de mettre en &#233;vidence les liens entre production agricole, environnement, territoires, alimentation et sant&#233;. Ils invitent &#224; une recherche pour chaque pays et chaque r&#233;gion. Retenons-en les traits essentiels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sc&#233;nario tendanciel lib&#233;ral : Agrimonde GO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sc&#233;nario se fonde sur un choix clair : poursuivre la tendance actuelle de la production agricole. Dans ce contexte, la croissance du Produit int&#233;rieur brut est n&#233;cessaire pour assurer emploi et alimentation &#224; une population de 9 milliards d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont ais&#233;es &#224; identifier : Le d&#233;veloppement et les &#233;changes internationaux se renforcent mutuellement. Les progr&#232;s techniques sont tr&#232;s rapides ; La demande d'&#233;nergie fossile augmente fortement. Les pr&#233;occupations environnementales et comportementales ne sont pas prioritaires. Les modes de consommation alimentaires s'inscrivent dans la tendance actuelle, faisant une part croissante aux produits animaux carn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En un mot, les syst&#232;mes agricoles et alimentaires s'industrialisent et se concentrent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sc&#233;nario r&#233;gul&#233; : Agrimonde 1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La satisfaction des besoins alimen-taires mondiaux repose sur : la capacit&#233; &#224; d&#233;velopper dans toutes les r&#233;gions du monde des syst&#232;mes de production diversifi&#233;s reposant sur les principes de l'intensification &#233;cologique adapt&#233;s aux conditions &#233;cologiques, &#233;conomiques et sociales de chaque pays ; la capacit&#233; &#224; faire &#233;voluer les consommations alimentaires gr&#226;ce &#224; une plus grande solvabilit&#233; des populations pauvres fond&#233;e sur un d&#233;veloppement &#233;conomique local, gr&#226;ce &#224; une r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s et gr&#226;ce &#224; un changement des comporte-ments nutritionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sc&#233;nario Agrimonde 1 s'inspire de la &#171; R&#233;volution doublement verte &#187;, th&#232;se propos&#233;e par M. Griffon. Cette r&#233;volution vise &#224; augmenter les rendements de mani&#232;re naturelle en utilisant au maximum les fonctionnalit&#233;s &#233;cologiques et biologiques des &#233;co-syst&#232;mes. Elle repose sur cinq volets : Les approches &#233;cologiques de la fertilit&#233; fond&#233;es sur l'intensification du cycle de la mati&#232;re organique en augmentant la part de biomasse d&#233;gradable dans le sol et la recherche g&#233;n&#233;tique apte &#224; am&#233;liorer la capacit&#233; de plantes alimentaires &#224; fixer l'azote atmosph&#233;rique. La gestion de l'eau en la conservant dans le sol et en r&#233;serves. La gestion int&#233;gr&#233;e des grands cycles biog&#233;ochimiques comme le cycle du carbone ou celui de l'azote, en d&#233;veloppant les moyens de s&#233;questrer le carbone dans le sol. La lutte int&#233;gr&#233;e contre les maladies et les rongeurs en jouant sur les inter-relations entre h&#244;tes et pathog&#232;nes. L'utilisation de la biodiversit&#233; n&#233;cessaire &#224; la durabilit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces orientations n&#233;cessitent de tr&#232;s importants investissements en recherche et un d&#233;veloppement massif d'une v&#233;ritable ing&#233;nierie &#233;cologique. Et la conjonction de plusieurs crises (telles que le changement climatique, les &#233;meutes de la faim de 2008, la crise &#233;nerg&#233;tique qui s'est traduite par une hausse brutale des cours du p&#233;trole et autres mati&#232;res premi&#232;res, la sp&#233;culation sur les prix agricoles, la crise financi&#232;re de 2011), place la question alimentaire et agricole aux premiers rangs des priorit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sc&#233;nario Agrimonde 1, fond&#233; sur l'option d'intensification &#233;cologique, est plus qu'un choix technique. Il repose aussi sur des options sociales et spatiales, distinguant un mod&#232;le &#171; s&#233;gr&#233;gationniste &#187; dont l'objectif est d'intensifier les syst&#232;mes de production tout en prot&#233;geant les espaces naturels, et le mod&#232;le &#171; int&#233;grationniste &#187; qui combine les fonctions &#233;cologiques et productives sur un m&#234;me territoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Agrimonde 1 se d&#233;marque pourtant de la &#171; R&#233;volution doublement verte &#187; en envisageant d'autres hypoth&#232;ses de rupture, particuli&#232;rement les ruptures dans les comportements alimentaires ; mais celles-ci sont-elles r&#233;alistes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A certains &#233;gards, il s'agit d'une r&#233;volution au quotidien, dans les modes alimentaires mais aussi dans la mani&#232;re d'organiser les repas. Elle repose sur une puissante prise de conscience des consommateurs, nourrie par une &#233;ducation et une information soutenue. Il est n&#233;cessaire d'expliquer et de convaincre, pour &#233;viter que les circonstances n'imposent le changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des sc&#233;narios dans un monde incertain&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir les cahiers de BRES. Le n&#176;1 (avril 2010) Le d&#233;fi alimentaire mondial.Le (...)' id='nh5-7'&gt;7&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux sc&#233;narios d'Agrimonde nous disent que l'&#233;quilibre entre besoins alimentaires et production agricole peut &#234;tre atteint en 2050 par deux chemins diff&#233;rents (parmi d'autres). Ils ne disent pas qu'il le sera. Dans les deux cas, l'&#233;quilibre ne peut &#234;tre atteint que dans la dur&#233;e. Agrimonde GO se situe dans la tendance actuelle fond&#233;e sur une intensification de la production accrue gr&#226;ce aux progr&#232;s technologiques et sur le jeu des libres march&#233;s mondiaux bas&#233; sur un fort d&#233;veloppement du commerce inter-national. Agrimonde 1 se fonde sur la prise en compte des &#233;cosyst&#232;mes et la limitation de la consommation de prot&#233;ines animales. Les deux sc&#233;narios d&#233;pendent &#233;galement de d&#233;cisions et d'&#233;v&#232;nements externes aux syst&#232;mes agroalimentaires dont l'incertitude est &#224; prendre en compte par les politiques agricoles et alimentaires de tout pays qui veut pr&#233;server un minimum de souverainet&#233; alimentaire et d'autonomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, il est vrai que les progr&#232;s de la science et de l'agronomie ont montr&#233; depuis deux si&#232;cles que Malthus s'&#233;tait tromp&#233;. Les progr&#232;s actuels autorisent &#224; croire que l'on peut encore am&#233;liorer la production et la qualit&#233; alimentaire, mais l'exp&#233;rience montre que la science ne ma&#238;trise pas tout et justifie une prudence n&#233;cessaire. Surtout, le savoir n'est pas &#233;galement partag&#233; entre tous les pays ; il est de moins en moins ma&#238;tris&#233; par les gouvernements ; en effet, les firmes ou les pays qui le d&#233;tiennent l'accaparent pour en faire une source de profits ou une arme politique par le biais de licences ou de brevets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les choix politiques &#224; venir seront d&#233;terminants pour le maintien d'un libre-&#233;change organis&#233; par les instances internationales telles que l'OMC&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Organisation mondiale du commerce' id='nh5-8'&gt;8&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;. Les multinationales ont acquis un poids pr&#233;pond&#233;rant dans l'organisation de la production alimentaire au d&#233;triment des organisations professionnelles agricoles et la reprise en main par les gouvernements d'un n&#233;cessaire r&#233;gulation des march&#233;s. L'enjeu est &#233;norme : la question alimentaire devient objet de discussion dans les plus hautes instances mondiales : ONU, G20, OMC ; la reconnaissance d'un droit universel &#224; l'alimentation est objet de d&#233;bat. Dans les deux sc&#233;narios d'Agrimonde, le march&#233; reste le moteur de l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque &#201;tat m&#232;ne sa politique propre. Or, chaque gouvernement est li&#233; &#224; une priorit&#233; permanente, quelle que soit son id&#233;ologie : nourrir sa population au prix le plus bas, quelle que soit l'origine des produits alimentaires. Le principe de l'avantage comp&#233;titif, qui inspire le commerce mondial, r&#233;pond &#224; cet objectif en sp&#233;cialisant les pays au d&#233;triment de leurs cultures vivri&#232;res traditionnelles et en standardisant les habitudes alimentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise financi&#232;re met en &#233;vidence la globalisation des activit&#233;s humaines : les d&#233;tenteurs de capitaux &#171; arbitrent &#187; leurs investissements selon le profit attendu. Les prix des produits agricoles, consid&#233;r&#233;s comme des mati&#232;res premi&#232;res deviennent objet de sp&#233;culation et sont tr&#232;s volatiles. Le temps financier est sans lien avec le temps agricole. La r&#233;gulation des march&#233;s agricoles est en grande partie li&#233;e &#224; la r&#233;gulation des march&#233;s financiers qui peine &#224; se mettre en place.
Enfin, les choix alimentaires sont ceux du consommateur en fonction de ses revenus, de son niveau de vie, de ses traditions, de sa culture. C'est dire que la diversit&#233; des choix est une caract&#233;ristique de la demande alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orientations pour l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces incertitudes justifient, selon nous, quatre orientations essentielles pour l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Les choix agricoles et alimentaires deviennent l'affaire de toute la soci&#233;t&#233;. La prise de conscience du r&#244;le fondamental de l'agriculture dans l'&#233;volution de la plan&#232;te, la gestion de l'espace, la vie des territoires renforce la n&#233;cessit&#233; d'associer tous les acteurs &#224; la d&#233;finition des politiques agricoles et alimentaires. Ainsi, ces choix sont-ils appel&#233;s &#224; devenir des ferments de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Valoriser toutes les terres aptes &#224; produire : la n&#233;cessit&#233; d'accro&#238;tre la production conjugu&#233;e avec la rar&#233;faction de l'&#233;nergie et l'augmentation de ses prix, justifie d'exploiter, en respectant les &#233;cosyst&#232;mes, toutes les terres aptes &#224; produire, en modernisant les techniques agronomiques. Notre plan&#232;te comprend encore plus d'un milliard et demi d'exploitations agricoles aux mains de paysans, souvent pauvres, mais poss&#233;dant le go&#251;t de l'agriculture, un savoir faire et une exp&#233;rience. Mais ils manquent de formation et de moyens financiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Favoriser l'&#233;mergence de solidarit&#233;s entre les agricultures. Les agricultures des pays d&#233;velopp&#233;s utilisent des ressources (&#233;nergies, mati&#232;res premi&#232;res, aliments du b&#233;tail) fournies par des pays en d&#233;veloppement qui sacrifient leur production agricole. Par exemple, l'&#233;levage breton dit hors-sol consomme des surfaces agricoles de pays du Sud pour nourrir son b&#233;tail. L'&#233;levage intensif des pays du Nord pousse ainsi &#224; l'intensification des terres du Sud, au d&#233;triment des agricultures locales. Une meilleure coop&#233;ration devrait favoriser un meilleur &#233;quilibre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'exploitation familiale, &#224; taille humaine, doit rester la base de l'agriculture. Soutenue par des organisations coop&#233;ratives efficaces, elles peuvent assurer un revenu d&#233;cent pour les agriculteurs et une utilisation raisonnable des sols tout en animant la vie des territoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une terre pour tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La globalisation, consid&#233;r&#233;e comme un fait, ne peut nous emp&#234;cher de garder les pieds sur terre. Autant il est n&#233;cessaire de prendre conscience (&#224; l'aide des sc&#233;narios Agrimonde) et de comprendre que les choix de l'agriculteur comme ceux du consommateur sont d&#233;pendants d'&#233;v&#232;nements et de d&#233;cisions lointaines, autant il est vital d'admettre que leur champ d'action se trouve l&#224; o&#249; ils vivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce choix pour une &#171; d&#233;mocratie de l'alimentaire &#187; se fonde, finalement, sur des &#171; principes et des perspectives d'une &#233;conomie humaine &#187;. Louis- Joseph Lebret et Jean-Marie Gatheron &#233;non&#231;aient d&#232;s 1943&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;sup&gt;(&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nb5-9' class='spip_note' rel='footnote' title='LEBRET, Louis-Joseph, GATHERON, J-M., Principes et perspectives d'une (...)' id='nh5-9'&gt;9&lt;/a&gt;)&lt;/sup&gt;&lt;!-- htmlB --&gt; des crit&#232;res toujours actuels. Ils soulignaient que la monoculture, accompagn&#233;e de l'exode rural, &#233;tait source d'appauvrissement pour un peuple et affirmaient que les besoins primaires, dont la nourriture, devaient &#234;tre satisfaits sur un espace restreint, &#171; &#224; port&#233;e d'homme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des signaux annoncent que de nombreux acteurs prennent conscience de la n&#233;cessit&#233; de changer. Des chercheurs, des agriculteurs, des consommateurs exp&#233;rimentent des voies nouvelles. Des r&#233;seaux se mettent en place pour partager les enseignements de ces exp&#233;riences. Le R&#233;seau international D&#233;veloppement et Civilisations, dont fait partie BRES, est l'un de ces r&#233;seaux qui permet le partage d'informations, d'exp&#233;riences. Des collectivit&#233;s locales mettent en place de nouvelles organisations alimentaires dans leurs restaurants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chemin est encore long pour atteindre le seuil critique. Il est n&#233;cessaire de faire prendre en compte ce que l'on sait aujourd'hui pour que les pays en d&#233;veloppement exp&#233;ri-mentent des voies diff&#233;rentes pour moderniser leurs agricultures et que les agricultures d&#233;velopp&#233;es partagent autant leur savoir que leurs produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Louis Pilard&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;lp&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Libre propos&lt;/h3&gt; &lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelle agriculture et quels agriculteurs face au d&#233;fi alimentaire et &#233;cologique ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question du fondement de la survie de l'homme n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante, au niveau politique et social, que ces derni&#232;res ann&#233;es. L'&#233;mergence, en 2007-2008, de la crise alimentaire, qui s'aggrave aujourd'hui, a attir&#233; l'attention sur ce droit premier en m&#234;me temps qu'elle ouvrait la voie &#224; la multiplication des crises financi&#232;res, &#233;conomiques et politiques engendr&#233;es par un mod&#232;le de d&#233;veloppement incompatible avec les exigences sociales et les contraintes &#233;cologiques et climatiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on se pr&#233;occupe du probl&#232;me alimentaire, on continue &#224; n&#233;gliger l'agriculture et les agriculteurs ; or c'est d'eux que d&#233;pend l'alimentation. Il est aujourd'hui n&#233;cessaire d'investir dans le secteur primaire en garantissant une pr&#233;sence massive, vitale et digne des producteurs qui travaillent dans les divers territoires ruraux. Les agriculteurs, les &#233;leveurs, les p&#234;cheurs, dont les connaissances et les pratiques permettent d'att&#233;nuer les changements climatiques et de s'adapter &#224; sa variabilit&#233; croissante, ont la capacit&#233; d'alimenter le march&#233; local, &#224; condition d'&#234;tre mis &#224; l'abri de la concurrence des aliments produits anonymement et sources de malnutrition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont ces producteurs qui peuvent garantir que l'intensification des pratiques agricoles, dont tout le monde met l'urgence en avant, r&#233;pondra aux d&#233;fis alimentaires du futur. Ils peuvent le faire en se servant de leurs savoirs et de leurs multiples modalit&#233;s agro&#233;cologiques qui ne cessent de gagner en qualit&#233; et en reconnaissance partout dans le monde, en intensifiant les services &#233;cologiques g&#233;n&#233;r&#233;s, mais aussi garantis, par leurs pratiques. Et donc, sans l'avanc&#233;e du front de d&#233;frichement agricole au-del&#224; du soutenable ou l'augmentation des apports chimiques ou des technologies, inconciliables avec les &#233;quilibres environnementaux et productifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Luca Colombo
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Coordinateur de FIRAB (Fondation de recherche pour l'agriculture biodynamique et biologique, Italie)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.firab.it/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.firab.it&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contact : l.colombo@firad.it&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;e1&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;BRES - Bretagne Esp&#233;rance et Solidarit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;BRES - Bretagne Esp&#233;rance et Solidarit&#233; - est une association cr&#233;&#233;e en 1980 sous l'impulsion de Paul Hou&#233;e.
&lt;br /&gt;Son objectif est d'aider &#224; comprendre les &#233;volutons de la Bretagne dans son environnement europ&#233;en et mondial et de proposer des pistes pour un d&#233;veloppement humain, solidaire et durable en terre bretonne, selon la pens&#233;e de Louis-Joseph Lebret,
BRES organise des rencontres soulignant l'actualit&#233; de cette pens&#233;e face aux questions que soul&#232;vent le d&#233;veloppement humain, la mondialisation, l'avenir des territoires et la d&#233;mocratie de proximit&#233;, les changements de nos modes de vie, notamment dans le domaine agricole et alimentaire, tr&#232;s pr&#233;sent en Bretagne.En 2011, pr&#232;s de 100 personnes ont particip&#233; &#224; une journ&#233;e sur l'avenir de l'agriculture bretonne avec des t&#233;moignages d'agriculteurs et un d&#233;bat avec des responsables politiques et professionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BRES a publi&#233; 3 cahiers disponibles sur la question agricole et alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Antenne de &quot; D&#233;veloppement et Civilisations Lebret-IRFED &quot;, BRES se situe comme un espace de rencontre , de dialogue entre des acteurs attentifs aux germes de solidarit&#233; annonciateurs d'un &quot; d&#233;veloppement de tout l'homme et de tous les hommes &quot;. Il b&#233;n&#233;ficie de la mise en perspective d'acteurs engag&#233;s en divers mouvements locaux ou r&#233;gionaux, et de t&#233;moins du r&#233;seau Lebret aux quatre coins du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contact : bretagneesperancesolidarite@laposte.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;texteencadre-spip spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;e2&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class=&quot;spip&quot; style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le CFSI a publi&#233; une charte ouverte &#224; toute signature sur le th&#232;me d'une agriculture familiale durable au service d'une alimentation pour tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.cfsi.asso.fr/upload/Charte_25082010.pdf' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.cfsi.asso.fr/upload/Char&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Institut international de gestion de l'eau (IWMI) a publi&#233; une &#233;tude : Nourrir la plan&#232;te, le pari des &quot;agro-&#233;cosyst&#232;mes&quot;.
Il s'agit de concilier des objectifs sociaux et environnementaux pour am&#233;liorer les &#233;cosyst&#232;me et changer les r&#232;gles du jeu de la s&#233;curit&#233; alimentaire mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.iwmi.cgiar.org/Topics/Ecosystems' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.iwmi.cgiar.org/Topics/Ec&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;ing&#233;nieur en agriculture, ancien directeur de caisses r&#233;gionales du Cr&#233;dit agricole. Membre de BRES (Bretagne Esp&#233;rance et Solidarit&#233;) et administrateur des Semaines sociales de Bretagne. Contact : louispilard@wanadoo.fr.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-2' id='nb5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Tels que Millenium Ecosystem Assessment, INRA, CIRAD, Michel Griffon, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-3' id='nb5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Centre de coop&#233;ration internationale en recherche agronomique, France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-4' id='nb5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Institut national de recherche agronomique, France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-5' id='nb5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Michel Griffon, ancien directeur scientifique du CIRAD, aujourd'hui directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de l'agence nationale de la recherche scientifique du Fonds fran&#231;ais pour l'environnement mondial, membre de plusieurs comit&#233;s, il b&#233;n&#233;ficie de la double comp&#233;tence d'ing&#233;nieur agronome et d'&#233;conomiste (source :CNRS).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-6' id='nb5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Les recherches, afin d'&#233;valuer diff&#233;rentes voies qui conduiraient, en 2050, &#224; un &#233;quilibre entre les ressources et les besoins alimentaires au niveau mondial et pour chacune des six grandes r&#233;gions du monde, ont abouti &#224; un rapport : Agrimonde&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-7' id='nb5-7' class='spip_note' title='Notes 5-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Voir les cahiers de BRES. Le n&#176;1 (avril 2010) Le d&#233;fi alimentaire mondial.Le n&#176;2 (septembre 2010) Choix alimentaire et diversit&#233; des agricultures.Le n&#176;3 (novembre 2010) Le d&#233;fi alimentaire mondial : inventer des chemins nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-8' id='nb5-8' class='spip_note' title='Notes 5-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;Organisation mondiale du commerce&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.lebret-irfed.org/#nh5-9' id='nb5-9' class='spip_note' title='Notes 5-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] - &lt;!-- htmlB --&gt;LEBRET, Louis-Joseph, GATHERON, J-M., Principes et perspectives d'une &#233;conomie humaine, Ecully, Economie et Humanisme, S.D., 139p&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>26 janvier 2012 : Aucune Nation ne peut survivre hors Etat de Droit : AOK'IZAY !</title>
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<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique81">Madagascar</category>


		<description>Voici un communiqu&#233; du CCOC (Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes) Face aux actes de violation flagrante de la feuille de route perp&#233;tr&#233;s durant ce week-end et devant les risques de d&#233;bordement et d'aggravation de l'ins&#233;curit&#233; et des actes de violence qu'ils pourraient entra&#238;ner, le CCOC se doit d'interpeller tous les acteurs &#8211; particuli&#232;rement politiques &#8211; qui ont un r&#244;le &#224; jouer pour que nous ne sombrions pas dans le chaos. Nous constatons aujourd'hui que le pays s'enfonce (...)

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&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;Madagascar&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici un communiqu&#233; du CCOC (Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face aux actes de violation flagrante de la feuille de route perp&#233;tr&#233;s durant ce week-end et devant les risques de d&#233;bordement et d'aggravation de l'ins&#233;curit&#233; et des actes de violence qu'ils pourraient entra&#238;ner, le CCOC se doit d'interpeller tous les acteurs &#8211; particuli&#232;rement politiques &#8211; qui ont un r&#244;le &#224; jouer pour que nous ne sombrions pas dans le chaos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous constatons aujourd'hui que le pays s'enfonce v&#233;ritablement dans un Etat de Non - Droit, ce qui se traduit par des d&#233;rives et abus constat&#233;s, dont, entre autres :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; D&#233;valorisation et d&#233;perdition du respect des Institutions de la R&#233;publique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Perte de valeurs morales et rep&#232;res institutionnels ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Perte du respect de la Loi par les Institutions suppos&#233;es la faire respecter (cas du Commissariat de Mahamasina - cas du magistrat de Tul&#233;ar) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Augmentation des crimes et d&#233;lits ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Aggravation des trafics en tous genres (bois de rose, pierres pr&#233;cieuses, organes humains&#8230;) sans capacit&#233; des autorit&#233;s comp&#233;tentes &#224; les juguler ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Prise de d&#233;cisions incoh&#233;rentes et irresponsables des dirigeants.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;La situation actuelle d' anarchie &#224; tous les niveaux montre qu'il est plus qu'urgent de revenir dans un Etat de Droit o&#249; les d&#233;cisions seront prises dans le respect de la Loi et accept&#233;es et appliqu&#233;es comme il se doit par tous les citoyens.
&lt;br /&gt;Un processus pour le retour &#224; l'ordre constitutionnel a &#233;t&#233; clairement &#233;tabli et accept&#233; par les acteurs politiques dans la Feuille de Route. Ces derniers se sont &#233;galement engag&#233;s &#171; &#224; instaurer un climat de paix sociale et de s&#233;curit&#233; pour tous les Malgaches &#187; et un premier ministre de consensus a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; pour assurer le respect strict de la Feuille de Route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pr&#233;sent et l'avenir du peuple malgache et du pays sont subordonn&#233;s &#224; la bonne volont&#233; et &#224; la sinc&#233;rit&#233; de tout un chacun. L'instauration d'un climat d'apaisement et de s&#233;r&#233;nit&#233; est une n&#233;cessit&#233; pour notre quotidien et un pr&#233;alable incontournable pour entrer dans tout processus &#233;lectoral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous demandons donc instamment &#224; tous les acteurs concern&#233;s d'&#339;uvrer dans ce sens et de manifester, pour une fois, un r&#233;el sens de l'Etat et de l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la population, de prendre leurs responsabilit&#233;s : &lt;strong&gt;AOK'IZAY&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Antananarivo, le 24 Janvier 2012
&lt;br /&gt;Le CCOC &#8211; noyau dur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lily RAZAFIMBELO
&lt;br /&gt;Faraniaina PIERRE BERNARD
&lt;br /&gt;Jean Pierre RAKOTOFIRINGA
&lt;br /&gt;Hony RADERT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>The Major Challenges of Today: What Answers to Give in the Lebret Dynamic?</title>
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		<dc:creator>Contact</dc:creator>

<category domain="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique75">Global Crisis and Climate Change</category>


		<description>Yves Berthelot identifies the major challenges currently arising in a globalized world and to which we must contribute to bring answers: new balances of power, hunger, the environment, respect of human rights. He proposes constructed, coherent and concrete alternatives. The End of Western Domination 2010 is a transitional year where the end of Western domination is clearly discernible. The swing takes place at the economic level (getting out of the crises of Latin America, Africa and (...)

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&lt;a href="http://www.lebret-irfed.org/spip.php?rubrique75" rel="directory"&gt;Global Crisis and Climate Change&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yves Berthelot identifies the major challenges currently arising in a globalized world and to which we must contribute to bring answers: new balances of power, hunger, the environment, respect of human rights. He proposes constructed, coherent and concrete alternatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;The End of Western Domination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2010 is a transitional year where the end of Western domination is clearly discernible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The swing takes place at the economic level (getting out of the crises of Latin America, Africa and especially Asia is more successful than that of Europe or the United States), but also at the political level. The failure of Copenhagen as a symbolic point of view, it was not possible to arrive at a consensus on what the OECD countries deemed essential in exchange for promises of aid to developing countries. Ever more important, Brazil and Turkey signed, in early 2010, an agreement on the exchange process of nuclear fuel with Iran, against the will of the United States and the European Union. Fear of America is reducing; China asserts itself economically and politically as a dominant player.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The first consequence of this swing is a hegemonic world dominated by the United States following a multipolar world in which one must rethink governance. The establishment of a world government is neither a realistic utopia, as national governments are all hostile, nor a desirable objective as peoples fear a too distant bureaucracy. The alternative is to strengthen and make more coherent all existing international institutions, public institutions like the UN family (which comprises the World Bank and the IMF), WTO or the Bank for International Settlements and private institutions like the International Organization for Standardization (ISO). These general, sectoral, or regional authorities define principals, norms and agreements that are recognized throughout the world. One talks to them about soft law, because, if there is an International Court of Justice and Special Tribunals, arbitration proceedings and procedures following taken commitments, these institutions do not have the means to compel governments to apply the same even if they ratified them.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The second consequence is that one must learn to negotiate. Up to the end of the previous century, the positions of industrialized countries were defined in the OECD and in the group of 77 for countries of the Third World. Even if these latter succeeded in imposing their views because of their number, they depended on the implementation of decisions taken with good will by industrialized countries. Henceforth, the group of 77 is no longer homogeneous in face of the West and the economic and political interests of its members are diverging. On their side, Westerners are no longer willing to impose their ideas in exchange for promises of aid often not kept. One and all will learn to design together solutions to world problems.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A third consequence will be perhaps an assertion of regional specificities and of the principle of subsidiary. In the case of the UN, the standards that it adopts and many of the policies that it recommends are global, and yet many issues are of a regional character and should be resolved at this level. The UN Regional Commissions should have more political weight in the manner of the United Nations Economic Commission for Latin America and the Caribbean (UNECLAC) and technical weight in the manner of the United Nations Economic Commission for Europe (UNECE).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Civil society&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Organizations of civil society have also to face real challenges of governance and behaviour. Western organizations, previously holders of the money and knowledge, struggle to imagine another role within international solidarity. Civil society is growing and must be able to assume responsibilities. It is an area of promising dialogue and cooperation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;The economic system&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The social market economy, in force in Western Europe in the years from 1950-1970, allowed growth and reduced inequalities and social progress. The neoliberal economy, which now prevails throughout the world, is more concerned with the return on capital than the income distribution; it certainly assured periods of strong growth but it also led to a series of crises due to deregulations, withdrawal of the State and speculation. These crises increased inequalities and destroyed considerable riches. Naomi Klein, in The Shock Doctrine, combines violence against peoples in dictatorships of all sorts with the implementation of ultraliberalism.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The last crisis shook the financial system that had wanted to free itself from many prudential rules and that had invented new risk tools in case of insufficient funds. The publics or private supervisory bodies (credit rating agencies), either because they did not control the new tools or that their short-term interests pushed them there, have not played their role. Nations came under the aid of bankruptcy banks and insurances to restore credit, if necessary to the functioning of all economies (it comes to buying time that separates the sale from the payment or the investment from the production that it permits). These same governments announced new rules and new controls that would bear more on the level of reserves in relation to taken risks than on the limitation of risky financial tools, the banks having been restored to health fighting vigorously against all limits for their initiatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;More generally, the current economic system is confronted by three questions and answers that will affect society as an entire whole:&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Economic liberalism and political liberties seem to weaken former industrialized countries while pursuit of profit and interventions of the State without political liberties seems to succeed in so-called emerging countries, particularly in China. What will be the future mode of economic regulation?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; The driving force of the economy stays in demand: it is necessary to always create more than is needed. And yet the effects on the environment are negative (pressure on raw materials, pollution, access to water, competition in the use of space, etc.). Is one going towards another respectful growth of the environment or towards a decline of which it is necessary to recognize that it attracts hardly any support?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; In the West, the standard of living is much higher than in the beginning of the 20th century. However, the feeling of dissatisfaction is still as large, for each compares what he has with that of others. What consequence to pull from this to change the modes of consumption?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Role of civil society&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;It seems difficult to change the model as long as it is not proven that one can live happily differently. It is a role that NGOs can play: introduce alternative experiences. There are in fact, here and there, alternative models. It is advisable to attentively study those who survive and overcome the risk of appropriation of power by the &#8220;small heads.&#8221; AREDS offers us a model: to respond to the needs expressed by the community; to establish mechanisms for collective decision-making.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Hunger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In 50 years, the world population rose from 3 to 6.7 billion people. It had been possible to feed the growth of the population, which in itself is remarkable, but there are still a billion men, women and children who are suffering from chronic hunger and a billion malnourished. Furthermore, 75% of those who are suffering from hunger are from rural areas. Why?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The liberalization of trade of agricultural products, under the pressure of the WTO, the World Bank and exporter countries from the North and South, place local production in competition with cheap imported products. The prices of the world market are low because of they correspond to the costs of production of countries most favoured by the climate and soils, (for example New Zealand for milk), prices that Europe and the United States can take thanks to the exportation or production subsidies. To keep the example of milk, the breeders of Mali or of Mongolia, two major breeding countries, can not compete against exported European powdered milk and that reconstituted the markets of Bamako or Ulan Bator.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The residents of the cities benefited from this situation. However, the hunger riots, in 2008, erupted in the urban zones. This brought to light the growing dependence of the urban population's food industry on imported products. A hazardous climate, wrong choice in large exploitations, speculation of intermediaries, and price of basic foods are taking off in the world market. With growing urbanization, fluctuations of prices of the world market risk being amplified and becoming more frequent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The second issue is that of access to land while the competition grows for both the use of land between cities, infrastructures, mines and industries and for the propriety (or user rights) of land among smallholders, agro-industrial businesses, countries or sovereign wealth funds that buy land to produce and export.
It is possible and desirable to feed the world, to assure the conservation of the social fabric and to preserve the environment, to support a local familial agriculture. It is necessary that agricultural research, today massively turned towards industrial agriculture, is concerned with developing techniques and the plant varieties allowing high yields without the provision of chemical inputs and with a minimum of water. It is necessary to also strengthen the rural and urban producer-consumer connections. Examples exist that introduce the analysis of recognizing that the share of food in families' budgets is without doubt going to increase.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Civil society&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NGOs to enquire and impress upon the issues and initiatives, to plead for food sovereignty and to strengthen farming associations where they are weak so that they can have talks with political authorities.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;The Environment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In recent years, the debate on the environment is centered on global warming because of the commitment of the Copenhagen Conference at the end of 2009 while issues of the energy waste, rarity of certain minerals and various forms of pollution worsen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrarily to that what some feared, the fight for the environment is not an obstacle to economic activity, but a potential motor: the recycling industry or investments for saving energy in transport and heating are going to expand under the influence of regulations and necessity.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Civil society&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The role of civil society is here fundamental to:&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; explain the issues and put pressure on governments&lt;/li&gt;&lt;li&gt; explore models of consumption not founded on greed but on a chosen austerity. This change of behaviour can not be achieved without the conversion of individuals who must give priority to &#8220;being more&#8221; rather than &#8220;having more.&#8221;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Human Rights&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Since the end of the Second World War, there is a admirable body of law relating to human rights: the Universal Declaration of Human Rights of 1948, without doubt the most beautiful text of the UN, agrees on economic, social and cultural rights, and that of civil and political rights, of many conventions relating to women, children, prisoners, refugees, minorities, absolute prohibition of torture and inhumane treatment or degradation, etc. This set is fastened to the rights of peoples; except in the case of minorities, it is not fastened to societies or communities.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The construction of human rights is weakened by a relativism: human rights? Yes, but cultures must be respected; yes, but development first; yes, but terrorism must be defeated. The fact that countries the most advanced in promoting human rights have deliberately resorted to torture after September 11, 2001 to fight against terrorism, considerably harmful to the respect of rights. In the name of development, economic, social and cultural rights of the most poor are overridden: expulsion of farmers from their land, of residents from their homes without compensation. Those who protest are arrested, tortured, even murdered: one witnesses a criminalization of social protest, notably when it is a threat of the interests of large companies, and witness a deterioration of the condition of the defenders of human rights.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The deterioration of the means of protection of human rights can also be seen in international bodies: NGOs see their talk time reduced by the UN; special reporters must now be invited by their own countries to investigate situations of violation ofrights &#8230; This evolution results from the pressure of authoritarian governments that contest the legitimacy of human rights under the pretext that they had been largely promoted by Western countries and that takes the argument of consecutive diversions of September 11, 2001. The recent reform, transforming the Commission into the &#8220;Human Rights Council,&#8221; had to fight against this weakening of means of protecting human rights but it has, in fact, led to the reverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Civil society&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NGOs have several roles to play:
to inform people of their rights, supporting them in their appeal for justice to respect them both at a national level and in international levels;
to not separate rights of duties and responsibilities;
to contribute to the reflection on the collective dimension of rights, while ensuring to not weaken the modes that help individuals or groups to get out of fear, of domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The evoked problems are far from wearing out the challenges that confront governments, international institutions and actors of civil society. Today, these challenges are more and more interdependent; good answers to one will lead to progress in solving the others. As the Lebret International Network, we have neither the vocation nor the possibility to provide comprehensive answers. Our commitment to social change consists of making known the expertise of grassroots actors, to take their experiences and questions to each pose to decision-makers and to propose policies and susceptible behaviours to reach an integral and untied human development.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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